Voyager carboneutre

Maintenant qu’on sait que la conférence de Copenhague sur les changements climatiques risque de tomber à plat, il est plus que jamais urgent que les individus prennent les choses en main pour réduire eux-mêmes leurs émissions de gaz à effet de serre (GES). Y compris en voyage.

Crédit: Sarah M. Stewart / Flickr / CC2.0
Crédit: Sarah M. Stewart / Flickr / CC2.0

C’est particulièrement le cas si on prend l’avion : à elle seule, l’industrie aérienne est responsable d’au moins 3 % de la production mondiale de dioxyde de carbone, puissant GES.

Pour minimiser cet impact, on peut déjà voyager moins loin avec des valises moins lourdes, prendre moins souvent l’avion, préférer les vols sans escale et demeurer plus longtemps à destination, plutôt que d’effectuer plusieurs courts séjours annuels. Évidemment, il faut privilégier tout autre mode de transport que l’avion (train, autobus, covoiturage) dès que c’est possible.

Peu importe le moyen de transport utilisé au quotidien ou à l’étranger, il est possible – et facile – de compenser ses émissions de GES (ou « racheter sa pollution« ) en traitant avec un organisme émetteur de crédits de carbone (ou « crédits compensatoires »). En vendant de tels crédits, ces organismes financent divers projets qui ont pour effet de « neutraliser » les émissions de GES, que ce soit en investissant dans le reboisement ou la production d’énergie propre, comme l’aménagement de parcs éoliens, de microcentrales électriques ou de puits géothermiques.

Même si trouver le bon organisme peut relever du parcours du combattant, parmi la centaine de fournisseurs recensés par Carbon Catalog, on peut déjà se rabattre sur la douzaine située en sol canadien, dont les Québécoises Planetair et Zéro GES. Toutes deux sont dotées d’un calculateur d’émission de GES pour les vols, l’utilisation d’une voiture, le chauffage d’une maison, etc.

De plus en plus d’entreprises du monde du voyage prennent aussi le virage carboneutre en proposant elles-mêmes de compenser l’empreinte carbone de leurs clients. C’est le cas de certaines agences de voyages, de compagnies ferroviaires et aussi de transporteurs comme Air Canada, Air France et Swiss, qui offrent à leurs clients d’acheter des crédits de carbone auprès de fournisseurs spécialisés. Quant aux tarifs des forfaits vendus par le tour-opérateur Karavaniers, ils incluent une compensation pour les GES émis durant ses périples.

En terminant, une précision s’impose : l’achat de tels crédits ne doit pas être perçu comme une panacée aux changements climatiques, et surtout pas comme une façon de se donner bonne conscience pour ensuite voyager n’importe où et n’importe comment, en toute impunité. Parce qu’à la base, ce sont les habitudes de voyage – et de vie – qu’il faut avant tout changer.

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Connaissez-vous réellement personnellement des gens prêts et volontaires à acheter des indulgences (crédits-carbone) auprès de la Nouvelle Église Orthodoxe du CO2 pour se faire absoudre de leur pêché mortel de pollution?

Vous en trouverez déjà plusieurs sur le site de la Fondation David Suzuki; sinon, il existe une foule d’autres façons de réduire son empreinte carbone. La dernière édition du Courrier International (www.courrierint.com), en kiosque aujourd’hui, recense d’ailleurs de nombreuses initiatives, un peu partout sur la planète.

Bonjour, je viens de vous écouter sur radio-canada et arrivant tout juste à Montréal de Genève, je me rends sur votre blogue afin de pouvoir trouver des sites crédibles afin de mesurer et compenser mes émissions de CO2. Pour le voyage aller-retour, le site trouvé via Air Canada (zerofootprint)me dit que mon voyage représente 1,3 tonne avec un coût de compensation de 20.80 dollars CAD. Or, pour le même voyae, le site planetair.ca indique un taux d’émission double, soit 2.6 tonnes et un coût de compensation de 92.04 dollars CAD! Y aurait-il un lien entre le fait que le 1er site provient davantage du milieu corporatif alors que le 2e vient du miieu ong??!! Merci à l’avance pour l’éclairage. Même avec de la bonne volonté, les consammateurs nagent malheureusement trop souvent dans la confusion…