2021 en musique : coups gagnants, renaissances et révoltes

Notre deuxième année pandémique n’a pas été synonyme d’inertie. Au contraire, elle a connu une actualité musicale foisonnante et vu les parutions reprendre leur vitesse de croisière. 

Crédit: Images sources Getty Images et D.R. / Montage L’actualité pour Noël chanté

Des femmes aux commandes

Cette année, les noms de nombreuses femmes ont résonné au firmament de la scène musicale. À commencer par Charlotte Cardin, qui, après avoir minutieusement placé ses pions pendant plusieurs mois, a fait paraître son premier album complet, Phoenix. Rotations radios, échos internationaux, salles remplies, l’affaire est ketchup. Béatrice Martin, alias Cœur de pirate, a quant à elle racheté sa maison de disques, Dare to Care Records, ébranlée par la vague de dénonciations de l’été 2020. Le nouveau nom de l’entreprise : Bravo. C’est ce qu’on a envie de lui dire. Sur la scène internationale, la chanteuse Adele a fait tourner toutes les têtes avec son album 30, porté par une campagne de promotion bien ficelée. La Britannique en a même fait presser quelque 500 000 exemplaires vinyle, une décision qui a fait vaciller la fragile industrie de la fabrication de 33 tours.

La reine Klô Pelgag

Autre femme en pleine maîtrise de ses moyens, l’autrice-compositrice-interprète Klô Pelgag a connu une année digne d’un Grand Chelem. Son album de haute voltige Notre-Dame-des-Sept-Douleurs lui a valu de nombreuses récompenses. D’abord une présence parmi les 10 finalistes du prix Polaris, remis à l’artiste ayant créé le meilleur disque canadien, mais aussi et surtout pas moins de 13 Félix au Gala de l’ADISQ. C’est là un record qu’elle partage avec Alin… euh Céline Dion. Klô Pelgag aura également proposé une ambitieuse version cinématographique de ses chansons, intitulée Vivre : Le spectacle spectral.

Le calme et la beauté

En ces temps marqués par l’incertitude et l’inquiétude, 2021 a vu poindre des disques porteurs de bonheur, de calme, de sérénité, comme autant de pansements sur nos blessures. Il n’y a qu’à penser au premier album bourré de lumière d’Étienne Coppée, gagnant des Francouvertes. Le plus récent travail d’Ariane Moffatt, Incarnat, est également un vrai baume, tout comme l’album instrumental de Cœur de pirate, Perséides. Notez aussi le grandiose Promises, du Britannique Floating Points, qui nous plonge dans une belle musique ambient, électronique et jazz.

Get Back

Les (nombreux) amateurs des Beatles ont été choyés en novembre avec la sortie sur la plateforme Disney+ du documentaire Get Back, qui nous replonge en trois très longs épisodes dans la création, en 1969, du disque Let It Be. Le matériel initial, tourné par Michael Lindsay-Hogg, a été retravaillé et remonté par le cinéaste Peter Jackson, à qui l’on doit une autre trilogie, celle du Seigneur des anneaux. Si Get Back compte son lot de longueurs — hé, le tout dure presque huit heures ! —, il offre une immersion extraordinaire dans le processus de création de ces chansons déjà extraordinaires.

Le retour des festivals

« Rebonjour ! » : c’est ce qui était inscrit sur les cotons ouatés que le Festival d’été de Québec a mis en vente cette année. C’était le mot juste, car après une année de jachère, plusieurs événements ont repris du service, et parfois de manière un peu bricolée pour respecter les mesures sanitaires. Le Festival de musique émergente en Abitibi-Témiscamingue a, par exemple, fourni des bracelets à ceux qui détenaient un passeport vaccinal, question de faciliter l’entrée en salle. Osheaga avait pour sa part un système de bulles restreintes, dans lesquelles les spectateurs devaient rester pendant les concerts.

La révolte de Philémon Cimon

On dit depuis des années que l’industrie de la musique a été bouleversée par le numérique et que les ventes de supports physiques périclitent. Dans de multiples publications sur les réseaux sociaux, le chanteur Philémon Cimon a tenté de mettre en lumière certaines pratiques des maisons de disques, notamment des clauses de contrat qu’il juge anachroniques et désavantageuses pour les artistes. Il dénonce, entre autres, le fait que les labels récupèrent encore leur investissement initial à même les revenus des ventes de disques, ce qui fait que, dans le marché actuel, les créateurs risquent fort de ne rien récolter avant très longtemps. Plusieurs artistes ont appuyé la démarche de celui qui s’est présenté au Gala de l’ADISQ avec un aspirateur, pour « montrer qu’il faudrait dépoussiérer cette industrie ».

Britney est libre !

Après presque 14 années houleuses passées sous la tutelle de son père, la star américaine de la musique Britney Spears a retrouvé sa liberté cette année, au grand plaisir d’une horde d’admirateurs qui portaient depuis des années le mouvement #FreeBritney. À la mi-novembre, un juge de Los Angeles a donc permis à la chanteuse de prendre seule les décisions concernant ses finances, sa santé et sa vie personnelle. Cette tutelle avait été imposée à l’interprète de Toxic et Stronger en 2008, en raison de problèmes de santé mentale.

Les grands disparus

Le sable ne cessant jamais de s’écouler dans le sablier, chaque année amène tristement son lot de disparitions. 2021 a vu s’en aller des grands de la musique québécoise, dont l’élégant Michel Louvain, l’immense Raymond Lévesque et le prolifique Michel Robidoux, qui a travaillé dans l’ombre de Ferland, Charlebois et Plamondon. La scène américaine a perdu deux vétérans rappeurs, DMX et MF Doom. Le batteur des Rolling Stones, Charlie Watts, a aussi rendu l’âme à 80 ans.

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L’album « Notre-Dame-des-Sept-Douleurs » de Klô Pelgag est, à mon sens, un chef-d’œuvre de la musique québécoise, rien de moins!

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