10 idées de lecture pour le temps des Fêtes

À offrir ou à s’offrir. 

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Les plus belles universités du monde, par Jean Serroy, Éditions de La Martinière, 240 p., 84,95 $

Pour qui lit avec un dictionnaire

Choisies pour la beauté de leur campus, la grandeur de leur architecture, le prestige de ceux qui y ont enseigné, les 23 universités qui ont été savamment photographiées par Guillaume de Laubier donnent toutes envie, sinon de retourner sur les bancs d’école, à tout le moins de s’instruire. Des plus anciens établissements européens (Bologne, Oxford, la Sorbonne…) aux vénérables temples du savoir d’Amérique (dont notre Université McGill), sans oublier les merveilles modernes du Liban ou du Qatar, le volume donne un accès privilégié aux amphithéâtres, chapelles, réfectoires et bibliothèques où tant de grands esprits ont été formés.

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Human, par Yann Arthus-Bertrand, Éditions de La Martinière, 224 p., 39,95 $

Pour qui prend plaisir à feuilleter

Après nous avoir révélé de quoi a l’air la Terre vue du ciel, le photographe et réalisateur écologiste Yann Arthus-Bertrand remet les pieds sur le plancher des hommes et essaie de cerner ce que signifie « être humain ». Fruit de 2 000 entrevues réalisées dans 65 pays, Human se présente comme une mosaïque de témoignages inspirants et d’exemples d’engagement qu’il faut saluer. Par l’intermédiaire de ses photos spectaculaires et de ses graphiques explicatifs, le livre offre aussi des pistes de solutions individuelles aux grands défis de notre race : faim, esclavage, inégalités, injustices, discrimination — parce qu’un monde bien ordonné, ça commence par soi-même.

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Canadien Pacifique : L’empire du voyage, par Barry Lane, Sylvain Harvey, 200 p., 44,95 $

Pour qui lit dans les transports en commun

Rien de tel qu’un autobus bondé ou une panne de métro à l’heure de pointe pour se mettre à regretter la grande époque où le Canadien Pacifique exploitait le plus vaste réseau de transport maritime et ferroviaire au monde. Photos inédites de wagons spacieux, d’hôtels princiers et de paquebots aux noms d’impératrices sont réunies pour la première fois dans le très riche ouvrage de Barry Lane. Ce collectionneur invétéré de documents liés à l’histoire du CP nous fait aussi partager les plus belles affiches de son fonds d’archives. De Québec aux Rocheuses, du canal de Suez à la Polynésie, un voyage de luxe sur papier.

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Vie ? ou théâtre ?, par Charlotte Salomon, Le Tripode, 840 p., 170 $

Pour qui apprécie les belles éditions

En 1941, une réfugiée juive allemande se terre dans un hôtel de la Côte d’Azur et commence à dessiner l’histoire de sa vie : ses études en art à Berlin, son amour obsessif pour un prof de chant, la montée du nazisme, la malédiction qui pèse sur sa famille, dont six membres se sont suicidés. En quelques mois, elle peint 1 300 gouaches, en conserve 769, qui forment ensemble Vie ? ou théâtre ?, une sorte de roman graphique avant l’heure — chef-d’œuvre expressionniste d’autant plus bouleversant quand on sait que l’artiste est morte à 26 ans dans une chambre à gaz d’Auschwitz, alors qu’elle était enceinte.

Charlotte Salomon est récemment sortie de l’oubli grâce au théâtre et à l’opéra. Elle a aussi fait l’objet d’un roman de David Foenkinos (Charlotte, chez Gallimard). Il était temps qu’on publie l’intégralité de son œuvre. Imprimé sur 840 pleines pages couleur et pesant 4,5 kilos, Vie ? ou théâtre ? est un ouvrage que seuls ceux qui prennent un soin jaloux de leurs livres méritent de posséder.

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Au péril de la mer, par Dominique Fortier, Alto, 176 p., 21,95 $ ; Le livre des Baltimore, par Joël Dicker, Éditions de Fallois, 476 p., 32,95 $

Pour qui lit avec crayon

C’est une impulsion qui vous saisit dès la première page du dernier roman de Dominique Fortier : une tendance presque instinctive à vouloir souligner toutes les phrases pour en capturer la beauté, pour en extraire le sens. Peut-être parce que le livre repose sur un réseau de correspondances qui, telle une navette, tisse des liens entre le ciel et la mer, entre le Mont-Saint-Michel et la côte du Maine, entre la vie d’un peintre du XVe siècle et celle d’une romancière d’aujourd’hui, entre l’étymologie des mots et leur acception moderne, entre les grandes marées et la maternité. Une dentelle d’eau, d’encre et de pierre dont on ne veut perdre aucun fil.

Pour qui dévore les livres d’une traite

Tous ceux qui ont lu La vérité sur l’affaire Harry Quebert, l’immense succès de Joël Dicker (trois millions d’exemplaires vendus), retrouveront avec plaisir son narrateur, Marcus Goldman, dans Le livre des Baltimore. Celui-ci a délaissé l’enquête policière pour remonter l’histoire de la branche fortunée des Goldman, établie à Baltimore, et élucider le drame avec un grand « D » qui les a ruinés et décimés. Un drame auquel il a été intimement lié et qui a failli le briser. L’écrivain suisse démontre encore une fois son aptitude à multiplier les rebondissements, et son efficacité à orchestrer tous les éléments de son récit dans la plus pure tradition des page-turners américains. Un métissage réussi.

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Dans l’œil de Vittorio, par Marc H. Choko, Éditions de l’Homme, 240 p., 39,95 $

Pour qui juge un livre à sa couverture

Difficile de dissocier Vittorio Fiorucci du paysage montréalais, tant ses affiches sont devenues synonymes des grandes manifestations culturelles de la ville au cours de ses 50 ans de carrière. Mais l’artiste graphique italien, arrivé ici par hasard à 19 ans, a aussi touché à la photographie, à l’illustration et à la bande dessinée. C’est ce qu’on découvre dans le livre abondamment illustré que lui consacre Marc H. Choko, professeur émérite de l’UQAM, et dont la mise en pages et la couverture, réalisées par l’agence de design Paprika, reflètent fidèlement le style épuré, contrasté et plein d’humour de celui qui signait simplement de son prénom.

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Sapiens : Une brève histoire de l’humanité, par Yuval Noah Harari, Albin Michel, 512 p., 36,95 $

Pour qui fait partager ses lectures

Sur les six espèces d’hominidés qui peuplaient la Terre il y a 100 000 ans, seule celle de l’Homo sapiens a survécu. Selon l’historien Yuval Noah Harari professeur à l’Université hébraïque de Jérusalem, ce serait grâce à sa faculté d’inventer des histoires et de les transmettre, de créer des mythes rassembleurs qui mènent à de grandes réalisations communes. C’est dans cette perspective que l’auteur refait l’histoire de l’humanité en accéléré, en posant une question de fond : l’évolution nous a-t-elle rendus plus heureux ? De quoi alimenter les discussions à la table du réveillon.

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Tommy l’enfant-loup, par Samuel Archibald, et Le deuxième étage de l’océan, par Carle Coppens, Le Quartanier, 80 p. et 14,95 $ chacun

Pour qui lit avant d’éteindre

Les histoires à dormir debout, c’est un peu la marque distinctive des éditions Le Quartanier, qui ont décidé d’offrir aux jeunes lecteurs (et aux moins jeunes) une série de récits hors du commun. Et pour inaugurer leur collection « Porc-épic » de façon… épique, ils ont choisi le plus stupéfiant des raconteurs : Samuel Archibald. L’auteur d’Arvida se penche sur le cas étrange de Tommy, l’enfant-loup, petit sauvage trouvé dans les forêts du Saguenay, qui remontera à ses origines grâce à l’aide du vieux Bill Bilodeau, protecteur des animaux (dont on nous promet bientôt de nouvelles aventures).

La verve truculente de Samuel Archibald est admirablement servie par les illustrations de Julie Rocheleau, qui a aussi mis en images un adorable conte en vers libres de Carle Coppens — l’autre titre de la collection, l’histoire d’un garçon que personne n’écoute, jusqu’au jour où il emprunte un escalier invisible qui le mène tout droit au deuxième étage de l’océan. Textes et images ont la facture des classiques de la littérature enfantine, si bien que petits et grands n’hésiteront pas à en faire leur livre de chevet. Bonne nuit, beaux rêves !

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J’adore vos présentations et critiques, de quoi donner envie de posséder tous ces livres.
Je suis à lire celui de Dominique Fortier, superbement écrit, il se lit comme l’oeil peut se réjouir devant une fine dentelle, vous avez raison. Merci!