Culture

Le disque : «À la croisée des silences», de Chloé Sainte-Marie

Transposer en musique les mots nus des poètes est un pari osé. Mais le défi a été relevé avec brio par Chloé Sainte-Marie, qui n’en est pas à son coup d’essai.

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Photo : ©Pierre Dury/C.C. 3.0

Transposer en musique les mots nus des poètes est un pari osé.

Hormis Léo Ferré, Serge Reggiani et quelques autres, beaucoup s’y sont cassé les dents. Mais le défi a été relevé avec brio par Chloé Sainte-Marie, qui n’en est pas à son coup d’essai.

Réalisé par Réjean Bouchard, À la croisée des silences est un beau recueil. Une voix sibylline, des compositions léchées et les textes d’une constellation de poètes québécois pour combustible : Anne Hébert, Paul-Marie Lapointe, Roland Giguère, Fernand Ouellette, pour ne citer qu’eux.

Un album folk résolument contemporain, duquel se dégage une touchante intimité. Le passage du temps mais aussi la perte de l’être aimé (le réalisateur Gilles Carle), après 27 ans de vie commune, n’y sont évidemment pas étrangers.

Un vase clos émouvant, pour un opus dans lequel on s’enferme volontiers à double tour. Chaque poème se moule dans son « corps » sonore, grâce aux compositions distillées par Sylvie Paquette et Yves Desrosiers.

Les 23 titres sont finement ciselés, servis par une complicité évidente avec les musiciens invités. Larguez les amours.

(Chloé Sainte-Marie / À la croisée des silences)