6 livres pour étirer l’été

Que vous soyez d’attaque pour lire un roman bien costaud, vous laisser emporter par un récit graphique ou redécouvrir une enquête bien réelle qui a marqué les esprits, les éditeurs ont quelque chose d’intéressant à vous proposer.

Montage L'actualité

Ceux dont on ne redoute rien

de Mathieu Thomas

Au tournant du XIXe siècle, Charles, un jeune typographe, travaille auprès de Wilfrid Laurier au journal L’Union nationale. Bond de géant dans le temps, vers aujourd’hui, où Édouard, un traducteur désabusé du mouvement séparatiste, fait une découverte historique concernant le Patriote Louis-Joseph Papineau et Alexis de Tocqueville, un philosophe politique français. Alors qu’on suit la quête d’Édouard, on en apprend aussi sur le quotidien de Charles, les deux époques alternant habilement dans le roman. Une lecture costaude qui aborde des enjeux politiques québécois d’hier et d’aujourd’hui. (Québec Amérique, 444 p.)

Tokyo, la nuit

de Nick Bradley

Une chatte calico errant dans Tokyo : voilà le fil qui assemble les nombreuses pièces de ce roman-patchwork. Des personnages apparaissent et disparaissent au gré des histoires, comme cette jeune femme qui se fait tatouer la capitale nippone ou cet itinérant qu’on tente de reloger avant le début des Jeux olympiques. Ce qu’on en retient, c’est qu’on est tous connectés les uns aux autres, parfois sans le savoir. Un chassé-croisé fort réussi pour un premier roman. (Traduction de Maxime Berrée, Belfond, 320 p.)

Au printemps des monstres

de Philippe Jaenada

Amateurs de true crime, cette brique imposante saura vous rassasier. L’auteur de La serpe (prix Femina 2017) revient cette fois-ci sur le meurtre sordide, en 1964 en France, du petit Luc Taron, 11 ans. Peu après, un jeune infirmier commence à envoyer des missives aux journaux et à la police, dans lesquelles il affirme être l’assassin. L’homme, Lucien Léger, est rapidement arrêté. Après avoir avoué le crime, il change d’idée. Est-il coupable… ou pas ? L’auteur repasse avec brio dans l’affaire, y ajoutant ses propres déductions et utilisant la forme romanesque pour raconter le tout de façon hyper-efficace. (Mialet-Barrault, 752 p.)

Hantée

de Shaghayegh Moazzami

L’autrice est une illustratrice iranienne qui s’est installée à Montréal en 2016. Dans son premier récit graphique, elle raconte les bouleversements vécus lors de son émigration. Alors qu’elle tente de s’ajuster, une vieillarde lui apparaît en vision, l’injuriant constamment. Que lui veut-elle ? Qui est-elle ? C’est en cherchant ces réponses que la jeune femme trouvera sa propre vérité. Des explications en fin de volume aident le lecteur à comprendre le poids des traditions qu’elle a laissé derrière. (Traduction d’Hélène Duhamel, Çà et là, 208 p.)

En suivant Shimun

de Laure Morali

Au cours d’un périple en territoire innu, une femme rencontre un aîné qui l’invite à camper avec lui, au bord de la rivière Manitou, en compagnie d’autres aînés des 11 communautés innues de la péninsule du Québec-Labrador. Sous la tente, à la pêche ou en marchant tranquillement, la femme s’initie tout doucement à son rythme nomade. Alors que l’automne promet un retour en force des horaires bien chargés, ce récit constitue un beau prétexte pour se poser et un magnifique hommage aux Autochtones. (Boréal, 184 p.)

Seize îles

de Jean-Louis Courteau

L’artiste Jean-Louis Courteau est un amoureux de la plongée. Dans la vingtaine de courts textes qui composent ce recueil, il nous emmène sur et sous les eaux québécoises, là où les achigans côtoient de surprenants vestiges archéologiques sous-marins. Le lecteur qui s’intéresse aux questions touchant le territoire ou la fragilité de la nature y trouvera des réflexions pertinentes sur ces sujets. Voilà une voix assumée : celle d’un homme curieux qui a envie de se raconter par nos cours d’eau. (XYZ, 184 p.)