À mettre sous tous les sapins

Après La franc-maçonnerie pour les nuls, ce n’était qu’une question de temps avant que quelqu’un pense à écrire L’histoire du Québec pour les nuls. Bonne nouvelle : c’est à l’historien Éric Bédard qu’échoit la tâche de guider le lecteur, en quelque 400 pages, de la croix plantée à Gaspé en 1534 jus­qu’à l’élection de Pauline Marois au poste de premier ministre.

L’ambition de l’historien vulgarisateur est très bien servie par le format, la mise en pages et les symboles graphiques de la collection «?Pour les nuls?», dont Bédard se sert pour aménager un espace de lecture plaisant et aéré dans une langue acces­sible, claire et conviviale. L’habi­tuelle «?Partie des 10?» ne fait pas défaut?: 10 personnalités mythiques, 10 symboles du Québec et 10 sites marquants, parmi lesquels figurent le rocher Percé et le mont Royal. Sur ce dernier courent les rumeurs les plus folles. Éric Bédard vient séparer le bon grain de l’ivraie, la vérité du mythe.

«?J’explique moins que je raconte?», déclare l’auteur d’emblée. C’est ce désir irrépressi­ble de racon­ter non pas une, mais des his­toires qui transparaît de ce très bel ouvrage, qu’il conviendra d’offrir au cousin français, au jeune Québécois en quête de figures historiques inspirantes et à tous ceux qui se demandent de quoi la Belle Province parle au juste quand elle dit qu’elle se souvient.

Finalement, certains passages sombres du passé de nos politiques placent des préoccupations actuelles sous une lumière assez crue. Ainsi, sous les conservateurs du Québec au 19e siècle?: «?Pour obtenir un contrat du gouvernement, il faut soutenir le parti au pouvoir en contribuant à sa caisse électorale.?» Sous Duplessis, la caisse électorale de l’Union nationale était gonflée par des affluents douteux. Souvenirs parfois difficiles, mais toujours édifiants de nos grandes noirceurs et de nos belles réussites. À mettre entre toutes les mains, à consommer sans modération.

VITRINE DU LIVRE >>

Légende de la photo principale : «?Jacques Cartier érigeant une croix à Gaspé en l’honneur du roi de France », C-01050/Walter Baker/Bibliothèque et Archives Canada

 

***

Consentir à la distance

Après 35 ans d’enseignement de la littérature et de la création littéraire, Yvon Rivard soulève la question qui tue?: est-il acceptable qu’une étudiante ou un étudiant cède aux charmes de son professeur – ou l’inverse, selon le cas?? Il appelle à la barre des témoins les textes de Nancy Huston, Gabrielle Roy, Virginia Woolf, Philip Roth, pour ne nommer que ceux-ci. De cet essai inspiré, lumineux et savant au titre si bien choisi, on retiendra notamment ces sagesses de Simone Weil?: «?Le beau est ce qu’on désire sans vouloir le manger?» et «?Aimer, c’est consentir à la distance?». (Aimer, enseigner, Boréal, 208 p., 22,95 $)

 

Le chef vous suggère

Dans cet ouvrage aux accents très personnels qu’il cosigne avec Pierre Cayouette, le chef Jérôme Ferrer donne l’heure juste aux aspirants cuisiniers. De son village natal méditerranéen de Port-la-Nouvelle, en France, aux restaurants qu’il ouvrira dans le Nouveau Monde, le chemin est semé de rêves et d’espoirs. Le labeur ne suffira pas, il faut avoir la vocation. En s’appuyant sur ses expériences, Jérôme Ferrer dévoile quelques secrets attendrissants et livre un message important sur l’art culinaire au-delà des effets de mode. En annexe, un lexique très pratique pour suivre les propos du chef. (Lettres à un jeune chef, VLB, 120 p., 18,95 $) 

Laisser un commentaire