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Balade en Musulmanie québécoise

Ils sont nés à Alger, Bagdad ou Shawinigan. Certains vont à la mosquée tous les jours, la plupart à peine une fois par année. 

Roger Lemoyne
Le Petit Maghreb, à Montréal, est né du désir des commerçants d’avoir un «quartier», comme le Quartier chinois et la Petite Italie. Quand il y a un match de foot de l’équipe algérienne, la clientèle des cafés déborde sur les trottoirs! (Photo: Roger Lemoyne)

Si vous avez l’impression qu’il y a plus de musulmans au Québec qu’il y a 25 ans et que la pratique de leur religion est plus apparente, vous avez raison. À l’ouverture de la première mosquée au Québec, en 1965, à Saint-Laurent, ils étaient moins de 5 000. On en dénombre aujourd’hui près de 300 000. Et 140 lieux de culte.

La plupart des musulmans du Québec sont d’origine algérienne, marocaine ou libanaise, les autres viennent… de la moitié des pays de la planète! Ils parlent wolof, farsi, arabe, berbère, français, serbe, bosniaque, et leurs rites (les Maliens et les Turcs prient en dansant, les soufis chantent) les rendent aussi désunis et divers que les chrétiens.

Jean-Benoît Nadeau est parti à la rencontre de ces commerçants, employés de bureau, ouvriers, chauffeurs de taxi, informaticiens, avocats. Leurs préoccupations sont-elles différentes de celles des autres Québécois? Réponse en sept tableaux.

Dans une mosquée près de chez vous

Dans leurs prêches du vendredi, à Montréal, Gatineau ou Québec, les imams se plaignent que le foot est plus populaire que la mosquée! Et les centres islamiques, qui font le même type de travail social et religieux que les paroisses chez les chrétiens, ont le même problème qu’elles: ils se font concurrence pour attirer les fidèles, qui ne se bousculent pas au portillon.

Sur les 300 000 musulmans du Québec, combien sont pratiquants ou croyants? Il n’existe aucune statistique fiable à ce sujet. Mais les quelque 15 000 places que comptent les 140 mosquées et salles de prière sont rarement toutes occupées…

Philippe Bégin Garti, avocat de Shawinigan converti à l’islam depuis 2009, estime qu’environ 10 % des musulmans du Québec fréquentent une mosquée régulièrement — la moitié moins, en proportion, que les catholiques pratiquants.

Comme bien des catholiques qui vont à la messe même si leurs idées sur l’avortement, le mariage homosexuel ou le suicide assisté sont contraires aux dogmes de l’Église, la plupart des musulmans pratiquants auxquels j’ai parlé ont des convictions opposées à celles de l’imam. Leurs sensibilités religieuses sont très diverses. Les seuls qui parlent d’une communauté au singulier (l’oumma) ne sont ni les plus religieux ni les plus croyants, mais les plus intégristes et les plus islamistes, et ils sont archiminoritaires.

Combien parmi les plus religieux et les plus conservateurs vont jusqu’à l’intégrisme? L’estimation la plus courante est de 3 % des 300 000 musulmans québécois. Ceux qui auraient une tendance au djihadisme: 3 % des plus radicaux. C’est dire que 97 % des musulmans québécois n’ont rien à voir avec les intégristes. Et que 99,9 % n’ont rien à voir avec les djihadistes.

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Philippe Bégin Garti et une trentaine de familles ont entrepris en 2013 des démarches pour obtenir une salle de prière à Shawinigan. Ils ont été exaucés en 2015. (Photo: Roger Lemoyne)

Musulmans au travail

Ce n’est pas Majdi Dridi qui va réclamer une salle de prière au bureau. «Je fais mes prières chez moi», dit cet informaticien d’origine tunisienne, arrivé à Québec en 2009.

On ne peut l’accuser d’être un mécréant: le trentenaire est président du comité de gestion du centre communautaire MAC-Québec (Muslim Association of Canada), une salle de prière du quartier Saint-Roch, à Québec.

À ses collègues et amis, Majdi Dridi doit souvent expliquer certains usages, concernant l’alcool, le ramadan et les relations sexuelles interdites avant le mariage. Le plus contraignant, pour lui? Les repas au restaurant. «Pas d’alcool, pas de porc pour moi. Mais ce n’est pas pire qu’un végétarien ou une personne qui a une allergie alimentaire», dit-il.

À l’école de langue arabe

Mes premiers contacts suivis avec les Arabes et les musulmans du Québec, je les ai eus dans les classes de langue arabe de l’UQAM, que je fréquente depuis quatre ans en prévision de l’écriture d’un bouquin. En général, chaque classe de 30 compte un tiers d’étudiants d’origine «arabe». Dans le cours qui portait sur la civilisation arabo-musulmane, ils étaient nettement plus nombreux — au moins la moitié d’une classe de 60, dont quatre barbus et trois jeunes femmes portant le hidjab, la plupart désireux de découvrir leur culture ancestrale.

Le cours couvrait 16 siècles d’histoire, de Mahomet au printemps arabe. Dès le deuxième cours, un certain nombre d’étudiants ont discuté de la légitimité du successeur du prophète — question à l’origine des divisions entre sunnites et chiites. Et donc du conflit actuel entre l’Iran et l’Arabie saoudite!

Il y a quelque chose d’un peu surréaliste à entendre de jeunes Montréalais ou Lavallois nés dans les années 1990 débattre des tenants et aboutissants de la bataille du Chameau, qui opposa, il y a 13 siècles, près de l’actuelle ville irakienne de Bassora, les fidèles d’Ali (gendre du prophète et fondateur de la branche chiite) à ceux d’Abou Bakr (beau-père du prophète et fondateur de la branche sunnite). Mais la question a son importance: elle tou­che à la légitimité de ceux qui interprètent le Coran.

Si on voulait faire une comparaison avec le christianisme, on pourrait dire que les chiites ont, un peu comme les catholiques, une conception verticale de la religion: l’interprétation du Coran et du droit appartient à une hiérarchie religieuse, en partie héréditaire. Chez les sunnites, l’autorité religieuse n’est pas transmise par les liens du sang ou les liens hiérarchiques, mais par l’autorité que les croyants confèrent à une personne — comme chez les protestants. Mais toute comparaison a ses limites, ne serait-ce que dans les rapports de force: dans l’islam, les sunnites sont presque 10 fois plus nombreux que les chiites — l’inverse du rapport entre catholiques et protestants.

Le Petit Maghreb

Le Petit Maghreb se trouve au nord de chez moi, le long de la rue Jean-Talon, à Montréal, entre les boulevards Saint-Michel et Pie-IX.

Il s’agit avant tout d’une centaine de commerces orientaux — cafés, épiceries, pâtisseries, agences de voyages, boutiques — dont les propriétaires sont d’origine arabe. Au coin de la 17e Avenue, il y a aussi une petite mosquée anonyme dans un immeuble locatif en brique jaune. Et au coin de la 16e, une salle de prière peu fréquentée, logée dans un ancien dépanneur.

Au milieu des années 2000, un regroupement de commerçants a voulu créer un «quartier», comme le Quartier chinois et la Petite Italie — statut que la Ville leur a accordé en 2009. Depuis, pas grand-chose… Mais l’étiquette de Petit Maghreb est restée. La centaine de commerces aussi. Quand il y a un match de foot de l’équipe algérienne, la clientèle des cafés déborde sur les trottoirs et parfois dans la rue.

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Mohamed Belaroussi (avec une casquette) occupe les jeunes à la sortie des classes, une façon de prévenir la délinquance. (Photo: Roger Lemoyne)

Le commerce le plus fréquenté est le café Safir, rue Jean-Talon, qui a détrôné depuis longtemps la mosquée comme plaque tournante de la vie sociale. C’est ici que j’ai rencontré Mohamed Belaroussi, médiateur urbain de Tandem VSP, un organisme sans but lucratif voué à la sécurité urbaine dans les quartiers à forte présence immigrante (Villeray, Saint-Michel, Parc-Extension, d’où le sigle VSP).

Le rôle de Mohamed Belaroussi, un gaillard dans la trentaine, est d’intervenir auprès des jeunes, garçons et filles, afin de prévenir la délinquance à la sortie des classes, dans les parcs, les cafés, les ruelles. «Je leur dis: obtenez un diplôme, ne regardez pas ce qui se passe ailleurs, faites votre vie», formule-t-il, à la table du café. L’une de ses tâches con­siste à occuper les jeunes, les gar­çons surtout, notamment par le foot, qui les passionne tous. Le samedi, ils sont parfois une soixantaine au parc François-Perrault.

Les différences culturelles expliquent certaines frictions entre la population maghrébine, les autres habitants et la police. «Les Algériens viennent d’un pays où personne ne fait de cas de ceux qui sortent avec leur tasse et boivent leur café au bord de la rue, sur le trottoir, dans les escaliers. C’est une culture de la rue, mais ça passe moins bien ici», dit Mohamed Belaroussi.

Parmi les Maghrébins, hommes et femmes, une expression revient souvent pour décrire le quartier et ses usages: «Le Petit Maghreb, c’est le bled.» Le bled, c’est le pays, au sens de village, campagne, tradition, usages, coutumes. C’est à la tradition qu’on attribue le fait qu’il y ait si peu de femmes dans les cafés.

C’est comme il y a 30 ans au Québec, quand on a forcé les tavernes à accueillir des femmes, croit le journaliste de Radio-Canada Akli Aït Abdallah. «Malgré le “bienvenue aux dames”, je ne pense pas qu’il y avait beaucoup de femmes», dit-il.

Il n’y a pas d’interdits. «Quand il y a un match de foot de l’équipe algérienne, les femmes et les jeunes filles vont aussi le voir au café», ajoute le journaliste, qui vient à l’occasion dans le Petit Maghreb pour revoir des copains de Tigzirt sur mer, en Algérie, sa ville natale.

Au Safir, Mohamed Belaroussi est accompagné de deux ados, Mustafa et Khalid, des enfants du quartier qui étudient au collège Ahuntsic. «Le Safir, c’est le seul endroit où on peut s’attarder. Au McDo, le gérant vient nous voir si on ne prend rien», dit Khalid, qui étudie en sciences de la nature pour devenir ingénieur civil. «Tous les jeunes viennent manger au Safir, mais on peut venir sans consommer de nourriture, juste pour recharger les piles de notre cellulaire, se réchauffer.»

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      La principale préoccupation des gens, «ce n’est pas la religion, c’est l’emploi», dit d’ailleurs Mustapha Chelfi, éditeur du mensuel Alfa.

      Nous sommes à la pâtisserie La Table fleurie d’Algérie, sise en diagonale de la mosquée. Installé à l’une de ces tables surmontées d’un joli plateau en métal martelé, Mustapha Chelfi parle en sirotant un thé, tandis que je cro­que dans une corne de gazelle, une pâtisserie typiquement maghrébine à base de pâte d’amande, de cannelle et d’eau de fleur d’oranger. «Le patron, ici, a un doctorat en électronique, il a étudié à Londres», raconte l’éditeur.

      Une étude sur la discrimination à l’embauche subie par les minorités, produite en 2012 par Paul Eid, professeur au Département de sociologie de l’UQAM, montre des taux de chômage au Québec qui sont le double de ceux du reste de la population. Et jusqu’à six fois plus élevés que la moyenne québécoise pour les gens qui ont un diplôme universitaire — alors que le taux de diplomation universitaire des immigrants maghrébins est trois fois supérieur à celui de la population générale.

      Au Safir, quand on aborde la question avec le jeune Mustafa, il s’emporte. «C’est plus dur de trouver un job. Le gérant voit ton nom sur le CV et c’est non», dit le jeune homme, qui étudie en gestion des affaires et rêve de lancer des commerces, comme son père.

      Khalid n’est pas d’accord: «C’est pas toujours comme ça.» «Tu dis ça, répond Mustafa, mais j’ai vécu ça. Ils nous jugent.»

      «Ils», ce sont les «de souche».

      À Shawinigan comme ailleurs

      Philippe Bégin Garti est un «de souche». Il est né à Shawinigan, où il est revenu s’installer après quelques années à Vaudreuil. Converti à l’islam en 2009, cet avocat de 32 ans spécialisé en droit de la famille, associé du cabinet Goulet, Carbonneau et Bégin Garti, cherchait depuis un certain temps à ouvrir une salle de prière. Il en avait assez de devoir se rendre à la mosquée de Trois-Rivières.

      Avec une trentaine de familles, il entreprend en 2013 des démar­ches pour convertir un entrepôt du parc industriel. Le dossier fait son chemin à l’Hôtel de Ville.

      Survient l’attaque de Saint-Jean-sur-Richelieu, en octobre 2014: un converti radicalisé tue un militaire. Puis, la fusillade au parlement d’Ottawa, qui cause la mort d’un autre militaire. Et en janvier, la tuerie de Charlie Hebdo, en France. Le surlendemain, dans un autre attentat, quatre Français d’origine juive sont exécutés dans une épicerie de la banlieue parisienne.

      À Shawinigan, un groupe de résidants panique et fait pression sur les élus. Ceux-ci décident de ne pas autoriser le changement de zonage. Ils mettront deux mois avant de permettre au groupe d’ouvrir une salle de prière, dans un ancien magasin du quartier Saint-Marc, à cinq minutes du centre-ville.

      En février 2015, alors que Shawinigan faisait parler d’elle dans le monde, je m’étais entretenu avec un Philippe Bégin Garti dépassé par les événements. «Aux yeux de certains de nos concitoyens, on passe pour des terroristes, disait-il. Les extrémistes, eux, considèrent les musulmans modérés, comme nous, comme des ennemis.»

      Entre l’arbre et l’écorce

      Durant l’hiver 2015, la tentative de l’imam Hamza Chaoui d’ouvrir un centre islamique dans l’est de Montréal a soulevé la polémique. L’arrondissement a modifié le règlement concernant les centres communautaires pour en exclure l’enseignement religieux, tuant dans l’œuf l’initiative.

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      Haroun Bouazzi encourage les musulmans à adapter leur foi aux valeurs du pays. (Photo: Roger Lemoyne)

      Et il a eu tort, croit Haroun Bouazzi, coprésident de l’Association des musulmans et des Arabes pour la laïcité au Québec (AMAL-Québec). «Les autorités ont voulu le faire taire, ou plutôt faire taire une tempête médiatique», dit cet architecte d’affaires dans une institution financière canadienne, qui recevait en décembre 2015 le prix Hommage pour les 40 ans de la Charte des droits et libertés de la personne. Les discours de l’imam semblent légaux et nous aurions plus à gagner qu’à perdre en les aérant à l’oxygène du débat public. «À la place, nous l’avons confiné à la clandestinité et nous avons ouvert la porte de l’interdiction arbitraire de lieux de cultes.»

      Haroun Bouazzi est le premier à dire que tout croyant a l’obligation d’adapter sa foi aux lois du pays, en particulier aux principes de la laïcité. Mais on ne peut empêcher les gens d’être conservateurs. Tenter d’influencer la société dans les limites de la loi fait partie du jeu démocratique. Il cite le cas de l’Église catholique, qui a fait pression sur le débat public dans le dossier du mariage des homosexuels ou du suicide assisté, qu’elle condamne.

      «L’enjeu, c’est la deuxième génération», dit Monsef Derraji, président du Congrès maghrébin au Québec, un groupe de réflexion sur l’intégration des Maghrébins dans la société québécoise, et depuis septembre 2015 PDG du Regroupement des jeunes chambres de commerce du Québec.

      «La première génération a fait un sacrifice qu’elle accepte, poursuit Monsef Derraji. Si la jeune génération ne trouve pas d’emplois et qu’elle est aux prises avec les mêmes préjugés que ses parents, il y a un danger de récupération des jeunes par l’extrémisme, la délinquance, les gangs de rue, le crime organisé. Comme en France.»

      Derrière le voile

      Une musulmane sur cinq porte le foulard au Québec. Trois sur quatre chez les converties…

      «Il y a 30 ans, porter le foulard était un geste politique. Maintenant, des femmes le font par tra­di­tion, par désir de respectabilité», dit Rachad Antonius, professeur au Département de sociologie de l’UQAM. «Il est faux d’associer foulard et soumission. Bien des femmes ont renversé le sens du foulard et même du voile. Certaines le portent très maquillées, de toutes les couleurs possibles, avec des robes ajustées. On n’est plus dans la modestie extrême: on est dans autre chose.»

      De mes conversations avec de nombreuses musulmanes, voilées ou non, il ressort que le foulard islamique est sujet à polémique tant chez les musulmans que dans le reste de la société. Tout comme la place des femmes dans l’islam!

      Dans les centres islamiques, des associations religieuses qui gèrent les mosquées ou les salles de prière, nombre de femmes réclament de pouvoir organiser autre chose que l’iftar (le repas servi après le coucher du soleil durant le ramadan) et exigent qu’on leur ouvre les portes des conseils d’administration, voire qu’elles fassent l’appel à la prière ou conduisent la prière.

      «Les mosquées sont très différentes les unes des autres», dit Shahad Salman, avocate dans la vingtaine, née au Québec de parents irakiens, et attachée aux affaires universitaires au Centre de génomique et politiques de l’Université McGill. «À ma mosquée, les femmes font partie du conseil de direction.»

      Le fait est que dans bien des mosquées, les femmes sont reléguées dans des espaces distincts, où l’on entend mal la prière et le prêche.

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      «Des groupes religieux travaillent activement à inviter les femmes à suivre des préceptes coraniques. C’est courants», dénonce Khadija Darid. (Photo: Roger Lemoyne)

      Ce n’est pas la religion qui l’impose, ce sont les hommes, dit Shams Al-Habib, Égyptienne qui a immigré il y a huit ans avec son mari, pédiatre, et leurs deux garçons, et qui a ouvert une clinique de thérapie holistique à Mont­réal. Maître soufie, la bran­che ésotérique de l’islam, Shams Al-Habib ne voit rien dans le Coran qui dit que la femme doit être reléguée aux fonctions subalternes. «Ce sont des idées de Bédouins wahhabites. On n’avait même pas ces idées-là en Égypte.»

      Il y a bel et bien une recrudescence du conservatisme dans l’islam, dit la fondatrice de l’organisme Espace féminin arabe, Khadija Darid. Cette femme de 52 ans a vu passer tant des musulmanes que des chrétiennes ou des juives depuis 2004. «Certains groupes religieux travaillent activement à inviter les femmes à suivre des préceptes coraniques. Il y a des groupes de femmes qui se réunissent et plusieurs d’entre elles en ressortent voilées. C’est courant.»

      L’avocate Shahad Salman, qui porte le hidjab avec élégance et de son plein gré, ne nie pas que les musulmanes sont soumises à diverses pressions sexistes. Des pressions d’autant plus fortes que les plus conservateurs utilisent la théologie pour se justifier. «Mais ça vient de la culture, pas de la religion. En réalité, l’égalité est présente dans l’islam depuis toujours et il faut montrer cet équilibre. Dans l’islam, l’éducation de la femme est aussi une obligation importante.»

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      L’islam au Québec

      • La population musulmane est moindre que la population protestante (450 000), mais largement supérieure aux chrétiens orthodoxes (130 000), aux juifs (85 000) et aux hindous (33 000), qui forment, avec les catholiques (5,7 millions), les six principales confessions au Québec.
      • 2 000 enfants fréquentent l’une des 10 écoles islamiques privées du Québec, soit 3 % des 63 000 jeunes «musulmans» de 19 ans et moins.
      • Part des musulmanes portant le foulard au Québec: 20 %, dont 75 % chez les nouvelles converties
      • Nombre de femmes portant le voile intégral (niqab): de 30 à 50
      • Nombre de femmes ayant refusé de prêter le serment de citoyenneté à visage découvert depuis 2011: 2

      (Sources: Statistique Canada, ministère de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion du Québec, Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse, Frédéric Castel)