Waterloo, une «morne plaine» qui a 200 ans

Pour souligner le bicentenaire de la bataille durant laquelle Napoléon s’est incliné devant le duc de Wellington, la commune de Waterloo, en Belgique, procédera à la reconstitution la plus importante de l’événement jamais orchestrée en Europe.

Art_de_vivreIl y a cinq ans, j’ai eu la chance d’assister à l’une des plus grandes reconstitutions historiques de l’une des plus célèbres batailles d’Europe : celle de Waterloo, où l’armée de Napoléon s’est inclinée devant celle du duc de Wellington et de ses alliés.

À cette occasion, tous les spectateurs présents avaient eu droit aux impressionnants mouvements de troupes de 3 000 figurants, tous costumés et tous convaincus du sérieux de leur rôle, rendu avec un criant réalisme.

Pour souligner le bicentenaire de cette bataille décisive, la même reconstitution aura lieu en fin de semaine, mais avec encore plus de figurants : pas moins de 5 000 d’entre eux seront déployés, aux côtés de 300 chevaux et de 100 pièces d’artillerie. On pourra suivre le tout en temps réel sur Internet (www.waterloo2015-live.org), vendredi et samedi, de 20 h à 22 h — heure de Waterloo (de 14 h à 16 h au Québec).

Crédit: Waterloo 2015
Crédit : Waterloo 2015

Tout au long de la fin de semaine, plus de 200 000 visiteurs sont attendus, dont des dizaines de milliers venus de l’étranger, y compris de France — exception faite de François Hollande et de Manuel Valls, qui brilleront par leur absence, même si cette reconstitution sera la plus grande jamais orchestrée en Europe.

Dès le 18 juin (la date officielle de la bataille, en 1815), des bivouacs prendront place sur le site pour permettre aux gens de «se plonger dans la vie quotidienne des régiments», alors qu’on présentera un spectacle son et lumière tard en soirée (à 22 h 45, heure locale).

En attendant les prochaines reprises historiques, qui reviendront tous les quatre ans (alors que la prochaine commémoration aura lieu en 2025), il existe plusieurs moyens de revivre Waterloo au-delà des commémorations de cette année.

D’abord, le Mémorial 1815 du site — fraîchement rénové et rouvert depuis le 22 mai — présente désormais un film en 4D «avec des odeurs de poudre», sur un écran panoramique. Les spectateurs y ont carrément l’impression de prendre part aux affrontements, sur le terrain.

Sur place, on peut aussi visiter le Musée Wellington, qui loge dans l’ancien quartier général du vainqueur de la bataille et qui présente divers objets personnels, des gravures, des armes d’époque, etc. Une autre exposition y décrit la célèbre bataille, à grand renfort de diagrammes lumineux.

Enfin, à Bruxelles, le Musée royal de l’armée et d’histoire militaire présente pour sa part l’exposition Waterloo 1815-2015 — Le défi à l’Europe jusqu’au 31 octobre.

Pour plus d’infos, consultez le programme officiel de la commémoration.

Pour avoir droit à un résumé de la bataille en quelques minutes, visionnez la vidéo préparée par le Nouvel Observateur.

 

 

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Vous trouvez étrange que l’Etat français ne soit pas représenté lors de la commémoration d’une de ses défaites ? Napoléon est vu comme un héros en France et comme un dictateur par les anglo-saxons…

L’Etat français était représenté par leur ambassadeur à Bruxelles et par des membres de la famille Napoléon.
Le même jour à Paris, les Français commémoraient l’appel du 18 juin du général de Gaulle, on comprend que le président et le premier ministre ne se soient pas déplacés pour jouer aux playmovil géants à Waterloo.

Nous aurions pu avoir une telle reprise historique en 2009, sur les Plaines d’Abraham, mais les québécois n’en voulaient pas, sous prétexte qu’il s’agissait d’une défaite ! Nous aurons alors eu droit à grand faux débat, où la chronique militaire et diplomatique, la reconstitution visuelle firent place aux petites querelles politiciennes et aux effets de manche de quelques souverainistes nostalgiques. Et la ville de Québec fut privée d’un événement touristique important.