ADISQ: l’année Leloup ou celle de Cormier?

Les disques À Paradis City et Les grandes artères n’ont pas complètement évité le piège des ornières, mais ils se démarquent du lot.

Louis-Jean Cormier
Louis-Jean Cormier

CultureLe monde de la musique et du spectacle québécois se réunira dimanche soir pour son grand gala annuel, celui de l’ADISQ, où 11 Félix seront remis par l’animateur Louis-José Houde. Et au sommet des nominations, on trouve deux auteurs-compositeurs de talent, Jean Leloup et Louis-Jean Cormier, qui ont tous deux lancé non pas des chefs-d’œuvre, mais des disques qui ressortent du lot.

Leloup, c’est un retour en force. Son disque À Paradis City a connu un succès presque étonnant, s’écoulant à plus de 80 000 exemplaires. Son précédent album, Mille excuses Milady, était loin d’être mauvais, mais par un bel alignement des planètes, l’engouement pour ce personnage coloré a pris une ampleur surprenante cette année. Il n’y a qu’à voir à quelle vitesse il a vendu les billets de sa série de concerts à Montréal, Québec et Ottawa pour s’en convaincre. Ma théorie: nous avions collectivement besoin du réconfort et de l’électrochoc de Leloup. Le confort de cette façon de faire, de ce chant qui nous est familier, de ces refrains dont il a le secret, même si on sent parfois la redite. Et l’électrochoc, parce que le guitariste ne suit pas vraiment de règle, préférant suivre le fil tordu de sa pensée. Il n’est pas toujours là où ses collègues sont, et un peu de différence dans le monde assez consensuel de la musique, ça fait du bien.

Leloup a déjà remporté mardi dernier les prix du meilleur album rock et du choix de la critique lors du premier gala, une des deux cérémonies parallèles de l’ADISQ avec le Gala de l’Industrie, qui, lui, est davantage axé sur les travailleurs de l’ombre de la musique. Il reste trois chances à Leloup de remporter une statuette dimanche, soit dans les catégories Auteur ou compositeur de l’année, Chanson de l’année et Interprète masculin de l’année.

Louis-Jean Cormier, pour sa part, a lancé cette année son deuxième album solo, Les grandes artères, un disque mitonné avec soin, au son riche et qui met de l’avant la voix douce de l’ancien chanteur de Karkwa — la formation rock avec laquelle il a roulé sa bosse une dizaine d’années au Québec avant de prendre une pause, toujours en vigueur.

Banjo, cuivres, guitares enrobent des pièces à la fois tendres et mordantes. Comme Leloup, Cormier retombe aussi dans des pistes mélodiques qu’il avait déjà empruntées, mais qui restent terriblement efficaces, d’autant qu’elles semblent être tracées avec sincérité. Porté, que dire, propulsé par son passage à l’émission La voix, Cormier est devenu un incontournable de la musique pop-rock d’ici, et ses chances de se démarquer dimanche au Gala de l’ADISQ restent très bonnes: il a une crédibilité dans l’industrie et chez les critiques, en plus d’avoir un succès populaire.

Au premier gala, il est toutefois reparti bredouille. Il a tout de même reçu, lors du Gala de l’Industrie, le Félix de la Pochette d’album de l’année. Dimanche soir, il pourrait monter pas moins de quatre fois sur la scène, car le musicien aux yeux tendres est nommé dans les catégories Album de l’année — Folk, Auteur ou compositeur de l’année, Chanson de l’année et Interprète masculin de l’année.

Alors, ce sera l’année Leloup ou celle de Cormier? Est-ce qu’une Ariane Moffatt ou un Patrice Michaud ne pourraient pas brouiller les cartes? Les paris sont ouverts!

Le Gala de l’ADISQ est diffusé à la télé de Radio-Canada, dimanche 8 novembre à 20 h.

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