10 films d’Halloween à voir avant de mourir

L’Halloween aura un air différent cette année ? Pourquoi pas un marathon des meilleurs films dans l’univers de l’horreur et du fantastique ? Voici les suggestions du chroniqueur Daniel Racine.

Photo : KarenMower / Getty Images


Que serait l’Halloween sans la bouche saignante d’un vampire, la séduction d’une sorcière ou la peur d’un clown maléfique ? Couvrez-vous de votre couette et sortez le popcorn : voici quelques suggestions d’incontournables de l’horreur et du fantastique dans l’histoire du cinéma.

Dracula
de Tod Browning (1931)

Parmi des dizaines d’adaptations au cinéma, c’est l’une des premières qui demeure la plus emblématique. Comme le Nosferatu de F. W. Murnau en 1922, le Dracula de Tod Browning a apporté certaines bases visuelles à ce récit gothique qui fascine encore aujourd’hui. Et personne n’a aussi bien incarné le vampire séducteur que le grand Béla Lugosi. L’acteur d’origine hongroise habite son personnage avec un charisme et une élégance inégalés, après l’avoir incarné des centaines de fois sur les planches. Tout juste sorti de l’époque du muet, ce drame fantastique gagne en puissance avec de longs silences très déstabilisants pour nos oreilles sursollicitées.

L’Étrange créature du lac noir (Creature from the Black Lagoon)
de Jack Arnold (1954)

Avec l’arrivée de la 3D au début des années 1950 et le succès des films de série B, en combinant la matrice de classiques comme King Kong et La belle et la bête, Creature from the Black Lagoon avait tout pour plaire. Si le scénario est assez convenu, les scènes aquatiques, impressionnantes, montrent la force du nageur et apnéiste Ricou Browning, qui enfile le lourd costume de la créature. Ce déguisement si bien dessiné par Milicent Patrick, associé aux maquillages subtils de Bud Westmore, a fait entrer le monstre dans la légende. Ce long métrage a aussi inspiré Steven Spielberg pour certaines scènes de Jaws et Guillermo del Toro pour son film romantique surnaturel The Shape of Water.

Halloween
de John Carpenter (1978)

Probablement le classique par excellence de cette fête annuelle. La popularité du dangereux Michael Myers ne faiblit pas, comme le prouve la nouvelle trilogie entamée par le cinéaste David Gordon Green en 2018. Mais c’est vraiment John Carpenter qui a eu la vision de ce tueur psychopathe au masque terrifiant. L’indicatif musical menaçant, composé par Carpenter et suivi de la scène d’ouverture en caméra subjective, donne son ton si singulier au film. L’actrice Jamie Lee Curtis a fait un début fracassant dans le personnage de Laurie Strode, rôle qui marquera sa carrière, comme ç’a été le cas pour sa mère Janet Leigh, qui est pour toujours associée au Psycho d’Alfred Hitchcock. Encore aujourd’hui, Halloween est l’un des films d’horreur les plus influents et sûrement l’un des plus populaires.

L’opéra de la terreur (The Evil Dead)
de Sam Raimi (1981)

Des films comme Night of the Living Dead de George A. Romero et The Texas Chainsaw Massacre de Tobe Hooper auraient pu se trouver dans cette liste, car ils ont marqué une génération de cinéastes. The Evil Dead de Sam Raimi, digne descendant de cette lignée, y ajoute une touche d’humour proche du vaudeville. Avec une grande économie de moyens, le réalisateur des premiers Spider-Man maximise les effets et les surprises, faisant à tout jamais des chalets isolés l’ultime lieu à éviter avec ses amis pour une fin de semaine tranquille dans la nature.

Bételgeuse (Beetlejuice)
de Tim Burton (1988)

S’il y a un réalisateur qui semble parfaitement à l’aise dans la thématique entourant la fête des Morts, c’est bien l’Américain Tim Burton. De Sleepy Hollow à Corpse Bride, nombre de ses films s’amusent du morbide et des ténèbres. Sa comédie déjantée Beetlejuice mélange intelligemment les genres, passant de la comédie musicale au film d’épouvante sans jamais qu’il y ait cassure narrative. Michael Keaton incarne un Bételgeuse au-dessus de la mêlée, se permettant de cabotiner et d’être le roi de la digression pour notre plus grand bonheur comme spectateur.

Le Corbeau (The Crow)
d’Alex Proyas (1994)

Vu la mort de l’acteur principal, Brandon Lee, huit jours avant la fin du tournage, The Crow porte en lui une aura de mystère. Au-delà de ce destin tragique du fils de Bruce Lee, pourtant, il y a un fascinant univers visuel construit par l’Australien Alex Proyas. Tout comme dans son film suivant, Dark City, le cinéaste accorde une grande importance à l’architecture de ses décors et à l’ambiance qui en émane. Fortement influencé par le film noir des années 1940 et 1950, mais y apportant une touche de modernité, ce superhéros qui ressuscite le jour de l’Halloween conserve sa force évocatrice dans un monde rongé par la corruption et l’appât du gain.

Shaun et les zombies (Shaun of the Dead)
d’Edgar Wright (2004)

Si Scream de Wes Craven était une proposition trop évidente (on doit aussi à ce réalisateur The Hills Have Eyes et A Nightmare on Elm Street), le sympathique Shaun of the Dead est un bon exemple de long métrage qui rend hommage à son genre (surtout aux films de George A. Romero). Cette comédie de zombies met en vedette l’attachant tandem britannique composé de Simon Pegg et Nick Frost. La complicité palpable entre les compères tranche habilement avec la situation alarmante dans laquelle ils se trouvent. Et la réalisation dynamique d’Edgar Wright emballe le tout pour 99 minutes de pur bonheur cinématographique.

Brume (The Mist)
de Frank Darabont (2007)

Que serait l’horreur si on ne mentionnait pas le nom du maître incontesté du genre en littérature, Stephen King ? Les titres The Shining ou Carrie nous viennent spontanément en tête en ce qui concerne les adaptations réussies de ses œuvres, mais The Mist a indubitablement une place à leurs côtés. Ce microcosme qui se forme dans un magasin, face au dangereux brouillard environnant, est une puissante réflexion sur l’Amérique contemporaine, où tout se polarise sans laisser de place aux nuances. Nos monstres intérieurs sont-ils plus effrayants que ceux qui nous menacent du dehors ? Frank Darabont illustre bien le déclin de notre société individualiste, rongée par un mal qui nous éloigne de notre humanité, qui nous éloigne les uns des autres.

La Sorcière (The Witch)
de Robert Eggers (2015)

Les films d’horreur ont connu un regain de popularité dans les 10 dernières années, proposant même des critiques sociales avec plus de mordant que certains drames classiques (l’exemple de Get Out de Jordan Peele est probant). The Witch est sûrement l’une des plus belles réussites de cette décade, revisitant en profondeur le mythe de la sorcière. En nous plongeant au cœur de la Nouvelle-Angleterre du XVIIe siècle, Eggers joue avec les doutes des habitants qui rejettent la famille au sein de laquelle se déroule le drame, mais aussi avec les nôtres. Ayant fait preuve d’une maîtrise formelle stupéfiante pour un premier film, le réalisateur montre avec son récent The Lighthouse qu’il est désormais un des cinéastes incontournables du genre.

Wrinkles the Clown
de Michael Beach Nichols (2019)

Avez-vous peur des clowns ? La coulrophobie semble assez répandue, surtout si on se fie au succès planétaire de l’adaptation en deux parties de It de Stephen King par le réalisateur argentin Andy Muschietti. Imaginez maintenant que vous puissiez contacter un véritable clown malintentionné pour faire peur à vos proches. Tel est le point de départ de ce documentaire fascinant sur le clown Wrinkles (rides, en français). À partir de ce phénomène né d’une vidéo devenue virale, Michael Beach Nichols brouille les pistes et fouille (peut-être insuffisamment) la représentation de ce visage souriant qui cache sa part d’obscurité.
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