À lire en avril : des nouveautés de Louise Penny, Monique Proulx et Dominique Fortier

L’irrésistible thriller État de terreur, écrit à quatre mains par Hillary Rodham Clinton et Louise Penny, compte parmi les six suggestions de lecture de notre chroniqueuse, tout comme le nouveau roman de Monique Proulx, Enlève la nuit

montage : L’actualité

En librairie ce mois-ci

Enlève la nuit, de Monique Proulx

Ce nouveau roman met en vedette un personnage qui avait fait une apparition brève mais remarquée dans Ce qu’il reste de moi, publié en 2016. Markus, un jeune juif hassidique, quitte sa communauté et tente de se construire des repères dans une société qu’il ne connaît pas du tout. Entre les cours de français, les petits boulots et les nouvelles amitiés, réussira-t-il à trouver le bonheur ? La plume de l’autrice, foisonnante d’expressions inventées, rappelle parfois le monologuiste Sol. Ce livre laisse l’impression puissante d’avoir été émerveillé par une fichue de bonne histoire.

(Boréal, 352 p.)

Cette confusion sera superbe, de Martin Talbot

Ce fort joli roman choral porte en son cœur une ode à la poésie et aux créateurs. Une jeune comédienne est fascinée par la poète Huguette Gaulin, qui s’est immolée dans les années 1970, à Montréal. Un cinéaste tente de trouver le filon pour son prochain film alors que son frère arpente les rues, sans domicile, semant au gré du vent une poésie brutale et vive. On sent une réelle bienveillance pour les « poqués » de ce monde de la part de l’auteur, qui navigue entre ses personnages avec une habile fluidité.

(Stanké, 184 p.)

Jardin radio, de Charlotte Biron

De nombreux ouvrages abordent l’expérience personnelle de la maladie, mais ce premier récit de Charlotte Biron s’annonce différent puisqu’il s’intéresse à la convalescence, cet espace-temps particulier où l’attente et la douleur coexistent. L’autrice y raconte notamment ce qu’elle a écouté pendant cette période : des chansons, des balados, des entrevues ou des émissions de radio. On lit ce livre d’une traite, en retenant son souffle pour bien sentir l’émotion brute de Biron, dont le texte nous amène à nous questionner sur la maladie et la guérison, mais surtout sur ce qui se cache entre les deux.

(Le Quartanier, 136 p.)

Les ombres blanches, de Dominique Fortier

Si Les villes de papier a remporté le prestigieux prix Renaudot en 2020, on peut prédire que sa suite a de bonnes chances de crouler, elle aussi, sous les récompenses ! À sa mort, la poète américaine Emily Dickinson laisse derrière elle d’innombrables poèmes. Des femmes de son entourage uniront leurs forces pour que son œuvre soit publiée. Quand l’auteur n’est plus là pour expliquer son texte, comment traduire sa pensée fidèlement ? Beau défi ! Véritable travail d’orfèvre, ce livre poursuit la réflexion de l’autrice sur la place des femmes dans l’espace créatif.

(Alto, 248 p.)

Les nuits bleues, d’Anne-Fleur Multon

Entre Sara et la narratrice, le coup de foudre est inévitable. Dans ce roman où la poésie apparaît, comme par surprise, au fil des pages, on assiste au déploiement de l’amour de deux jeunes femmes, dans ses replis intimes comme dans ses grands fracas. Le train-train du quotidien y est habilement présenté, mais ce qui frappe surtout, c’est le caractère enchevêtré du texte, qui, même s’il paraît déroutant au début, sied à la relation tout en contraste sur laquelle le roman pose son regard.

(Éditions de l’Observatoire, 208 p.)

État de terreur, de Hillary Rodham Clinton et Louise Penny

Impossible de résister à l’attrait de ce livre-événement ! Comme son mari, l’ancien président Bill Clinton, l’a fait à deux occasions avec l’auteur James Patterson, Hillary Rodham Clinton a décidé de tenter avec une amie l’aventure du thriller politique à quatre mains. Ellen Adams vient d’être nommée secrétaire d’État quand un message anonyme sème l’angoisse auprès des organisations antiterroristes de la nation. Le réalisme du roman est inquiétant, mais l’intrigue est bien ficelée et menée avec brio par des personnages féminins forts.

(Flammarion Québec, traduction de Lori Saint-Martin et Paul Gagné, 528 p.)