Le 20 novembre – Attention, il tire !

Le 20 novembre, Théâtre La Chapelle, à Montréal, du 8 au 26 mars, 514 843-7338.

le20novembre_5X7Lars Norén, Brigitte Haentjens et Christian Lapointe nous percutent à partir d’un fait divers : un ado se tue après avoir voulu abattre professeurs et élèves dans un lycée allemand.

Si on a raté Kliniken, présenté par le Théâtre du Trident en début de saison, on ne manquera pas Le 20 novembre, d’autant plus que le monologue de Norén est mis en scène par Brigitte Haentjens – rien de ce qu’elle touche ne peut être mauvais – et joué par Christian Lapointe, qui nous a habitués, comme comédien et metteur en scène, à des aventures extrêmes.

Lars Norén, Brigitte Haentjens et Christian Lapointe nous percutent à partir d’un fait divers : un ado se tue après avoir voulu abattre professeurs et élèves dans un lycée allemand.

Lars Norén, poète et dramaturge suédois : 66 ans, une cinquantaine de pièces dans le rétroviseur, une flopée de prix. Digne descendant de Strindberg ou d’Ibsen. De lui, j’ai vu Démons, il y a quelques années au Théâtre Prospero. Une pièce sur un couple qui s’aime, mais ne se supporte pas. On pense tout de suite à Qui a peur de Virginia Woolf?, d’Albee. Mais Norén dépasse l’analyse psychologique pour aller fouiller profondément dans l’inconscient des personnages. L’auteur, qui a subi dans la jeune vingtaine des électrochocs pour cause de schizophrénie, a fait des études de psychanalyse. Il sait de quoi il parle. Il explore les zones où l’on tait ce que l’on voudrait dire.

Ce préambule pour préciser que si on a raté Kliniken, présenté par le Théâtre du Trident en début de saison, on ne manquera pas Le 20 novembre, d’autant plus que le monologue de Norén est mis en scène par Brigitte Haentjens – rien de ce qu’elle touche ne peut être mauvais – et joué par Christian Lapointe, qui nous a habitués, comme comédien et metteur en scène, à des aventures extrêmes.

Christian Lapointe. Photo : Angelo Barsetti
Christian Lapointe. Photo : Angelo Barsetti

Le 20 novembre 2006, dans une petite ville allemande, un garçon de 18 ans, armé d’un pistolet Beretta, retourne dans son ancien lycée pour y abattre élèves et professeurs (il n’en tuera aucun, mais en blessera plusieurs) avant de se suicider. À partir du journal intime laissé par Sebastian Bosse, Norén interroge notre responsabilité collective dans un texte poétique et implacable sur la folie du monde qui sacrifie ses enfants. Dostoïevski le disait : « Chacun de nous est responsable de tout devant tous. »

Extrait : « La seule chose qu’on m’ait enseigné intensivement à l’école était que je suis un perdant. J’intimide les gens. Vous vous êtes moqués de moi. J’en ai simplement fait de même avec vous, mais mon sens de l’humour n’est pas pareil au vôtre. » Sebastian Bosse

Le 20 novembre, Théâtre La Chapelle, à Montréal, du 8 au 26 mars, 514 843-7338.

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