Culture

Du rap féminin à Kaboul

Paradise Sorouri est la première femme à rapper en Afgha­nistan. Elle enregistre encore ses chansons en catimini dans la capitale et y vit recluse, car elle se sent sérieusement menacée.

Paradise Sorouri (Photo : Delphine Renou)
Paradise Sorouri (Photo : Delphine Renou)

Elles sont rappeuses, danseuses, gouverneures, boxeuses, graffiteuses, certaines se risquent même à conduire une voiture. A priori, rien d’anormal, si la scène ne se déroulait pas à Kaboul, où la condition des femmes est encore délicate. Dans le webdocumentaire Kabul Women, la photographe française Delphine Renou montre leur combat quotidien, révélateur des remous au sein de la société afghane. Depuis 2012, elle brosse progressivement un autre portrait de cet État d’Asie centrale ; d’abord dans un reportage photo, puis dans un film court montrant la beauté du pays à travers le regard de ses habitants, enfin dans ce documentaire sur des Afghanes qui ont décidé de s’affranchir de leur situation. Comme Paradise Sorouri, la première femme à rapper en Afgha­nistan. Si elle n’hésite pas à se produire sur scène lors de manifestations publi­ques, elle enregistre encore ses chansons en catimini dans la capitale et y vit recluse, car elle se sent sérieusement menacée. Son rap frontal, engagé, dénonce les violences faites aux femmes et leurs conditions de vie.

Kabul Women a besoin de partenaires et de fonds supplémentaires pour être terminé et largement diffusé. On peut déjà en voir des extraits sur Internet, et la version longue et sous-titrée en plusieurs langues y sera librement accessible à terme.