David Desjardins

Depuis ses débuts comme chroniqueur en 2002, David Desjardins n’a cessé de chercher l’angle inédit par lequel prendre le fait de société, la tendance ou la nouvelle. Cela n’est pas une posture ni une provocation chez celui qui collabore au magazine L’actualité depuis 2011. C’est plutôt une manière de se placer en marge pour mieux comprendre la mécanique des faits, mais surtout celle de nos réactions devant ceux-ci. Toujours actif dans plusieurs médias, David Desjardins est basé à Québec. Il est aussi vice-président et fondateur de l’agence La Flèche, spécialisée en marketing de contenu.

Haute performance

«Je suis dingue de sport. Fou d’en faire, tous les jours. Qu’il pleuve, qu’il neige, qu’il vente. C’est une maladie. C’est aussi un refuge», dit David Desjardins.

Le génie dans la console

En quelques heures, j’avais dévalé les rues à 200 km/h au volant de voitures volées, dévalisé des banques et tué des policiers, semant la terreur sur mon passage. J’étais aussi entré par effraction dans une maison, j’avais battu ses occupants et chapardé encore d’autres voitures, sans jamais sortir de mon salon.

Mauvais numéro

J’ai depuis longtemps le sentiment que le monde est scindé en deux : ceux qui jouent et les autres, qui, en quelque sorte, les regardent de haut, comme on toise les naïfs et les sots.

Un peu de nous

C’est un souvenir arraché au temps, tiré d’un repli de la mémoire par l’écoute d’un épisode de la sordide téléréalité qu’est la commission Charbonneau.

Bonheur bio

À mi-chemin de Québec et du mont Sainte-Anne, la route de Saint-Achillée décrit une série de zigzags depuis le village de Château-Richer, remontant jusqu’aux terres du séminaire, où elle devient un chemin privé, interdit à la circulation.

Libre, moi ?

La nouvelle m’est tombée dessus comme une masse. J’étais viré. Mon poste aboli, après 12 années dans le même journal, dont 10 à sa tête. Le choc initial passé, il me restait à décider de ce que j’allais faire en ce début du reste de ma vie. Ou je me cherchais du boulot dans un bureau. Ou je devenais pigiste.

Nos amis m’ont quitté

C’est fini. Le rideau se referme sur l’histoire d’amour, les acteurs partent chacun de leur côté. Mais avant, avec ce qu’il reste de civilité, ceux qui vivaient ensemble font l’inventaire de ce qu’ils doivent se partager.

Ma fabrique à rêves

Il s’est dit quantité de niaiseries depuis les aveux de Lance Armstrong chez Oprah. La plus fréquente ? Que le Tour de France est trop difficile et donc que les cyclistes doivent nécessairement se doper pour l’accomplir. Or, ce n’est pas l’épreuve qui est surhumaine, mais bien la vitesse à laquelle elle est menée.

Pornomerta

« Mon chum fréquente des sites pornos », titrait le Elle Québec que ma blonde tenait dans ses mains. Retournant vers elle la couverture du magazine pour y trouver la source de ma soudaine hilarité, puis l’ayant découverte, elle me dit : « Tu la trouves naïve, cette fille ? Avoue, tu penses que tous les hommes font ça. »

Le bruit du vent

Ils montent par grappes à bord de l’autobus. Une fois assis, la moitié de ces étudiants ne voient plus rien autour, les autres passagers et le défilé du paysage urbain étant annihilés par ce qu’ils sortent de leurs poches et tiennent au creux de leur main. Penchés sur ces extensions numériques de leurs êtres, leurs yeux reflétant les teintes du chatoiement des images à l’écran, ils suivent textos, courriels, Facebook, journaux, jeux.