À tu et à toi, bisous-bisous

Tombé au hasard de la zappette sur On connaît la chanson, jeu de karaoké animé par Mario Tessier (des Grandes Gueules), plein de vie et d’empathie pour la concurrente — Lucie, ce soir-là —, qu’il embrassait comme du bon pain à chacune de ses réponses exactes. Mon propos ne vise pas l’émission, mais cette manie largement répandue à la télé de la bise et du tutoiement.

Stimulé par l’ambiance copain-copain, le quidam se sent de connivence avec la vedette du micro ; il s’enhardit, surjoue le rôle qu’on attend de lui, cherche une prime de notoriété. Se pensant introduit dans le cercle des nantis, il croit qu’il ne mangera plus jamais seul au restaurant, à la table qui jouxte les toilettes.

Autre marotte : l’animateur qui reçoit « mon grand chum », « ma meilleure amie ». Le nombre d’amis qu’ils ont, les gens de la télé ! Les voici qui débarquent, les voilà qui s’embrassent, voire se tripotent un peu, rient à en « flasher » des dents et frétillent de sous-entendus qui laissent le spectateur en carafe.

Enfin, le comble : quand l’ami, qui boude un réseau de télévision depuis cinq ans, consent à y revenir parce que c’est vous qui l’invitez : l’autre dimanche, à la grand-messe télévisée, devant un René Angélil qui va finir par ressembler à sa statue de cire au Musée Grévin, Guy A. Lepage ne cachait pas son contentement de soi. « Plus le singe monte haut, plus il montre son cul. » Signé Montaigne. Bisous.

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