André Ducharme

Diplômé en journalisme et information de l’Université Laval, je suis un témoin privilégié de l’actualité culturelle.

Déjà, à 11 ans, je partais de Québec «sur le pouce» pour venir entendre Monique Leyrac à Montréal, puis je repartais en pleine nuit, sur l’autre pouce, retrouver mes parents morts d’inquiétude… Pour ne plus les tourmenter, j’ai fini par m’installer à Montréal.

Depuis, je passe la plupart de mes soirées dans les salles de spectacles. Théâtre, chanson, danse, musique… me passionnent comme au premier jour.

J’ai écrit des récits radiophoniques pour Radio-Canada, une pièce de théâtre ( Léola Louvain, écrivaine ) montée par Paul Buissonneau, un pamphlet sur un sujet casse-margoulette ( Pour en finir avec les casse-cul ), un portrait de Diane Dufresne ( Cendrillon kamikaze ) et un roman ( L’homme en morceaux ).

J’aime aussi le cinéma, la lecture, la photographie, Paris, le vin rouge, la crème glacée, les jujubes. J’aime tondre le gazon, laver la vaisselle, regarder par la fenêtre. || Courriel : [email protected]

Vaillant Vallières

On l’a à la bonne, celui-là. Et depuis ses débuts, il y a 10 ans. Cinq albums plus tard, ses chansons ne roulent toujours pas des biceps, elles font leur bonhomme de chemin, droites et profondes. Vincent Vallières a 31 ans, trois enfants, des manières simples, une façon de rester sur son quant-à-soi. L’auteur-compositeur-interprète sherbrookois répond aux questions suscitées par les paroles de quelques chansons de son dernier disque, Le monde tourne fort.

D. Kimm : Voix libre

Poète et performeuse, D. Kimm a publié quatre recueils, réalisé deux courts métrages, gravé des disques, suscité une centaine de spectacles, inventé un tas de concepts. Inconditionnelle du mélange des disciplines, elle dirige l’organisme Les Filles électriques, qu’elle a fondé en 2001, qui produit notamment une autre de ses bonnes idées : le Festival Voix d’Amériques, fête bilingue et bigarrée consacrée au texte en direct et à l’expérimentation vocale.

Le sculpteur et sa muse

Directeur de la formation à la Société des arts technologiques, Richard Langevin est d’abord sculpteur, mari et agent de Diane Dufresne. Une expo — elle aux peintures, lui aux installations — scelle leur connivence.

Noiseux dans le texte

Elle voulait devenir architecte ou physicienne, la voilà conceptrice de costumes et directrice artistique d’Espace GO, plateforme de la création contemporaine. Cérébralement outillée, dotée d’une lucidité joyeuse et d’une charmeuse autorité, Ginette Noiseux défend un théâtre de texte, des esthétiques audacieuses. Pour célébrer les 30 ans de GO, elle présente Sextett, une « comédie à contenu sexuel explicite ». Ça va jaser.

Catherine-Anne Toupin, sincèrement actrice

Cheveux blonds, feux verts, petit décolleté d’automne, voix de grande enjôleuse, Catherine-Anne Toupin dit, parce que ça paraît : « Je suis très “en amour” » (avec le comédien Antoine Bertrand). Née à Ottawa, l’actrice a grandi à Cap-Rouge, banlieue cossue de Québec. « Je viens d’une famille on ne peut plus normale, mes parents ne sont même pas divorcés et ma sœur est formidable ! » Autoportrait en trois mots : « Intello, névrosée, divertissante. »

Luc Langevin, l’illusionniste

Épatés, les voisins de table. Luc Langevin vient de tordre le collet d’une fourchette que je tenais pourtant dans ma main ! À la télé, il frappe plus fort : il fait tourner son bras à 360 degrés, plonge ce même bras dans l’image diffusée par un téléviseur, attache ses lacets sans y toucher et lévite comme d’autres se préparent un café. À 12 ans, il donnait des spectacles dans les garderies ; à 26 ans, il anime sa propre émission, Comme par magie, l’une des plus populaires d’ARTV. Langevin est titulaire d’un bac en génie physique, d’une maîtrise en optique et poursuit un doctorat en biophotonique.

Pièce unique

Fred Fortin écrit et chante des choses comme «T’as des belles grandes jambes, pis t’as des beaux hein-heins.» Sur le papier, cela fait grossier. Dans sa bouche, c’est de la poésie.

L’essence de Cormier

Guitariste, chanteur et parolier principal de Karkwa — sans doute le meilleur groupe de rock en activité au Québec —, Louis-Jean Cormier est né à Sept-Îles dans une famille éprise de chanson francophone. Il fait ses premiers pas avec Vigneault, Leclerc ; grandit avec Les Colocs ; fraternise aujourd’hui avec les Malajube, Mara Tremblay, Patrick Watson… C’est le papa poule d’une pitchounette de trois ans.

Théâtre extrême

Auteur, metteur en scène, comédien, musicien, Christian Lapointe, 30 ans, dirige le Théâtre Péril, à Québec. Où il monte des choses réputées injouables : Faisceau d’épingles de verre, de Claude Gauvreau ; Axël, de Villiers de L’Isle-Adam, précurseur du théâtre symboliste ; ou 4.48 Psychose, de Sarah Kane, bel exemple du « in-your-face theatre », mouvement britannique dont il se réclame. Sans compter ses propres pièces, telle CHS, sur la combustion spontanée (au dernier Festival d’Avignon, dans la programmation officielle). Avec lui, pas de spectacles mode ou décoratifs.

Nounours et clémentine

Mario Jean, que l’on avait un peu perdu de vue ces dernières années, revient sur scène avec Gare au gros nounours!, et des sujets comme la prière, de bouffe et d’hypersexualisation des filles.

Le son Vaillancourt

L’une chante, l’autre, mal. L’une est soprano, l’autre, chef d’orchestre. Pauline et Lorraine Vaillancourt lisent les partitions comme on lit le journal.

L’homme-orchestres

Jean-Philippe Tremblay a 31 ans, quatre disques à offrir, déjà quelques prix et des noms prestigieux dans son CV: il fut l’assistant des grands André Prévin et Seiji Ozawa, entre autres.