Ariane Moffatt : MA préférence à moi

Au concert de louanges pleuvant sur l’album MA, d’Ariane Moffatt, je viens ajouter mon petit compliment qui se résume ainsi : j’en suis à ma 18e écoute, et je ne décroche toujours pas de mes favorites « Walls of the World », « Hôtel Amour », « Too Late », « Artifacts », « La pluie et le beau temps ».

Photo : SPG LePigeon

Heureusement, le contenu ne ressemble pas au  frigorifiant exergue de l’album où l’on apprend que le titre – MA, donc – s’inspire d’un concept japonais, alors que je croyais bêtement qu’il ne s’agissait que des initiales à l’envers de la chanteuse. Je lis : « Une expérience sensorielle du vide en tant que substance, l’intervalle, la durée, la distance, non pas celle qui sépare mais celle qui relie. Le vide comme matière à ressentir, à contempler, à entendre. » Le vide en tant que substance : oui, bon, cette manie de vouloir intellectualiser à tout prix, même le plaisir ! De la bonne musique, des bonnes chansons, une bonne chanteuse, voilà le concept. Avec ce disque, à la fois ambitieux et intime, qui offre autant de joie aux hanches que de bouffe à l’esprit, celle qui chante « I forgot the rules of legal love » révèle beaucoup d’elle-même.

Cinq titres en français, six en anglais et, merci Ariane, aucune chanson en ce détestable franglais si pratiqué de nos jours. Ici, les deux langues s’entendent comme cul et chemise, leur côtoiement est naturel comme dans certains quartiers de Montréal, leur enchaînement, fluide.

Hommage soit rendu à Baillat Cardell & fils à qui l’on doit la conception graphique de la pochette. Au moins pour une chose : on peut lire les paroles des chansons sans s’écorcher les yeux. Les trois quarts du temps, les graphistes s’amusent à rendre les textes indéchiffrables, aidant par là, sous leur enthousiasme visuel, certains auteurs à masquer l’inanité de leurs propos.

Ariane Moffatt – Mon corps from Audiogram on Vimeo.

 

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