Culture

L’or des autres: Malartic passe Osisko dans le tordeur

Les compagnies minières ne doivent pas porter les documentaristes québécois dans leur cœur en ce moment! Après Le prix des mots, documentaire choc sur le procès pour diffamation intenté par deux géants aurifères contre la petite maison d’édition Écosociété, voici L’or des autres, un autre brûlot qui passe à tabac un géant minier. Cette fois, c’est Osisko qui trône au centre de la controverse. Le film est sorti en DVD le 24 janvier.

Réalisé par Simon Plouffe, ce documentaire fait état du drame humain causé par l’aménagement — en pleine ville — de ce qui devrait devenir la plus grande mine d’or à ciel ouvert du Canada. Le cinéaste a pointé son objectif sur les résidents de Malartic qui ont été forcés de quitter leur maison pour céder la place à Osisko.
Si certains ont volontiers déménagé, en acceptant les modalités offertes par l’entreprise, d’autres ont vécu ce déracinement avec beaucoup plus de difficulté. Visiblement plus attachés à leur maison et à leur quartier, ces derniers ont laissé derrière non seulement quatre murs et un toit, mais aussi un patrimoine familial.
Simon Plouffe a méticuleusement documenté les étapes de ce grand dérangement abitibien. Il a donné brièvement la parole à ceux qui étaient en faveur du déménagement, puis s’est concentré sur les opposants, dont un — Ken Massé — a résisté à Osiskoi jusqu’à ce que la police vienne le sortir de sa maison manu militari. Chez lui, les concepts de «repartir à zéro» et de «deuxième souffle offert à Malartic» véhiculés par ses concitoyens en faveur du projet, n’ont pas trouvé écho.
Le cinéaste orginaire d’Abitibi a filmé la démolition de plusieurs maisons, ainsi que l’impressionnant déménagement de certaines autres, le tout entrecoupé de témoignages peu flatteurs à l’égard d’Osisko. Les images sont percutantes, le propos, acéré.
Et le point de vue du géant minier dans tout ça? On ne l’entendra jamais. On ne sait pas si Simon Plouffe a tenté de l’obtenir. On n’a pas vu non plus de quoi avait l’air le nouveau quartier où les expropriés ont été relocalisés.
Qu’un documentariste ne montre qu’un seul côté de la médaille, c’est son droit le plus strict. Mais en montrant les deux côtés de la médaille, Plouffe aurait pu fournir au public les éléments pour que celui-ci se forge sa propre opinion. Il a choisi de ne pas le faire.
Il reste qu’on ne peut que s’incliner devant la capacité d’indignation d’un groupe de citoyens, et devant la résistance de certains autres. Si leur témoignages avaient pour but de faire réfléchir sur les façons de faire des grandes entreprises, le pari est réussi. Surtout que cinq autres villes québécoises pourraient subir le même sort que Malartic, nous apprend Plouffe.

Pour ceux que ça intéresse, voici l’une des nombreuses ripostes d’Osisko.

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