Émilie Folie-Boivin

La thérapie dans le défouloir

Nous étions autour de la table, à engloutir chacun un gros steak après une épreuve de course à pied organisée, et notre verdict postjogging faisait l’unanimité : l’instant le plus jouissif du circuit n’est pas celui où nous avons franchi le fil d’arrivée ni celui où nous avons trouvé une banane dans notre sac à surprises.

La vie secrète du banc public

« Je fabule, ou les bancs publics disparaissent dès que l’hiver arrive ? » a beuglé mon ami en jetant sa tuque sur la table. Après une longue promenade de janvier, il avait fallu se résigner à l’ambiance sonore excessive d’un café, faute de pouvoir se reposer les mollets dehors. Sur les deux bancs aperçus, l’un ne tenait plus que sur une patte et l’autre était calé dans deux pieds de neige, si bien que nous aurions siroté notre chocolat chaud les jambes repliées, les genoux sous le menton.