Bientôt un camping urbain à Montréal ?

Si l’idée de camper au centre-ville semble relever du mouvement Occupy, elle réjouit les amoureux de la nature et du tourisme durable qui ne peuvent pas s’évader de la ville. Les premiers piquets ont déjà été plantés dans certaines métropoles, et à Montréal, un projet de campings urbains est sur la table… de piquenique.

Photo : Boréalis/Eco-Design Lab

Les amateurs de plein air, les cyclotouristes et les vacanciers à petit budget pourraient être séduits par l’ambitieux projet de Vincent Léger et ses partenaires : créer des terrains de camping à deux pas du centre-ville.

« Une tente pour 75 dollars au lieu d’une chambre à 250, ça vaut la peine », croit le consultant en écotourisme et copromoteur du projet. Selon lui, de tels endroits permettraient à Montréal de devenir un leader en tourisme vert et de faire concurrence aux Américains, qui attirent beaucoup de voyageurs avec des campings semblables à New York.

Le groupe Boréalis, dont Vincent Léger fait partie, voit grand. Il propose d’utiliser la bâche du Stade olympique, qui doit être remplacée, pour couvrir un écocamping au Parc olympique. Un autre camping pourrait être aménagé au bassin Peel, près du canal de Lachine, où les projets de casino et du Cirque du Soleil ont avorté en 2006. Ces campings seraient exclusivement réservés aux tentes et n’offriraient pas de service d’électricité, ce qui en ferait un substitut vert aux types d’hébergement traditionnels.

Mais ne déroulez pas votre sac de couchage trop vite. La Ville n’a pas encore délivré les autorisations nécessaires.

Les promoteurs consultent actuellement Tourisme Montréal afin d’élaborer un plan d’aménagement. Le porte-parole de l’organisme, Pierre Bellerose, croit que ce type d’hébergement pourrait attirer une nouvelle clientèle dans la métropole. « Le problème, c’est que les terrains sont très chers dans les grandes villes et qu’on ignore encore si le projet serait assez rentable », dit-il. Le groupe Boréalis serait tout de même prêt à occuper temporairement les terrains vacants.

 

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Maquette de l’écocamping dans le secteur du Bassin Peel


Photo :Boréalis/Eco-Design Lab

Tour du monde des campings urbains


États-Unis

Le National Park Service – l’équivalent américain de Parcs Canada – a déjà aménagé quelques emplacements de camping sur les lieux d’un ancien aéroport de Brooklyn. À terme, ce camping devrait offrir quelque 600 emplacements.

Depuis trois ans, la Ville de New York permet de camper dans une douzaine de ses parcs, dont Central Park, afin que les résidants puissent se reconnecter avec la nature . On se bouscule pour décrocher une réservation et les campings affichent complet presque toutes les fins de semaine. Un système de tirage au sort a dû être instauré pour attribuer les emplacements.


Photo : NYC Park

Allemagne

En 2006, un camping urbain a vu le jour à seulement quelques minutes de la gare centrale de Berlin. Entouré de verdure, Tentstation attirait des gens de partout. Il a cependant fêté son cinquième et dernier anniversaire en 2011. Un spa luxueux remplacera le village de toile.


Photo : Tentstation

Munich a son camping, à proximité de la métropole, depuis les Jeux olympiques de 1972. On peut y accéder en transport en commun 24 heures sur 24 et y dormir pour seulement 7,50 euros la nuit.

Angleterre

Les Jeux olympiques ont aussi été le prétexte pour créer un camping urbain à Londres. Camping at the Games offre aux touristes de séjourner au centre-ville pour seulement 10 euros la nuit. Pour 15 euros supplémentaires, on leur prête une tente. Les organisateurs estiment qu’ils peuvent accueillir environ 10 000 personnes dans la métropole. Chaque emplacement a été choisi pour faciliter l’accès aux installations olympiques. Le petit-déjeuner est compris et des activités – surtout sportives – sont organisées tous les jours.


Photo : Geoff Vaughan/CampingNinja

France

À Paris, il est possible d’atténuer les lueurs de la Ville lumière dans le bois de Boulogne, à quelques minutes du centre-ville. Une navette fait constamment l’aller-retour entre le Camping de Paris et le métro le plus près. En partenariat avec l’Office de tourisme de la Ville, des guides proposent différents itinéraires aux vacanciers. 

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Des architectes belges ont conçu une structure destinée expressément au camping urbain. Quatre plateformes sont empilées à la verticale et permettent aux campeurs de côtoyer la cime des arbres au lieu du béton. L’Urban Camping, imaginé par la société Import.Export, a été adopté par certaines villes, comme Copenhague, au Danemark, et Anvers, en Belgique. Vincent Léger et ses partenaires souhaitent également importer cette structure chez nous.


Photo : Import.export Architecture