Julie Le Breton en trois questions
Culture

Julie Le Breton en trois questions

La comédienne remonte ce mois-ci sur les planches du Théâtre du Rideau Vert dans Trahison, une pièce du dramaturge anglais Harold Pinter, dans laquelle elle interprète une femme au cœur d’un triangle amoureux.

L’amant de votre personnage est incarné par François Létourneau, avec qui vous avez joué dans le film Paul à Québec. C’est un tandem qui fonctionne ?

Oui ! Cette pièce a d’ailleurs émergé du désir de retravailler avec François. C’est un acteur formidable. Il connaissait bien Pinter, qu’il avait déjà joué, et il avait envie de faire un théâtre qui ne venait pas de lui-même. Le troisième personnage est joué par Steve Laplante. C’est quelqu’un de très « groundé », ce qui sied bien à son personnage [Robert, le mari]. C’était un choix de comédien très judicieux. On travaille bien tous les trois.

Que vous inspire le texte de Pinter ?

Je suis tombée sous le charme de cet auteur, que je trouve très énigmatique. Au début, j’avais l’impression de ne pas avoir les clés pour le comprendre, puis avec le temps, j’ai compris que justement, ce qui est intéressant avec Pinter, c’est de ne pas avoir les clés. Trahison est sa pièce la plus accessible. On commence par parler d’infidélité, puis de trahisons au pluriel. C’est très théâtral comme écriture, mais il faut rester dans le non-dit, dans le mystère, et ne pas jouer le mélodrame.

Comment travaillez-vous votre jeu pour le personnage d’Emma, la femme infidèle ?

On n’a pas changé l’époque de la pièce, qui se passe au début des années 1970, mais on a gardé notre regard contemporain. Emma quitte une certaine domesticité pour aller sur le marché du travail, et elle s’émancipe à l’extérieur du regard de l’homme. C’est encore très actuel comme sujet. Emma a souvent été jouée en femme froide, comme si elle devait être coupée de ses émotions. Je veux au contraire la rendre très féminine, vibrante, amoureuse et vivante…

Jusqu’au 9 juin au Théâtre du Rideau Vert.