Angelica Bongiovonni réinvente la roue dans Cirkopolis du Cirque Éloize

©2012 Cirque Éloize - Les Productions Neuvart, Valérie Remise
©2012 Cirque Éloize – Les Productions Neuvart, Valérie Remise

Née à Los Angeles, établie à Montréal, presque toujours en tournée, Angelica Bongiovonni rit et c’est comme si l’été revenait : « Enfant hyperactive, j’étais incapable de m’asseoir et de me taire à l’école. Au lieu de me donner du Ritalin, ma mère m’a inscrite à des cours de trapèze pour me vider de mon énergie. » À 7 ans, elle se produit au L.A. Circus, puis suit une flopée de cours de danse — ballet, jazz, africaine. Au moment où ses amies intègrent l’université ou les grandes compagnies de danse, elle choisit le cirque. En attendant… « Il faut cumuler les expériences pour être sûr de ce qu’on veut faire de sa vie. À 23 ans, je suis encore loin du compte. »

Diplômée de l’École nationale de cirque, à Montréal, elle découvre la roue Cyr au hasard d’une blessure au dos qui l’empêche un temps de pratiquer le trapèze. Au début, ça n’a pas été le coup de foudre. « Je tombais partout, rouler m’étourdissait. » Mais à force de se fréquenter, le cercle de métal et elle finissent par s’entendre. « Comme je n’étais pas assez acrobatique pour rivaliser avec les gars sur cet agrès, j’ai décidé de me distinguer en incorporant de la danse. » Plus ce qu’elle ne dit pas : la grâce et la force dramatique. En 2011, elle se joint au collectif ReCircle, qui cherche à émanciper la discipline, à élargir le répertoire des figures.

« Sur scène, j’essaie de rendre vivant mon instrument de travail, de lui donner une âme. » C’est tout juste si elle ne lui parle pas, quitte à éveiller sa susceptibilité. « Un jour que ma vieille roue a “senti” qu’une plus jeune, plus rutilante, allait la remplacer, elle s’est détachée d’une sangle qui la retenait aux cintres et elle m’a cassé le poignet. »

Tout va bien aujourd’hui : dans Cirkopolis (salle Maisonneuve de la Place des Arts du 13 au 24 nov.), du Cirque Éloize, spectacle mis en scène par Jeannot Painchaud et Dave St-Pierre, Angelica exécute le solo à la roue qui lui a mérité la médaille d’argent au dernier Festival mondial du cirque de demain, à Paris, puis s’engage dans un duo avec Yann Leblanc, avant de s’élancer sur un trapèze dans un numéro à trois qu’aurait applaudi Icare (celui qui rêvait de voler).

Quand elle revient au sol, Angelica cuisine la pasta — « j’ai tout de même du sang italien » — et fabrique des bijoux qui ont pas mal d’allure. « J’aime mélanger l’artistique et le manuel. » Plus tard, elle se verrait bien physiothérapeute ou propriétaire de boutique. « La roue tourne. Je sais cela. »

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