Culture

Léane Labrèche-Dor dans « Les muses orphelines »

Photo : Alexandre Chabot

On ne fera pas semblant que Léane Labrèche-Dor ne ressemble pas à Marc Labrèche. Elle en a le nez, les yeux, des bribes d’ADN. «Mon père m’a probablement élevée en règle de trois?: punch, punch, punch.» Elle parle vite, sait être espiègle — génétique oblige —, solennelle s’il le faut, bouillante toujours. Elle a 24 ans, un frère doté d’une maîtrise en histoire et une grand-mère (Michelle Labrèche-Larouche, chroniqueuse à Alors on jase?!) comme meilleure attachée de presse?: «Peut-être ne suis-je pas objective, dit celle-ci, mais l’étendue de ses dons me bouleverse.» C’est vrai que les fées penchées sur son berceau n’ont pas lésiné?: Léane joue du piano, chante, danse, écrit, peint. Ado, elle a même gagné des compétitions de gymnastique.

«Ça m’a longtemps fait suer de savoir faire beaucoup de trucs, mais de ne pas exceller dans un seul.» Aujourd’hui, elle met à contribution plusieurs de ses talents lors des soirées de cabaret que propose sporadiquement le comédien David Michaël, avec lequel elle forme un duo comique qui «chante, danse et niaise».

À sa sortie de l’École nationale de théâtre, fin printemps 2012, la comédienne espérait au mieux jouer une soubrette de Molière, parcours normal de débutante. Mais La Roulotte et son théâtre pour jeunes publics (Peter Pan) l’attendaient dans les parcs de Montréal. À l’automne sont venus Le ventriloque, au Théâtre de Quat’Sous, et 30 vies, à la télé. «J’avais planifié une année de perfectionnement (mythologie, lecture à vue, doublage)?; j’avais même envisagé de travailler dans un bar pour me ramasser du comptant et partir en voyage.» La chance, qui a fait dévier ses plans, lui sourit de nouveau?: elle interprète Isabelle, une attardée mentale, moteur de l’intrigue des Muses orphelines, de Michel Marc Bouchard.

Si elle se dit hyperdisciplinée quand il s’agit du travail, «dans [s]a vie, c’est le bordel». «On peut savoir qui je suis par mes cheveux?: de loin, ça a l’air correct, mais de près, on constate qu’ils sont emmêlés.» Elle avoue un talent — un autre?! — pour «s’habiller en mou» et manger des Cheerios en regardant des films de filles. «Douée pour ne rien faire.»

Elle chuchote, comme si rêver tout haut l’intimidait?: «Je me verrais bien interpréter les grands rôles shakespeariens masculins?: Richard III, Iago, etc. Je pense que je suis une tragédienne.» Entre autres.

Les muses orphelines, avec aussi Macha Limonchik, Nathalie Mallette et Maxime Denommée, dirigés par Martine Beaulne, Théâtre Jean-Duceppe (Place des Arts), à Montréal, du 20 févr. au 30 mars, 514 842-2112.