Culture

Alexandre Despatie devient animateur télé

L’ex-plongeur étoile, qui a annoncé cette semaine sa retraite du monde de la compétition, coanimera une toute nouvelle émission matinale en anglais à City TV. Notre journaliste s’est entretenu avec celui qui aura au final consacré 22 années de sa vie au plongeon.

Photo : Graham Hughes / Presse canadienne
Photo : Graham Hughes / Presse canadienne

Quand il a annoncé sa retraite du plongeon, mardi, devant une nuée de journalistes réunis en conférence de presse, Alexandre Despatie s’est borné à dire qu’il comptait faire carrière « dans le domaine des communications ».

Mais il brûlait d’impatience de dévoiler un secret connu de ses proches depuis quelque temps : il deviendra bientôt animateur à la télé.

Dès le mois d’août, il copilotera, avec l’ex-reporter de CBC Joanne Vrakas, une toute nouvelle émission quotidienne matinale en anglais sur la chaîne City TV (propriété de Rogers Media, qui possède aussi L’actualité). Diffusée en semaine de 6 h à 9 h, Breafkast Television sera la version montréalaise d’une émission déjà diffusée à Toronto, Winnipeg, Edmonton, Calgary et Vancouver. Despatie, Vrakas et leurs collaborateurs parleront, d’un ton décontracté, de nouvelles locales, de météo, de circulation et, bien entendu, de sport.

« Je ne pouvais pas demander mieux : pour moi, c’est l’occasion de réaliser un rêve », dit l’ex-plongeur étoile, rencontré lors d’une séance photo organisée pour promouvoir sa nouvelle émission, qui sera produite dans un studio de la rue McGill College, au centre-ville de Montréal.

Même s’il a consacré 22 ans de sa vie au plongeon, Despatie jure ne pas avoir eu de difficulté à fermer ce qu’il décrit comme un « chapitre » dans sa vie. « Il ne faut pas avoir peur du changement. Je me suis toujours dit que je le sentirais quand l’heure de ma retraite sonnerait. Quand l’offre de City TV est arrivée, je savais dans mon cœur que j’étais prêt. »

Despatie sait qu’une partie du public s’étonnera de le voir animer une émission en anglais. « J’y ai pensé avant d’accepter, dit-il. Mais je suis vraiment à l’aise en anglais. Dès l’âge de 8 ans, j’ai commencé à voyager à l’extérieur du Québec pour des compétitions et ça se passait toujours en anglais. Je me suis dit que si je ne l’apprenais pas rapidement, ça allait être long. Comme je ne voulais pas avoir d’accent, j’ai beaucoup écouté, beaucoup travaillé. J’aime les langues. On est une province bilingue, il faut en profiter. »

Celui qui a vécu plusieurs «blues» post-olympiques se dit chanceux d’entamer sa nouvelle carrière si rapidement, sans avoir à vivre de période creuse.

Aux amis qui tentent en vain de le joindre au téléphone, ces jours-ci, Alexandre Despatie se surprend à dire, en les rappelant: « Excuse-moi, je travaillais !».

« Ça fait drôle… Depuis que je suis tout petit, je dis à mes amis que je m’entraîne, dit-il. Le mot travail est tout nouveau dans mon vocabulaire. »

Et il ne s’en plaint pas, bien au contraire.

« J’aime le défi de bâtir quelque chose à partir de zéro. Mes amis me demandent comment je vais faire pour me lever à 3 h 30 du matin. Ça ne me fait pas peur. J’ai vécu une carrière d’athlète. Après tous les obstacles, toutes les compétitions, toutes les blessures que j’ai vécus, penses-tu que me lever à 3 h 30 m’effraie ? Les challenges, bring it on ! »

Même s’il est un habitué des plateaux de télé, Despatie sait qu’il devra apprendre un tout nouveau métier. Et il sera bien entouré. Son nouveau patron à City Montréal, Bob Babinski, a une longue feuille de route en journalisme télé. Longtemps présentateur sportif à la télévision de CBC, il enseigne le journalisme à l’Université Concordia et a donné une série de formations sur l’art du direct aux employés de Radio-Canada d’un océan à l’autre.

Mais le stress de la «performance» n’inquiète guère Despatie. « En tant qu’athlète, je n’ai jamais eu peur avant les compétitions, dit-il. Je me disais que j’allais être bon si j’étais bien préparé. J’aborde la télé de la même façon. J’ai toujours marché au feedback. Je suis un perfectionniste. On peut toujours s’améliorer… »