Articles par Chantal Hébert

Chantal Hébert

Si le PQ remporte une victoire majoritaire aux élections du mois prochain, les électeurs de Trinity-Spadina auront droit à un avant-goût du discours référendaire des deux principaux partis d’opposition fédéraux.

Depuis dimanche, le Québec est, à toutes fins pratiques, plongé dans un référendum sur le référendum. À quel parti profitera ce détournement de campagne ? La réponse est moins évidente qu’il n’y paraît, dit Chantal Hébert.

«En voyant le Parti québécois accueillir en triomphe Pierre Karl Péladeau parmi ses candidats, je me suis dit qu’on assistait à une manifestation comparable à l’effet Québec solidaire», dit Chantal Hébert. Voici pourquoi.

L’arrivée sur les rangs des candidats du Parti québécois de l’ex-grand patron de Québecor, Pierre-Karl Péladeau, a de fortes chances de faire autant de vagues au sein du parti gouvernemental de Pauline Marois que dans l’électorat.

Si on mesurait le succès électoral à l’aune de la détermination devant l’adversité, la formation de François Legault serait en meilleure posture.

Toutes les élections sont importantes, mais certaines comptent davantage que d’autres pour la suite des choses.

Mercredi, Mme Marois a refusé de répondre à une seule question sur sa décision de précipiter des élections ou sur tout autre sujet. C’est le genre de comportement auquel Stephen Harper a habitué la presse parlementaire.

La tendance dans les intentions de vote favorise le PQ. Mais ce n’est pas parce qu’on part en lion qu’on ne risque pas de finir en mouton, dit Chantal Hébert.

Le gouvernement Harper renonce finalement à mettre en vigueur son programme controversé de Subvention à l’emploi au Québec. On est ici devant un copier-coller conservateur du cadre de l’entente négociée il y 10 ans par Paul Martin sur le financement de la santé.

Pour mesurer l’effet Harper après huit années de pouvoir, on peut tenter de départager le vrai du faux et de l’exagéré dans les rapports d’étape, forcément contradictoires, du gouvernement et des partis d’opposition.

Le personnage politique fédéral le plus marquant de 2013 est un non-élu issu des coulisses du pouvoir dont on n’a pas fini d’entendre parler en 2014.

Boule de cristal 2014

6 décembre 2013

Le retour à un gouvernement majoritaire à Québec est-il dans les cartes de 2014 ? Jusqu’à preuve du contraire, l’espérance de vie du gouvernement de Pauline Marois se compte en mois, sa survie au-delà du budget du printemps n’étant pas acquise.

Dans le débat qu’il pilote au sujet de sa charte des valeurs et de la laïcité, le gouvernement de Pauline Marois postule que les impressions valent plus cher que les faits.

Les gouvernements ne sont pas comme le bon vin. Plus le temps passe, plus leur règne a tendance à tourner au vinaigre.

Ces dernières années, les défroqués du journalisme sont devenus légion en politique, et la nouvelle de ce qu’un ou une journaliste endosse l’uniforme d’un parti ne surprend plus personne.

Il fut un temps où l’arrivée d’une nouvelle ministre fédérale de l’Environnement, issue du Grand Nord canadien et d’origine inuite de surcroît, aurait été le fait saillant d’un remaniement de mi-mandat.

Sur fond de ballet diplomatique sur la question de la Syrie dans les grandes capitales, l’été politique canadien a été dominé par l’aveu du chef du troisième parti à Ottawa qu’il avait consommé de la marijuana au cours de sa vie de député.

Sur fond de débat identitaire, le Québec fait couler de l’encre d’un bout à l’autre du Canada.

J’ai grandi dans une banlieue émergente du nord de Toronto à l’époque où l’apparition d’une piscine dans la cour d’un voisin était encore un événement qui changeait l’été de tout un quartier.

À Ottawa, la saga des dépenses des sénateurs Mike Duffy et Pamela Wallin, tous deux ex-vedettes de la presse parlementaire canadienne, entache la réputation du journalisme politique.

Si Denis Coderre devient maire de Montréal l’automne prochain, personne n’aura à s’inquiéter de ce que le copinage et la collusion refassent leur nid à l’Hôtel de Ville sans qu’il en ait connaissance.

Huit mois après son arrivée au pouvoir, le Parti québécois est aussi impopulaire que le gouvernement libéral mal-aimé qu’il a remplacé. Selon les sondages sur les intentions de vote, le gouvernement de Pauline Marois a perdu des plumes à gauche comme à droite, au profit aussi bien de rivaux souverainistes, tel Québec solidaire, que du Parti libéral du Québec, son principal adversaire fédéraliste.

Le bâillon étrangleur

26 avril 2013

Si le premier ministre Stephen Harper s’est organisé pour que la plus récente motion liée à l’avortement à émaner de l’aile religieuse de son caucus soit jugée non recevable, c’est parce qu’il était loin d’être certain qu’elle allait être défaite ou qu’elle allait l’être sans causer d’embarras à tous les partis aux Communes.

À la même date l’an dernier, Jean Charest et Bob Rae avaient des raisons d’imaginer un printemps différent de la saison qu’ils vivent actuellement.