Cirque du Soleil : percer le mystère des oh ! et des ah !
Culture

Cirque du Soleil : percer le mystère des oh ! et des ah !

Notre journaliste a servi de cobaye dans une expérience menée pour le Cirque du Soleil visant à comprendre ce qui se passe dans la tête de ses spectateurs. Les résultats de ces recherches montrent que l’émerveillement a des effets plus profonds qu’on le pense !

J’ai l’impression qu’on me visse quelque chose dans la tête. Je viens d’enfiler un drôle de casque de bain qui me semble rescapé des années 1940, sur lequel sont fixées des lumières style Lite-Brite. Pour qualifier ma coiffe, j’hésite entre Esther Williams dans Le bal des sirènes et Sylvie Fréchette dans sa piscine olympique.

Jared, jeune assistant de recherche, fixe une électrode après l’autre sur mon cuir chevelu, entourant chacune d’une gelée saline pour qu’elle y adhère. « On vous recommande d’applaudir le moins possible pour ne pas faire bouger le casque », dit-il.

Ah, juste ça !

En cette chaude soirée d’avril à Las Vegas, je suis au Bellagio, pastiche d’un opéra vénitien du XIVe siècle, pour assister à la 9 371e représentation du spectacle Ô, du Cirque du Soleil. Et j’ai accepté de me prêter à une expérience.

Même 20 ans après sa création, Ô demeure l’un des plus impressionnants spectacles du Cirque. Deux fois par soir, jusqu’à 1 800 personnes assistent aux prouesses des artistes. Mais ce soir est différent des autres. Chaque fois que moi ou les autres spectateurs équipés de l’électroencéphalographe pousserons un oh ! ou un ah !, l’appareil enregistrera les pulsions électriques de notre cerveau. Le Cirque du Soleil veut entrer dans la tête de ses spectateurs pour comprendre ce qu’ils ressentent.