Bientôt dans un cinéma près de chez vous

Voici ce que vous réserve (peut-être) le grand écran en 2021.

Photo : MixMedia / Getty

Depuis mars dernier, la pandémie mondiale a solidement ébranlé les lieux culturels d’ici et d’ailleurs. La majorité des salles de cinéma ont été fermées pendant plusieurs mois, et quand elles ont rouvert pour une courte période, les spectateurs étaient moins nombreux à les fréquenter. La sortie des principales superproductions a été reportée à la deuxième moitié de 2021 et le lancement de plusieurs longs métrages québécois a aussi été remis. Cela a eu pour effet de provoquer une importante hausse de la consommation de divertissement sur les multiples plateformes numériques, incitant même certains studios américains à envisager pour 2021 une sortie simultanée, dans les cinémas et en ligne, de leurs productions. Le cinéaste québécois Denis Villeneuve s’est ouvertement opposé à la décision du studio Warner de proposer son Dune et 16 autres films en même temps sur la plateforme HBO Max et en salle. 

Dès que les cinémas rouvriront, nous assisterons sans doute à un combat féroce entre les distributeurs pour la présentation de leurs films, dont certains attendent depuis des mois sur les tablettes. Voici donc un survol des fictions que nous devrions voir en salle d’ici la fin de l’année.

Le cinéma québécois

Maria Chapdelaine, de Sébastien Pilote

Sébastien Pilote était prêt à nous offrir son Maria Chapdelaine pour le temps des Fêtes, mais le deuxième confinement en a décidé autrement. On a très hâte de découvrir comment le réalisateur du Vendeur et du Démantèlement a revisité le classique de Louis Hémon. Il s’agira de la quatrième adaptation cinématographique de Maria Chapdelaine, après celles de Julien Duvivier (1934), de Marc Allégret (1950), et la très populaire version de Gilles Carle (1983).

L’arracheuse de temps, de Francis Leclerc

Autre nouveauté à ne pas manquer durant la prochaine année, L’arracheuse de temps. C’est le troisième conte de Fred Pellerin porté à l’écran (après Babine et Ésimésac, réalisés par Luc Picard). Fort de sa collaboration avec le conteur pour Pieds nus dans l’aube, le cinéaste Francis Leclerc est passé des mots de son père Félix à ceux des personnages de Saint-Élie-de-Caxton, sur un scénario de Pellerin. 

Souterrain, de Sophie Dupuis

Après le succès critique et populaire de Chien de garde, la réalisatrice Sophie Dupuis nous plonge avec Souterrain au cœur d’une mine dans son Abitibi natale. Ce drame captivant montre l’importance de la solidarité dans un milieu tissé serré, surtout lors d’une mission de sauvetage dans les profondeurs de la mine. Joakim Robillard, dans le rôle principal de Maxime, est bien entouré, entre autres de Guillaume Cyr, Théodore Pellerin, Catherine Trudeau et James Hyndman.

Photo : D.R.

Autres films québécois dont la sortie est prévue cette année :

Bootlegger, de Caroline Monnet
La contemplation du mystère, d’Albéric Aurtenèche
Gallant : Confessions d’un tueur à gages, de Luc Picard
Le guide de la famille parfaite, de Ricardo Trogi
Hygiène sociale, de Denis Côté


Sorties américaines

Mourir peut attendre (No Time to Die), de Cary Fukunaga

Avec leurs coûteuses productions dépassant les 100 millions de dollars, les studios américains ne prendront pas le risque de revivre le cuisant échec de Tenet, le palindrome cinématographique de Christopher Nolan sorti l’été dernier en pleine crise sanitaire. Sans surprise, la nouvelle aventure de James Bond, Mourir peut attendre, a donc été reportée à de nombreuses reprises. Pour la 25e aventure sur grand écran du célèbre agent britannique, Daniel Craig revient faire un ultime tour de piste. Ça promet d’être à la hauteur de nos attentes.

Killers of the Flower Moon, de Martin Scorsese

Avec un budget frôlant les 200 millions de dollars américains, Martin Scorsese a eu les coudées franches pour mener à bien son Killers of the Flower Moon. Cette adaptation du livre éponyme du journaliste David Grann traite du meurtre de plusieurs Autochtones qui avaient trouvé du pétrole dans le comté d’Osage, en Oklahoma, durant les années 20. Robert De Niro et Leonardo DiCaprio, acteurs fétiches du cinéaste new-yorkais qui ont tourné respectivement neuf et cinq fois avec lui, tiendront la vedette dans ce sombre western. 

Dune, de Denis Villeneuve

C’est vers la période des Fêtes, avec un an de retard, que nous pourrons enfin découvrir le Dune de Denis Villeneuve, adaptation tant attendue du livre-culte de Frank Herbert. Grâce à ses solides Sicario, L’arrivée (Arrival) et Blade Runner 2049, le cinéaste québécois s’est taillé une place enviable parmi l’élite hollywoodienne, et Dune est l’un des événements cinématographiques majeurs de l’année. Reste à voir si le public sera au rendez-vous pour espérer une suite des aventures de Paul Atréides, rôle tenu par Timothée Chalamet.

Photo : Warner Bros. Entertainment Inc.

Autres films américains attendus cette année :

Les Éternels (Eternals), de Chloé Zhao
Nightmare Alley, de Guillermo del Toro
The French Dispatch, de Wes Anderson
The Last Duel, de Ridley Scott
West Side Story, de Steven Spielberg


Le cinéma français

OSS 117 : Alerte rouge en Afrique noire, de Nicolas Bedos

Nous aurons attendu 12 ans le grand retour d’Hubert Bonisseur de La Bath, alias OSS 117. Jean Dujardin reprend ici le rôle du légendaire agent secret français, cette fois sous la direction de Nicolas Bedos. Après Le Caire et Rio de Janeiro, cap sur le Kenya, où OSS 117 sera épaulé par un jeune coéquipier très doué, OSS 1001, campé par Pierre Niney. 

Annette, de Leos Carax

Leos Carax, qui a réalisé l’un des meilleurs films des années 2010 avec Holy Motors, enchaînera avec la comédie musicale Annette. Comme tous les projets de Carax, Annette a connu beaucoup de retard, surtout sur le plan de la distribution. Au départ, c’est la comédienne Rooney Mara qui devait tenir le rôle principal auprès d’Adam Driver. Puis Michelle Williams, puis Rihanna, selon la rumeur. C’est finalement Marion Cotillard qui incarnera une chanteuse d’opéra en couple avec un humoriste (Driver) et dont la petite fille, prénommée Annette, est dotée d’un don singulier.

Aline, de Valérie Lemercier

La toujours délirante Valérie Lemercier remixera « notre » Céline Dion nationale dans Aline, une comédie librement inspirée de la vie de la célèbre chanteuse québécoise. Tout en restant très respectueuse de la vedette de Charlemagne, Lemercier sera une Aline Dieu colorée et accessible comme la vraie Céline. Soutenu par une distribution essentiellement québécoise, dont Sylvain Marcel en Guy-Claude (le René Angélil du film), Aline a tout pour attirer bien des spectateurs dans les salles obscures.

Autres films français attendus cette année :

Astérix et Obélix : L’Empire du Milieu, de Guillaume Canet
BigBug, de Jean-Pierre Jeunet
Eiffel, de Martin Bourboulon
Petite maman, de Céline Sciamma
Titane, de Julia Ducournau


Productions internationales

Plusieurs cinéastes qui ont décroché la Palme d’or au Festival de Cannes se retrouveront peut-être sur la Croisette avec leur nouveau film. On attend avec impatience Le pouvoir du chien (The Power of the Dog), de la réalisatrice néo-zélandaise Jane Campion. Campion est encore à ce jour la seule femme à avoir remporté les grands honneurs du plus prestigieux festival de cinéma au monde, avec son magnifique La leçon de piano, sorti en 1993. 

Autres films internationaux attendus cette année :

Baby, Box, Broker, de Hirokazu Kore-eda
L’ombre du Caravage (L’ombra di Caravaggio), de Michele Placido
Memoria, d’Apichatpong Weerasethakul
The Hand of God, de Paolo Sorrentino
Triangle of Sadness, de Ruben Östlund

Vivement la réouverture des salles et bon cinéma !

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