Benoît McGinnis, prince du Danemark

Bentoi-McGinnisHamlet, Théâtre du Nouveau Monde, à Montréal, du 8 mars au 2 avr.

C’est un garçon doux au sourire clair ; un acteur sans système et sans plan de carrière. « Je n’ai pas d’attentes, que des désirs. » Cela lui réussit. On le savonne de compliments : « Un grand acteur qui va devenir très grand, le meilleur de sa génération. »

Alors qu’on l’imagine en jeune premier romantique, Benoît McGinnis préfère les personnages en proie au désordre ou aux vertiges, sans répugner aux comédies légères. Il a le don de varier les registres, possède une rentable ambivalence, la présence naturelle de celui qui sait être là. Il chante aussi, se débrouille au piano, et danse, si affinités.

C’est un garçon doux au sourire clair ; un acteur sans système et sans plan de carrière. « Je n’ai pas d’attentes, que des désirs. » Cela lui réussit. On le savonne de compliments : « Un grand acteur qui va devenir très grand, le meilleur de sa génération. »

Alors qu’on l’imagine en jeune premier romantique, Benoît McGinnis préfère les personnages en proie au désordre ou aux vertiges, sans répugner aux comédies légères. Il a le don de varier les registres, possède une rentable ambivalence, la présence naturelle de celui qui sait être là. Il chante aussi, se débrouille au piano, et danse, si affinités.

Photo : Jocelyn Michel
Photo : Jocelyn Michel

À la télé, on l’a vu dans Les hauts et les bas de Sophie Paquin, Aveux, Belle-Baie. Au cinéma, il est passé rapidement dans Route 132 et Les amours imaginaires (son rôle ? « baise n° 2 » !), mais a obtenu une nomination aux Génie, en 2009, pour son rôle d’étudiant désaxé dans Le banquet. Au théâtre, Serge Boucher, Michel Tremblay, René-Daniel Dubois ont pu compter sur lui ; il a interprété Néron et Mozart, s’est même pris pour saint François d’Assise dans Fou de Dieu. Il choisit moins le rôle que l’équipe avec laquelle il travaille, car il fonctionne à l’affection. Huit spectacles en neuf ans avec René Richard Cyr !

Du genre petit format — 63 kilos logés dans 1,70 m —, il pourrait s’en aller au vent. Une mononucléose, en 2009, l’a obligé à lâcher Amadeus en cours de représentation et à se faire porter pâle pour la télésérie Les rescapés.

McGinnis en Hamlet. Photo : Yves Renaud
McGinnis en Hamlet. Photo : Yves Renaud

Pas de souci, il pète la forme pour incarner Hamlet, dans la mise en scène de Marc Béland, qui a joué le prince en 1990. « C’est un personnage complexe, insaisissable, fragile et résolu qu’emporte la folie. Pour le construire, j’ai besoin de le voir comme un homme ordinaire — je pense aux fils de Lady Di, qui ont le goût d’aller dans les bars, d’avoir des blondes. »

À la traduction, malgré des coupures pour que le spectacle ne dure pas quatre heures et demie, Jean-Marc Dalpé veille à ce que tout Shakespeare y soit : affûté, âpre, poétique, imagé. Et actualisé. N’attendez pas de château au Danemark ni de robes à tournures, les comédiens revêtent des tenues de ville, Hamlet, un uniforme de collège. « Ce qui nous importe, ce sont les enjeux de la tragédie, les rapports de Hamlet avec sa mère, son oncle, le pouvoir, la vengeance. »

Pour la première fois en une décennie, Benoît McGinnis ne voit pas de proposition théâtrale à l’horizon. « Après Hamlet, j’espère qu’on n’hésitera pas à me proposer deux scènes dans un petit show à la salle Fred-Barry. Je ne veux pas que l’on pense que je tiens à n’avoir que des premiers rôles, car c’est de la job en cibole ! »

• Hamlet, avec aussi Émilie Bibeau, Marie-France Lambert et David Savard, Théâtre du Nouveau Monde, à Montréal, du 8 mars au 2 avr., 514 866-8668.

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