3 questions à l’auteure Catherine Leroux

«Pour moi, Madame Victoria représente toutes les femmes obligées de vivre dans la solitude, l’anonymat ou la clandestinité.»

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Madame Victoria, par Catherine Leroux, Alto, 200 p.

En 2001, le squelette d’une femme blan­che, morte depuis deux ans, était trouvé dans un boisé derrière l’hôpital Royal Victoria, à Montréal. Son identité ne fut jamais établie. Émue aux larmes par le sort de celle qu’on a affectueusement baptisée « Madame Victoria », Catherine Leroux a voulu lui redonner une voix et une histoire en inventant pour elle une douzaine de vies errantes, de la plus plausible à la plus fantasque. Un livre animé par la compassion et la générosité, bouleversant d’humanité.

1. D’après vous, qui fut réellement Madame Victoria?

Une itinérante qui avait peut-être des problèmes de santé mentale, qu’on a dû oublier d’inscrire dans les registres, qui s’est égarée en sortant de l’hôpital. Pour moi, elle représente toutes les femmes obligées de vivre dans la solitude, l’anonymat ou la clandestinité, celles que les canons de beauté rendent invisibles, celles qu’on tente d’effacer par la violence. Je voulais la peindre belle, forte, différente, même dans l’adversité.

2. Pourquoi son sort vous a-t-il tant touchée?

Pendant plusieurs années, j’ai fait du bénévolat au sein d’un organisme d’aide aux itinérants et j’y ai animé un cercle de discussion avec des femmes. Je n’ai jamais autant appris sur la vie qu’en les côtoyant, et j’ai gardé une tendresse envers elles. Lorsque j’écris, je préfère toujours regarder la majorité, la norme, à travers le regard oblique des marginaux.

3. Croyez-vous que la publication de votre livre aidera à identifier Madame Victoria?

Je vais proférer quelque chose d’égoïste, mais je craignais que son cas ne soit résolu pendant que j’écrivais. Maintenant, j’espère qu’on connaîtra un jour la vérité.

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