Culture

Stéphanie Lapointe : Blanche dans Les filles de Caleb

Les filles de Caleb, avec aussi Luce Dufault, Daniel Boucher, Bruno Pelletier, etc. Théâtre Saint-Denis, à Montréal, à compter du 13 avr., 514 790-1111. Autres salles et dates : www.lesfillesdecaleb.com

Stephanie-LapointeC’est une chanteuse plus mate que flamboyante, réservée, cultivée, déterminée. Quand Stéphanie Lapointe parle, un ruban de satin se déroule ; quand elle chante, un oiseau marche sur les feuilles. La gagnante de Star Académie 2004 cite ses figures tutélaires : Françoise Hardy, Serge Gainsbourg, Jane Birkin — « la vague d’artistes français qui ont fait les choses autrement » —, et les Québécois et Acadienne qui l’inspirent : Pierre Lapointe, Chloé Sainte-Marie, Marie-Jo Thério. Pendant qu’on espère son troisième album, qu’elle annonce acoustique, elle interprète Blanche dans Les filles de Caleb.

C’est une chanteuse plus mate que flamboyante, réservée, cultivée, déterminée. Quand Stéphanie Lapointe parle, un ruban de satin se déroule ; quand elle chante, un oiseau marche sur les feuilles. La gagnante de Star Académie 2004 cite ses figures tutélaires : Françoise Hardy, Serge Gainsbourg, Jane Birkin — « la vague d’artistes français qui ont fait les choses autrement » —, et les Québécois et Acadienne qui l’inspirent : Pierre Lapointe, Chloé Sainte-Marie, Marie-Jo Thério. Pendant qu’on espère son troisième album, qu’elle annonce acoustique, elle interprète Blanche dans Les filles de Caleb.

On dit des artistes qui se joignent à des comédies musicales, comme de ceux qui font des albums de Noël, que leur carrière va mal. C’est le cas de la vôtre ?

— Quand on m’a contactée, il est vrai que je ne m’y voyais pas. Mon copain [Dominique Laurence, réalisateur] m’a dit : « Toi qui, en ce moment, ne souhaites pas te produire sur scène en solo, mais veux être sur les planches dans des œuvres plus théâtrales, c’est l’occasion. » Entre autres de faire l’apprentissage de la parole sur scène, car il y a presque autant de dialogues que de lignes chantées. Et puis, c’est tout de même Michel Rivard qui signe les chansons.

Photo : Jocelyn Michel
Photo : Jocelyn Michel

Qu’est-ce qui vous a intéressée dans le personnage de Blanche ?

— C’est une fille à forte tête. Mais cela ne reste qu’une enveloppe, si on n’a pas la possibilité d’explorer ce que cache cette force, les blessures qui la constituent. Blanche n’est pas capable d’aimer : ses parents, Émilie et Ovila, qui avaient tout pour eux, n’ont pas réussi leur vie de couple. Je trouve qu’il y a quelque chose de très contemporain là-dedans. Avez-vous lu Le mariage d’amour a-t-il échoué ?, de Pascal Bruckner ? Un ouvrage important pour ceux qui ont envie de réfléchir sur la vie à deux.

Vous avez participé à des opérations de coopération en Afrique et en Haïti : certaines personnes n’ont-elles pas vu un opportunisme dans votre engagement ?

— Je n’ai pas envie de me défendre de mon action, mais je suis d’accord avec ceux qui disent que s’associer à des initiatives humanitaires relève d’une part d’égoïsme. On pense qu’on va à la rencontre de l’autre, mais on ne va que chercher des choses au fond de soi. J’ai vu des camps de déplacés dans différents pays, et mon regard sur le monde et la vie s’en est trouvé modifié.

Votre métier ne vous suffit donc pas ?

— Je n’ai jamais voulu me faire avaler par un métier où un jour tu fais la première partie de Jane Birkin à la Place des Arts et le lendemain tu es toute seule dans ton appartement à attendre que le téléphone sonne.

L’ascension du Kilimandjaro pour Care Canada, un documentaire sur le Darfour, des webreportages tournés en Haïti, un rôle de cocaïno­mane dans le prochain film de Gabriel Pelletier (La peur de l’eau), un album en cogitation… Pourquoi tant de choses différentes ? Vous ne voulez pas que l’on vous saisisse ?

— C’est surtout parce que j’ai du mal à tolérer le vide. La petite fille dans La folle allure, de Christian Bobin, dit : « Il nous faut mener double vie dans nos vies… » J’aurais aimé être journaliste sur le terrain, animatrice d’émissions culturelles, tant d’autres choses. Et je rêve de faire du théâtre, s’il se trouve un metteur en scène assez courageux pour engager une chanteuse avec juste un peu d’expérience dans le jeu, acquise au cinéma (Aurore) et à la télé (Le négociateur).

Ne faudra-t-il pas monter le volume de votre voix si vous voulez faire du théâtre ?

— Vous seriez étonné : des petites cages thoraciques peuvent sortir des voix puissantes !

• Les filles de Caleb, avec aussi Luce Dufault, Daniel Boucher, Bruno Pelletier, etc. Théâtre Saint-Denis, à Montréal, à compter du 13 avr., 514 790-1111. Autres salles et dates : www.lesfillesdecaleb.com