Bande à part

Bio. Francis Desharnais, de Québec, a 32 ans, des fossettes d’enfant et une poignée de talents : graphiste, illustrateur, réalisateur, animateur et auteur de bande dessinée. « Comme je ne trouve pas mon dessin assez fort, mes gags sont plus écrits que visuels. » Si le trait n’innove pas, le texte, lui, pourrait donner une volée à beaucoup. Celui qui a appris à lire avec la BD se réclame de l’école européenne (Gotlib, Lewis Trondheim), mais ne copie personne.

Photo : Jocelyn Michel

Bio. Francis Desharnais, de Québec, a 32 ans, des fossettes d’enfant et une poignée de talents : graphiste, illustrateur, réalisateur, animateur et auteur de bande dessinée. « Comme je ne trouve pas mon dessin assez fort, mes gags sont plus écrits que visuels. » Si le trait n’innove pas, le texte, lui, pourrait donner une volée à beaucoup. Celui qui a appris à lire avec la BD se réclame de l’école européenne (Gotlib, Lewis Trondheim), mais ne copie personne.

Forme. Il privilégie la bande à trois cases, qui impose son rythme, oblige à la concision. « J’ai essayé des récits plus longs, mais je m’ennuyais à la quatrième page. Là, j’ai trois cases pour présenter la situation, faire évoluer l’histoire et susciter le rire. » La formule a marché avec Burquette (Les 400 coups, 80 pages, 180 bandes en noir et blanc) : de bonnes ventes, d’excellentes critiques, une citation dans le magazine français Le Point et des récompenses, dont le prix Réal-Fillion de l’auteur québécois s’étant le plus illustré avec son premier album professionnel.

Fond. C’est l’histoire d’Alberte, qui se voit imposer par son père – gauchiste m’as-tu-vu – le port de la burqa. Façon d’éveiller sa fille, qu’il juge trop superficielle, à d’autres réalités. L’idée de la BD a percuté Desharnais durant son séjour d’un an à Paris ; en 2003, on débattait pas mal des signes religieux. « Dans l’album, je ne touche pas à la religion, j’aborde à peine l’immigration. Je ne suis pas pamphlétaire ni revendicateur. » Mais conscient et lucide, car il remet en question nos pulsions consommatrices et notre résistance à l’étranger. Cela avec un humour nourri au meilleur grain. Exemple de son ironie décalée – Le père dit : « Émile Zola, George Sand, Charles Bukowski, Victor Hugo, Albert Camus. »

(première case) ; « Tous ils ont eu une enfance difficile. »
(deuxième case) ; « Je veux qu’Alberte ait la même chance. »
(troisième case). Burquette aura une suite, peut-être deux. « La BD me permet de modérer le tourbillon dans ma tête. Sinon, j’ai l’impression de rouler à 150 km/h, mais toujours en première vitesse. »

Boulot. Les patrons de 6ixdegrés – maison de production de messages publicitaires – ne semblent pas trop stressés relativement à l’emploi du temps de leur animateur 2D, puisque Desharnais participe ce mois-ci au Rendez-vous international de la BD de
Gatineau et prendra part, en décembre, avec son groupe Kiwistiti, collectif de réalisation de films d’animation, à une résidence d’une vingtaine de jours à la QuickDraw Animation Society, à Calgary.

Rigolo. Son site Web (francisd.com), vraiment distrayant, contient des images de Burquette, des extraits de ses courts

métrages, une série de reportages en croquis des différents spectacles du dernier Festival d’été de Québec… et un blogue rédigé dans un style nettement au-dessus de la moyenne.

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Rendez-vous international de la BD de Gatineau, Musée canadien des civilisations, à Gatineau, du 9 au 12 oct., 819 775-4873.

https://www.francisd.com/

http://slo.qc.ca/rvibdg/bd_menu.html

 

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