À VOIR au Festival TransAmériques – « Bonanza » : le monde en sept personnes et cinq maisons

Studio Hydro-Québec (Monument-National), à Montréal, les 28 et 29 mai, 514 844-3822, 1 866 984-3822.

SUR SCÈNE : cinq écrans télé grand format alignés sous une maquette reconstituant la ville de Bonanza, au Colorado, ex-cité minière qui, au temps de la ruée vers l’or, recensait une trentaine de saloons et pas mal de bordels. Aujourd’hui, elle compte sept habitants qui occupent cinq maisons très rapprochées les unes des autres. À chaque propriété correspond un écran sur lequel on voit, souvent simultanément – d’où la force de l’œuvre –, évoluer et parler Ed et Gail, Richard, Mary, Mark, Darva et Shikiah. 

SUR SCÈNE : cinq écrans télé grand format alignés sous une maquette reconstituant la ville de Bonanza, au Colorado, ex-cité minière qui, au temps de la ruée vers l’or, recensait une trentaine de saloons et pas mal de bordels. Aujourd’hui, elle compte sept habitants qui occupent cinq maisons très rapprochées les unes des autres. À chaque propriété correspond un écran sur lequel on voit, souvent simultanément – d’où la force de l’œuvre –, évoluer et parler Ed et Gail, Richard, Mary, Mark, Darva et Shikiah.

Particularité de ces concitoyens (qui ont même un conseil municipal !) : il s’arrangent pour ne jamais se croiser et, si par malheur c’est le cas – lors de la cueillette du courrier aux boîtes postales, par exemple –, n’échangent pas un traître mot, ce qui ne les empêche pas d’en colporter des pas pires sur le dos des voisins, les accusant de sorcellerie, voire de meurtre, ou, plus prosaïquement, d’uriner dans son jardin au vu de tous ! « Pour vivre ici, il faut être quelqu’un de spécial », dit à peu près Ed. Bien vu. Forment cette communauté, qui devient de plus en plus étrange au fil de la « représentation » : deux retraités rigolards mais teignes ; un prêtre imperturbable ; une ex-prisonnière édentée ; un couple de lesbiennes autoproclamées guides métaphysiques ; un quadragénaire croyant et pompier six mois par année. Du fabuleux matériau de personnages.

Au fond, Bonanza raconte une histoire universelle : là où il y a de l’homme, il y a de l’hommerie, des bassesses, des envies, des angoisses, des calomnies et… un gros paquet de solitude.

Ce fascinant objet dramaturgique, relevant à la fois du documentaire et de la presque fiction, est une réussite du groupe Berlin, formé de trois trentenaires flamands : Bart Baele, Yves Degryse et Caroline Rochlitz. Le trio a aussi « filmé » Jérusalem, Iqaluit et Moscou. Lumière, son, image, montage, bande sonore : du beau travail à tous les étages !

Le spectacle est présenté en anglais avec des sous-titres français qui doivent émaner d’un logiciel de traduction tant ils comportent des aberrations. J’en relève une seule en guise d’apéro : on lit vacature au lieu de vacance (état d’un poste à pourvoir).

Studio Hydro-Québec (Monument-National), à Montréal, les 28 et 29 mai, 514 844-3822, 1 866 984-3822.