Alcina est grande

ALCINA / OPÉRA DE GEORG FRIEDRICH HÄNDEL. Joyce DiDonato et Maite Beaumon-t, mezzo-sopranos ; Karina Gauvin et Laura Cherici, sopranos ; Sonia Prina, contralto ; Kobie van Rensburg, ténor ; Vito Priante, basse. Il Complesso Barocco, dir. Alan Curtis. ARCHIV 477 7374 (trois CD).

Joyce DiDonato est la mezzo-soprano qui monte. Littéralement, puisqu’elle chante ici le rôle-titre d’Alcina, habituellement confié à une soprano dans ce somptueux opéra de Händel. L’intrigue – inspirée du Roland furieux, de l’Arioste – est labyrinthique, mais peu chaut à l’auditeur, subjugué par la beauté des voix et de la partie instrumentale. DiDonato surclasse la concurrence sans peine. La gamme d’émotions que traverse la sorcière métamorphosée en amoureuse éconduite est superbement rendue par cette actrice-chanteuse à la voix d’airain, qui peut jouer sur un registre plus sombre tout en étant capable d’aigus étonnants. Cette version de l’opéra éclipse les précédentes, notamment grâce à Karina Gauvin, sans conteste l’une des meilleures «händeliennes » de l’heure dans sa catégorie. Chaque nouvel enregistrement de cette soprano québécoise semble meilleur que le précéden-t, et celui-ci ne fait pas exception. Son languissant « Credete al mio dolore » est le pendant musical d’un fondant au chocolat cinq étoiles…