À la rescousse des films pornos canadiens

Trois chaînes spécialisées qui ne diffusent pas assez de sexe canadien pourraient voir leurs licences révoquées.

Photo : Glow Images / Getty Imges
Photo : Glow Images / Getty Imges

Le Canada ne se retrouve pas dans ses films pornographiques et c’est un scandale ! Où est le sexe made in Canada ?

Le coup de gueule est caricatural et peut prêter à sourire, mais le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) a bel et bien lancé un avertissement à trois chaînes spécialisées, AOV Adult Movie Channel, AOV XXX Action Clips et AOV Maleflixx, accusées de ne pas respecter le quota de 35 % de programmation locale.

Ces chaînes, qui ne rendent donc pas le sexe assez canadien, pourraient voir leurs licences révoquées. Selon le Globe and Mail, cela démontre l’absurdité de la réglementation sur le contenu canadien et de la tentative d’imposer un nationalisme culturel à la télévision, surtout à une époque où Internet redistribue toutes les cartes.

Et puis, il semble que les origines d’un film pornographique ne fasse pas de grande différence aux yeux des téléspectateurs…

« Le CRTC devrait s’abstenir de toucher à l’érotisme, du moins pendant les heures de bureau. Oui, nous le savons, ils essaient seulement d’appliquer la loi à la lettre. Mais suivre la réglementation du contenu canadien, dans ce cas, est aussi sensé que de faire l’amour dans un canot », indique un éditorial du journal.

Si l’industrie souhaite des créateurs de contenu à saveur locale, Mike Strobel, du Toronto Sun, avait élaboré le scénario sommaire d’un film porno mettant en vedette le maire Rob Ford, l’automne dernier.

Michael Babad, du Globe, a quant à lui démontré qu’il ne faut qu’un peu d’imagination pour insuffler un supplément d’âme canadienne aux films actuels. Total Domination pourrait se vendre comme un documentaire sur le gouvernement Harper, It’s Huge dépeindrait la saga du pipeline Keystone XL, My girlfriend likes to watch reviendrait sur l’affaire Bernier-Couillard et Threesomes serait une rétrospective sur le 20e anniversaire de l’ALÉNA.

Voilà l’industrie pornographique canadienne sauvée (ou pas…) !