De quoi tu parles, toi là-là ?

Vous êtes en vacances au Saguenay–Lac-Saint-Jean et quelqu’un vous traite de gigon ? Ne le remerciez pas, c’est une insulte.

Illustration : Stéphanie Aubin

Un gigon — ou zozon —, c’est une personne marginale, pauvre et peu sociable, apprend-on dans Discours simple !, un recueil de mots et d’expressions typiques du pays du bleuet et de Charlevoix. Finfin et cromo ne sont pas non plus des petits mots doux.

L’ouvrage, publié aux Presses de l’Université Laval, contient 5 000 entrées, colligées par le linguiste Gaston Bergeron. Voici quelques expressions imagées concoctées à partir de certaines entrées du recueil, à prononcer avec l’accent chantant de ce coin du Québec.

À cause tu fais simple de même ?
Pourquoi agis-tu de façon aussi bête ?

Hé que c’est plaisant !
Comme c’est agréable !

On monte au lac. Oublie pas ton brayet !
Nous allons au lac Saint-Jean. N’oublie pas ton maillot de bain !

Ferme le scrigne !
Ferme la porte-moustiquaire !

Être gâzé
Être énervé

Avoir la raie serrée
Être craintif

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6 commentaires
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Bonjour chez vous,

Les particularités régionales disparaissent peu à peu. Lorsque j’étais enfant, certaines expressions comme : Un « cabourons », petit ressaut sur un chemin de gravier, ou encore le « devira », détour prononcé, étaient courrament utilisés. Aujourd’hui, c’est sorti de notre vocabulaire. L’ouverture au monde? La mondialisation? L’éducation? Et bien d’autres facteurs modifient notre langage. Je crois que M. Bergeron fait office de mémoire collective avec ses ouvrages magnifiques. J’espère qu’il aura de la relève pour toutes les régions du Québec. C’est notre histoire, nos souvenirs, notre culture.

Bientôt, tout sera nivelé, pour le meilleur ? Pour le Pire? Je ne saurai le dire.

Merci!

Roch

Il est toujours agréable et même comique d’entendre ou lire ces expressions en sachant ce qu’elles veulent dire. J’ai travaillé deux ans dans les mines près de Sudbury en Ontario et les vieux québécois qui gardaient les « dryers » (endroit où on suspendait notre linge de travail pour le faire sécher) ne démordaient pas d’appeler les chauve-souris des « souris-chaudes ». J’ai bien essayé, mais en vain, j’ai dû apprendre à dire « souris-chaudes » comme eux.

Je vis dans un coin de pays où on dit « des fossets » au lieu des fossés et « des nicks » au lieu des nids…

On voit tout de suite la richesse de notre vocabulaire quand on veut nommer des espadrilles: tennis, snick, shoe claques, etc… ou des enfants: stags, flots (flounes), gosses, marmots, morveux, etc…

Ce sont des mots ou expressions régionales. Ce qui me fait le plus mal, ce sont des fautes de prononciation à la télé et dans les publicités telles que « quand qu’on », un m’mandonné (pour un moment donné), souplais pour s’il vous plaît, Moréal au de Montréal même à Radio-Canada qui, je pense, essaie de populariser pour les cotes d’écoute au lieu de montrer au gens de bien parler.

Vous avez tellement raison Mamie 42. Ce que je trouve encore pire, ce sont les fautes simples entendues tous les jours à la télévision: mauvais accords , mauvais genre des mots, absence de liaison, etc., etc., etc.