Angélique Kidjo : souvenirs d’Afrique…

ANGÉLIQUE KIDJO / OYO Razor & Tie / Sony

Angélique Kidjo : souvenirs d'Afrique...
Photo : Nabil Elderkin

Elle nous a habitués à des albums quasi thématiques, mais qui traitent d’une idée à la fois. Logozo, Parakou, Oremi, Oyaya ! ont chacun leur esthétique, leur raison historique, tout comme Black Ivory Soul. Cette fois, c’est une conversation inachevée avec son père béninois qui est le point de départ d’Oyo. Ce mot évoque l’âme et la disparition cruelle de son premier aficionado.

Question de faire son deuil, la bouillonnante chanteuse de Cotonou a réuni les chansons soul et funky qui ont bercé son enfance africaine. Elle nous livre donc du James Brown, du Aretha Franklin et du Curtis Mayfield très énergique, mais sans négliger les divas du continent noir – Miriam Makeba, bien sûr, et surtout Bella Bellow, la prodigieuse Togolaise au destin tragique que le paternel l’avait amenée entendre chanter alors qu’elle était encore toute jeune.

La symbiose avec son compatriote guitariste, le subtil Lionel Loueke, ainsi que les arrangements pour cuivres qu’elle signe avec son mari, Jean Hébrail, donnent un caractère instinctif et distinct à cet opus de Kidjo. Quand on entend « Samba Pa Ti », de Carlos Santana, avec un texte contemplatif en langue yoruba, on se rend compte à quel point les enfants noirs de l’autre côté de l’Atlantique ont pu rêver de l’Amérique.