Bibittes de bibliothèques

Entre les pages de nos vieux livres, poux et scorpions se livrent un combat sans merci — mais pas à armes égales.

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Photo : Wikimedia Commons

En 343 avant Jésus-Christ, Aristote avait déjà remarqué que les idées n’étaient pas les seules à fourmiller dans les bibliothèques :
Culture

Il se forme encore dans les livres des animalcules, dont les uns sont pareils à ceux qu’on trouve dans les vêtements ; et dont d’autres ressemblent à de petits scorpions, qui n’ont pas de queue, et qui sont d’une extrême petitesse.

Les premiers sont bien connus : ce sont les psoques, aussi appelés «poux des livres», des insectes aptères (sans ailes), d’un gris translucide et dont la taille dépasse rarement 2 mm. Ils s’attaquent à l’amidon des colles à reliure, dont ils sont particulièrement friands.

Les seconds, les chélifères cancroïdes, sont des arachnides presque trop petits pour être visibles à l’œil nu. Bien qu’on les appelle «scorpions des livres», ce sont en fait des pseudoscorpions, parce qu’ils n’ont pas de queue et que leur glande à venin est située dans leurs pinces.

Tous les jours, à notre insu, ces animalcules se livrent à un carnage sanguinaire. Les scorpions traquent les poux, les immobilisent d’une pincée de venin, puis leur injectent une enzyme digestive qui liquéfie leurs organes de façon à les rendre faciles à sucer.

La seule façon de se débarrasser de ces petites bêtes est de les priver de chaleur et d’humidité. Ou alors de numériser toute sa bibliothèque… Mais comme elles ne sont pas vraiment nuisibles, autant continuer à cohabiter paisiblement avec ces bestioles.

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