Voyager, apprécier, respecter

En réponse au surtourisme, l’Organisation mondiale du tourisme lance une campagne de sensibilisation planétaire pour inciter les gens à voyager de façon responsable.

Un graffiti enjoint les touristes de retourner chez eux à Oviedo, dans le nord de l’Espagne. (EPA/ALBERTO MORANTE)

Il y a 20 ans, on recommandait aux vacanciers d’éviter la Corse en juillet et en août : trop de monde, trop coûteux, trop de Corses hargneux pour cause d’invasion de touristes sur leur trop petite île de Beauté.

Si on pouvait déjà parler, à l’époque, de surtourisme, l’expression se vérifie encore plus en 2017, alors que le monde n’a jamais été aussi accessible, et que certaines destinations sont surfréquentées parce que surmédiatisées, entre autres raisons.

Désormais, des villes comme Venise, Palma de Majorque, Dubrovnik ou Barcelone — avant l’attentat de la semaine dernière — voient naître des mouvements citoyens intimant aux touristes de demeurer chez eux, en raison de l’exaspération des résidants face aux tsunamis annuels de visiteurs.

En quelques années, l’Islande est passée du statut de destination marginale à celui d’île survisitée, à cause de la prolifération de vols à très bas tarifs et du succès de la série Le trône de fer — une situation en train de se reproduire dans l’île écossaise de Skye.

Pour contrer ces retombées négatives de la première industrie planétaire, l’Organisation mondiale du tourisme (OMT) — une agence onusienne — vient de lancer la campagne Voyage.Apprécie.Respecte.

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Mise sur pied à l’occasion de l’Année internationale du tourisme durable pour l’environnement, celle-ci propose notamment le téléchargement d’un guide de « Conseils pour être un voyageur responsable » [pdf] afin d’acquérir de bons réflexes lors d’un déplacement à l’étranger : respecter la population locale et le patrimoine commun, protéger la planète, soutenir l’économie de l’endroit, s’informer avant de partir…

Tous ces conseils émanent du Code mondial d’éthique du tourisme de l’OMT , adopté en 1999, et qui forme un « cadre de référence fondamental pour le tourisme responsable et durable ».

Les principes directeurs adoptés dans le Code ne s’adressent pas qu’aux particuliers, au contraire : ils servent aussi à « guider les principaux acteurs du développement du tourisme », dont les gouvernements, les entreprises et les destinations elles-mêmes.

Car bien que certains touristes aient souvent des comportements déplorables, on ne peut leur reprocher que 20 navires de croisière s’amarrent le même jour à San Juan (Porto Rico), ou de profiter d’appartements au rabais sur Airbnb ou de vols Montréal-Reykjavik à 99 dollars.

Dans le cadre de la campagne de l’OMT, les touristes sont invités à publier sur les réseaux sociaux leurs photos décrivant des pratiques responsables et durables, relevées en voyageant, en mentionnant @iystd2017 et en accompagnant le tout du mot-clic #travelenjoyrespect. Les photos ainsi publiées défilent dès lors sur le « Mur des voyageurs responsables », sur la page d’accueil du site TravelEnjoyRespect.org.

La campagne sera diffusée en plusieurs langues et déclinée sur de nombreuses plateformes médiatiques d’ici la fin de l’année.

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4 commentaires
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En tant que touriste, combien de fois je me suis fait dire par les « locaux » (terme hautain et quelque peu méprisant employé pour signifier les habitants du pays que l’on visite…) que les pires touristes étaient les Américains et les Allemands parce qu’ils croient que tout leur appartient et qu’ils ont le droit de faire ce qu’ils veulent… Ils sont les Kings!

Au Mexique les Québécois ont rejoint le groupe des touristes déplaisants (los tabarnacos) et j’ai été témoin de comportements absolument déplorables de ces touristes. En particulier on voit des gens complètement ivres gueuler à toute heure de la nuit parce qu’ils sont sur le « party » et tiennent les autres visiteurs et voisins éveillés. C’est peut-être du au fait que plusieurs voyageurs du Québec tendent à se rassembler et aller aux mêmes endroits quand ils voyagent, une espèce de besoin d’être en meute. Les « tout compris » sont particulièrement attrayants pour ce genre de voyageurs.

Quand on voyage on devrait se comporter comme si les gens que nous rencontrons sont nos voisins, nos amis, et qu’on leur doit le respect. On peut avoir du plaisir sans se défoncer et on ne doit jamais oublier que nous sommes à l’étranger et que les lois et les coutumes sont différentes: faut donc se renseigner sur ce qui est acceptable et ce qui ne l’est pas et la plupart des guides de voyage donnent ce genre d’information. Quand on voyage d’une manière responsable, on a beaucoup plus de chances de faire un très beau voyage et de rencontrer des gens fantastiques. Le tourisme bien fait permet à bien des gens de vivre mieux et d’avoir des revenus suffisants; il faut pas hésiter à engager des gens comme guides, chauffeurs etc. et ainsi contribuer à l’économie locale tout en se faisant des amis. Il n’est surtout pas question de faire la charité mais de payer les gens pour un service rendu.

Bon voyage!

Au contraire, quelqu’un qui m’est très proche a travaillé pendant plus de 25 ans dans une industrie en relation directe avec le tourisme à Montréal et elle m’a souvent dit que les meilleurs clients étaient les Américains, et de loin.

Les pires? Les Français et…les Québécois.

Le nombre effarant de vols d’avions pour combler d’aise tous les vacanciers qui veulent eux aussi faire partie du grand cirque de la surconsommation en faisant au moins 2 ou 3 voyages par année, pour avoir quelque chose à raconter… besoin de sortir de son contexte familier, besoin de paraître IN, besoin de paraître comme la caste au-dessus (rivalité ostentatoire – Veblen Thorstein)… besoin de se sentir en vie avec cette job qui nous tue, besoin de faire comme tout le monde… Le voyage le vrai peut se passer chez-vous, dans votre cour que vous croyez connaître mais que vous n’avez jamais sentie, ressentie, regardée vraiment… et y découvrir des insectes, des oiseaux, des couleurs, des odeurs… Voyager c’est l’instant présent qui EST entier au moment et à l’endroit ou nous sommes… J’aime le voyage, j’aime l’état du voyageur… Le touriste est un profiteur qui aime le fla-fla, les distractions, l’Entertainment… Le touriste et le voyageur sont tellement différents car leurs valeurs sont diamétralement opposées… Etre vs Avoir…