André Ducharme

Diplômé en journalisme et information de l’Université Laval, je suis un témoin privilégié de l’actualité culturelle.

Déjà, à 11 ans, je partais de Québec «sur le pouce» pour venir entendre Monique Leyrac à Montréal, puis je repartais en pleine nuit, sur l’autre pouce, retrouver mes parents morts d’inquiétude… Pour ne plus les tourmenter, j’ai fini par m’installer à Montréal.

Depuis, je passe la plupart de mes soirées dans les salles de spectacles. Théâtre, chanson, danse, musique… me passionnent comme au premier jour.

J’ai écrit des récits radiophoniques pour Radio-Canada, une pièce de théâtre ( Léola Louvain, écrivaine ) montée par Paul Buissonneau, un pamphlet sur un sujet casse-margoulette ( Pour en finir avec les casse-cul ), un portrait de Diane Dufresne ( Cendrillon kamikaze ) et un roman ( L’homme en morceaux ).

J’aime aussi le cinéma, la lecture, la photographie, Paris, le vin rouge, la crème glacée, les jujubes. J’aime tondre le gazon, laver la vaisselle, regarder par la fenêtre. || Courriel : [email protected]

Dans ses cordes

Fils d’une peintre et d’un acteur, Alexandre da Costa donnait, à neuf ans, ses premiers concerts. « La seule pression familiale que j’ai subie, c’est ce conseil de ma mère: « Si tu t’engages dans quelque chose, fais-le à fond. » » Le conseil n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd. Le violoniste de 29 ans parle quatre langues, s’est produit presque partout dans le monde et a vécu une décen-nie en Europe avant de revenir au Québec, l’an dernier. Avec l’envie de laisser sa marque.

L’amoureuse

Catherine Sénart prend bien la lumière : ce truc magnétique dans ses yeux d’herbe claire, ses dents blanches comme une réclame. Quand on lui demande d’où elle vient, elle répond : « De l’amour. » Où elle va ? « Vers l’amour. » Ce qu’elle veut ? « L’amour. » Décidément ! Il y a de l’amour dans l’air, dans les airs, même.

Mine d’art

Né en 1976 à Saint-Georges de Beauce, où il se sent vite à l’étroit, Éric Bolduc entre à 17 ans à l’Université d’Ottawa et en ressort avec un bac en arts visuels (mineure en philo). Arrivé à Montréal à 21 ans, il dit à ses amis : « Ma première expo solo se fera au Musée d’art contemporain de Montréal ! » La vie le ramène à la réalité : six ans au sein d’une compagnie de téléphonie et quelques cours à HEC lui donnent le virus de la gestion. Afin de lier sa passion pour les arts visuels et son sens des affaires, il fonde Rats de ville, webzine « à but participatif » voué au soutien de la communauté artistique underground de Montréal.

Printemps Tardif

C’est la fée de l’humour, du tendre et du dérisoire. Une couche de fragilité, deux couches de bonne humeur et un gros rhume le jour de notre rencontre.

Le mois de Marie

Physiquement, vocalement, énergiquement, elle ressemble à Guylaine Tremblay, à moins que ça ne soit le contraire. En tout cas, beaucoup de talent chez une seule femme. Actrice pleine de grâce et metteure en scène de haute exigence, Marie Gignac assure la direction artistique du Carrefour international de théâtre de Québec, qui jette ses étincelles sur la ville et réjouit le cœur du maire Labeaume.

Il fait des bulles

En une dizaine d’années, la bande dessinée québécoise a accédé à la reconnaissance. Grâce à Jimmy Beaulieu, entre autres agitateurs, qui a contribué à en améliorer la perception et la diffusion, en la défendant sur toutes les tribunes. Car l’auteur se livre à plusieurs activités-satellites : professeur, théoricien, chroniqueur, directeur de collection… Épars, vous dites ?

La vie en prose

Sur scène, avec son allure décomplexée et sa scansion toute personnelle, il enfièvre ses poèmes. Il lui arrive même de les chanter, quand ce n’est pas de les danser. Jean-Paul Daoust manie la provocation avec santé. Depuis plus de 30 ans, il écrit et fait entendre des textes où tragédie et humour, français et anglais s’emmêlent. Ses thématiques : l’enfance, le dandysme, la quête amoureuse homosexuelle. « “Vivre au-delà de la limite”, voilà ma devise. » Dense Daoust.

La danse en tête

On se sent gauche, on ne sait pas trop comment l’aborder. Elle souffre d’un cancer, on n’est quand même pas pour lui demander : « Comment ça va ? » Si ? Elle vous touche le bras ; son sourire efface la bêtise du monde. Nathalie Buisson a dansé pour les Grands Ballets Canadiens de Montréal et pour la Compañía Nacional de Danza, à Madrid, où elle a rencontré son mari. Elle est l’instigatrice et la porte-parole de Cœur en tête, spectacle-bénéfice consacré à la recherche pour vaincre le cancer du cerveau.

Source de lumière

Si vous avez vu Kooza ou Corteo, du Cirque du Soleil, Nomade ou Rain, du Cirque Éloize, vous savez de quoi est capable Martin Labrecque, l’un des concepteurs d’éclairages québécois les plus allumés.

Suivez son regard

Il signe, depuis septembre 2007, les portraits qui ornent ces pages. Des photos qui valent parole. Mais il fait plus fort encore avec une série de mises en scène photographiques dans lesquelles il dirige ce que le Québec compte de meilleurs acteurs : Roy Dupuis en jaquette sur un lit d’hôpital, Élise Guilbault et James Hyndman dans un salon de coiffure, par exemple. Entamée en 2005, cette initiative d’auteur intitulée Admission, qui donne lieu à une exposition pour la quatrième année, révèle des tableaux surréalistes de grand format, parfois angoissants, tantôt hilarants. Vif-argent, cheveux en pétard et enthousiasme communicatif, Jocelyn Michel nous avertit : « Ce qui m’intéresse le plus, c’est davantage de créer des images que de les prendre. Inventer sans contrainte, sans dire la vérité, sans devoir refléter aucune réalité. »

Collection de maître

C’est le genre de prof qu’on aurait voulu avoir, qui emmène ses élèves aux concerts de l’Orchestre symphonique de Montréal et aux expositions du Musée d’art contemporain. Alain Tremblay, bientôt 50 ans, est né à Chicoutimi, habite à Montréal et enseigne, à Laval, l’éthique et la culture religieuse. Mordu de musique classique, ce joyeux collectionneur d’art actuel expose une partie de son patrimoine pour la première fois.