Bilan du Mondial : l’Afrique peut être fière

Au terme d’un mois de compétition, la première Coupe du monde africaine a pris fin sur le titre de l’Espagne. Quelles ont été les équipes surprises ? Quels scandales ont agité les débats ? Quelles vedettes ont tiré leur épingle du jeu ? Retour sur les événements marquants de ce Mondial.

Photo : Themba Hadebe/AP/PC

Au terme d’un mois de compétition, la première Coupe du monde africaine a pris fin sur le titre de l’Espagne. Quelles ont été les équipes surprises ? Quels scandales ont agité les débats ? Quelles vedettes ont tiré leur épingle du jeu ? Retour sur les événements marquants de ce Mondial.

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« L’Afrique peut être fière d’avoir organisé cette Coupe du monde, l’Afrique du Sud encore plus, et le football africain peut être fier de ses dirigeants. » Cette remarque, exprimée par le président de la Fédération internationale de football (FIFA), Joseph Blatter, vaut son pesant d’or. Lire la suite.

Zuma saura-t-il rebondir ? >>
La Fédération Internationale de Football (Fifa) tient à ce que sport et politique ne se mélangent pas. Mais il n’est un secret pour personne qu’une équipe nationale victorieuse peut donner un sacré coup de pouce pour renforcer un chef d’Etat en difficulté, ou développer le patriotisme des citoyens. Lire la suite.

Une belle image, mais peu d’effets durables >>
Une image que l’on retiendra de cette Coupe du monde 2010 est celle d’une population unie, par delà les barrières raciales, derrière son équipe nationale, les Bafana Bafana. Lire la suite.

Des retombées économiques plus solides qu’annoncé >>
L’Afrique du Sud a investi plus de 33 milliards de rands (environ 4,5 milliards $) dans les infrastructures routières, aéroportuaires et les transports en commun, créant par la même occasion environ 130 000 emplois entre 2007 et 2010 – la plupart temporaires, toutefois. Lire la suite.

Un titre historique pour l’Espagne et l’Europe >>
Le sacre de l’Espagne est historique à plus d’un titre. La Roja a d’abord et avant tout glané sa première étoile de championne du monde, mais c’est aussi la première victoire d’une nation européenne obtenue en dehors du vieux continent. Lire la suite.

Les satisfactions, les surprises, les déceptions >>
Pour les Pays-Bas, l’histoire est cruelle. Défaits pour la troisième fois en finale en autant de participations à ce niveau (après 1974 et 1978), les Oranjes n’ont cependant pas à rougir de leur compétition. Lire la suite.

Débâcles et débats >>
Les déroutes française et italienne, les controverses liés à l’arbitrage… La Coupe du monde sud-africaine n’a pas été épargné au chapitre des scandales. Lire la suite.

Les vedettes du Mondial >>
La finale de cette Coupe du monde devait venir consacrer l’Espagnol David Villa ou le Néerlandais Wesley Sneijder comme meilleur joueur de la compétition. Il n’en a rien été. C’est l’Uruguayen Diego Forlan qui a remporté le Ballon d’or du tournoi. Lire la suite.

 

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UNE ORGANISATION RÉUSSIE

 

« L’Afrique peut être fière d’avoir organisé cette Coupe du monde, l’Afrique du Sud encore plus, et le football africain peut être fier de ses dirigeants. » Cette remarque, exprimée par le président de la Fédération internationale de football (FIFA), Joseph Blatter, vaut son pesant d’or. Premier Mondial organisé en sol africain, cette 19e édition, qui a couronné l’Espagne, a eu le mérite de mettre le continent noir en valeur. Il n’y a qu’à voir le magnifique stade Soccer City pour comprendre l’ambition sud-africaine, désireuse de montrer un visage conquérant, mais surtout différent.

Pendant un mois capitale du « ballon rond », l’Afrique du Sud a été le très bel hôte de touristes venus du monde entier célébrer le football. Il y avait pourtant des sceptiques qui pensaient que ce pays n’était pas capable d’organiser un événement de cette envergure. Mais le succès a été au rendez-vous !

Des stades désertés par la population ? Pas du tout. Cette Coupe du monde vient se classer au troisième rang de l’histoire pour l’affluence totale, avec un peu plus de trois millions de spectateurs pour les 64 matchs disputés – seuls les États-Unis en 1994 (3,59 millions) et l’Allemagne en 2006 (3,36 millions) ont fait mieux. Des joueurs portant des gilets pare-balles en tout temps ? Il n’en a rien été. Dans un pays où l’on dénombre 50 meurtres par jour en moyenne, l’explosion de violence appréhendée n’a jamais eu lieu, malgré plusieurs arrestations pour des affaires de vol.

En dépit de l’élimination rapide de l’équipe locale, les Bafana Bafana, la nation arc-en-ciel a continué à faire la fête pendant un mois et peut se targuer de nous avoir offert un classique instantané : le désormais célèbre vuvuzela. D’abord raillé et détesté par les téléspectateurs de la planète entière en raison du bourdonnement incessant qu’il produit, l’instrument est devenu une source de plaisanterie et de création infinie. YouTube a même ajouté sur son site un bouton spécial recréant le bruit si particulier de ces trompettes.

Le bilan dressé par M. Blatter est élogieux. « Je donnerais une note de 9 sur 10, ce qui dans n’importe quelle université vaudrait les félicitations du jury. » L’Afrique du Sud a même reçu les compliments du président du Comité international olympique (CIO), Jacques Rogge, pour « l’incroyable succès » de cette Coupe du monde. De quoi donner des idées pour organiser les premiers Jeux olympiques africains ?

Photo : Themba Hadebe/AP/PC

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ZUMA SAURA-T-IL REBONDIR ?

 

La Fédération Internationale de Football (Fifa) tient à ce que sport et politique ne se mélangent pas. Mais il n’est un secret pour personne qu’une équipe nationale victorieuse peut donner un sacré coup de pouce pour renforcer un chef d’Etat en difficulté, ou développer le patriotisme des citoyens. Les succès de l’équipe du Ghana auront ainsi certainement beaucoup plus contribué, en quelques jours, à construire un sentiment d’unité au sein de la population africaine que l’Union africaine – et avant elle l’Organisation de l’unité africaine – en plusieurs décennies.
Avec l’organisation de cette Coupe du monde, tout le monde attendait au tournant Jacob Zuma et son gouvernement de l’ANC (Congrès National Africain). Le quasi sans faute effectué aura, au contraire, apporté un répit au président sud-africain. Mais celui-ci devra, au cours des prochains mois, faire face à de nombreuses difficultés : grogne sociale, coalition au pouvoir divisée, xénophobie… « Si la Coupe du monde a créé un lien émotionnel entre les Sud-Africains, elle n’effacera pas les divisions », commente Aubrey Matshiqi, chercheur au Centre for Policy Studies. Et le Conseil national de l’ANC, prévu en septembre, promet d’être houleux.

Patricia Huon

 

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UNE BELLE IMAGE, MAIS PEU D’EFFETS DURABLES

 

Une image que l’on retiendra de cette Coupe du monde 2010 est celle d’une population unie, par delà les barrières raciales, derrière son équipe nationale, les Bafana Bafana. Quinze ans après la Coupe du monde de rugby de 1995, ce Mondial de football aura contribué, au moins momentanément, au processus de réconciliation post-apartheid en Afrique du Sud. « Le pays avait déjà connu ce sentiment d’euphorie après les élections de 1994. Cette Coupe du monde est arrivée à un moment où nous avions besoin d’un nouvel élan », affirme Catherine Shulze, porte-parole de l’Institut Sud-Africain des relations raciales (SAIRR). « Mais la pauvreté, les inégalités et le chômage sont des problèmes qui ne vont pas se résoudre du jour au lendemain. La fête terminée, la vie va reprendre son cours normal. Et le pays pourrait se réveiller avec la gueule de bois ». Le coup de sifflet final à peine entendu, on craint déjà de nouvelles émeutes xénophobes dans les townships sud-africains. En 2008, celles-ci avaient fait 62 morts et plus de 100.000 personnes avaient été déplacées.

Patricia Huon

 

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DES RETOMBÉES ÉCONOMIQUES PLUS SOLIDES QU’ANNONCÉ

 

L’Afrique du Sud a investi plus de 33 milliards de rands (environ 4,5 milliards $) dans les infrastructures routières, aéroportuaires et les transports en commun, créant par la même occasion environ 130 000 emplois entre 2007 et 2010 – la plupart temporaires, toutefois. Elle a aussi recruté 44 000 officiers de police supplémentaires pour la compétition.

Le ministère des Finances visait une croissance de son PIB de 0,4 % grâce à l’organisation de ce Mondial. Improbable, avaient prédit de nombreux experts économiques. Mais les premiers chiffres semblent finalement donner raison au gouvernement sud-africain.

L’objectif initial de 450 000 touristes (révisé à 300 000 après le début de la crise économique) pourrait être dépassé si l’on en croit Danny Jordaan, le président du comité d’organisation. Ce dernier a annoncé que 364 000 touristes s’étaient rendus en Afrique du Sud durant les deux premières semaines de la compétition. Selon Malusi Gigaba, le vice-ministre de l’Intérieur, c’est tout simplement un million d’étrangers – la plupart en provenance des pays voisins – qui auraient franchi les frontières sud-africaines durant le mois de juin.

L’industrie du tourisme est la grande bénéficiaire de cet événement planétaire. Le secteur aurait gagné près de 8,8 milliards de rands (1,2 milliards $) durant la compétition, selon le cabinet sud-africain de conseil Grant Thornton Strategic Solutions, qui prévoit également la venue de 1,5 million de visiteurs étrangers additionnels entre aujourd’hui et 2015.

Photo : Schalk van Zuydam/AP/PC

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UN TITRE HISTORIQUE POUR L’ESPAGNE ET L’EUROPE

 

Le sacre de l’Espagne est historique à plus d’un titre. La Roja a d’abord et avant tout glané sa première étoile de championne du monde, mais c’est aussi la première victoire d’une nation européenne obtenue en dehors du vieux continent.

Et cette issue n’était pas des plus évidentes après le premier tour de la compétition. Des 13 nations européennes engagées, seules six accédaient aux huitièmes de finale – en 2006, elles étaient 10 sur 14 à s’être qualifiées lors du Mondial allemand. Il n’en fallait pas plus pour que soit annoncée la fin de la domination européenne en matière de football, d’autant que dans le même temps, l’Amérique du Sud qualifiait ses cinq représentants pour la suite du tournoi, et de belle manière.

C’est finalement en quarts de finale que tout s’est inversé. L’Europe a vu ses trois équipes rescapées accéder aux demi-finales, alors qu’une seule sélection sud-américaine sur les quatre engagées s’en sortait. Comme en 2006, le podium a finalement accueilli trois équipes européennes.

Les amateurs n’auront pas été servis en buts. Le Mondial sud-africain est même passé proche d’être le moins prolifique de l’histoire avec 145 buts marqués en 64 matchs (moyenne de 2,27 par rencontre), soit légèrement plus que la Coupe du monde de 1990, disputée en Italie (115 en 52 matchs, soit une moyenne de 2,21 par partie).

Mais il ne faut pas s’y tromper. Même si l’Espagne, avec huit buts en sept matchs, devient le pays champion ayant marqué le moins de buts de l’histoire, sa victoire est pourtant celle d’un football offensif et plaisant – sur ce plan, on apprécie tout autant la présence des Pays-Bas et de l’Allemagne sur le podium. Jamais les Espagnols ne refusent le jeu pour se replier en défense. La Roja voit aujourd’hui récompensée sa domination sur le monde du football depuis maintenant trois ans. Si elle n’a pas été la plus spectaculaire du tournoi, sa maîtrise collective, son jeu de passes rapides et son impressionnante technique en font sans conteste la meilleure équipe.

Photo : Matt Dunham/AP/PC

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LES SATISFACTIONS, LES SURPRISES, LES DÉCEPTIONS

 

Pour les Pays-Bas, l’histoire est cruelle. Défaits pour la troisième fois en finale en autant de participations à ce niveau (après 1974 et 1978), les Oranjes n’ont cependant pas à rougir de leur compétition. Physiques, solidaires et parfois brillants, ils ont fait rêver toute une nation à un premier titre, mais la finale a récompensé l’équipe la plus ambitieuse. L’autre vraie satisfaction de cette Coupe du monde n’est autre que l’Allemagne, troisième sur le podium. Jeune, rapide, dynamique, offensive, séduisante… Les adjectifs ne manquent pas pour qualifier la troupe de Joachim Löw, qui restera pour beaucoup le vrai coup de cœur de ce tournoi. Les États-Unis et le Mexique, éliminés en huitièmes de finale, ont quant à eux confirmé la très bonne disposition du jeu en provenance d’Amérique, offrant un spectacle agréable et un très bel état d’esprit.

Au rayon des surprises, on rangera bien entendu l’Uruguay, double vainqueur de l’épreuve (1930 et 1950) et quatrième de l’édition 2010. Cela faisait 40 ans que la Celeste ne s’était plus rendue à ce niveau de la compétition. Emmené par sa vedette Diego Forlan, élu meilleur joueur du tournoi, le pays peut à nouveau revendiquer le statut de puissance d’Amérique du Sud. Le Ghana mérite aussi amplement d’être mentionné. Les Black Stars sont seulement devenus la troisième équipe africaine à se qualifier pour les quarts de finale d’un Mondial, après celles du Cameroun (1990) et du Sénégal (2002). Mais leur parcours sera éternellement teinté d’amertume, en raison du scénario incroyable qui a précédé leur élimination face aux joueurs de l’Uruguay.

Pour le Brésil, on parlera de déception. Après les quarts de finale, la Seleção a été forcée de rentrer prématurément à la maison, où les partisans mécontents l’attendaient de pied ferme. Ceux-ci seront toutefois heureux de voir partir Dunga, le sélectionneur qui prônait un jeu très défensif, dans lequel les Brésiliens ne se reconnaissaient pas. L’Angleterre, défaite en huitièmes de finale, fait aussi partie des désappointements de cette Coupe du monde. En puisant exclusivement dans son championnat national pour composer sa sélection, elle a involontairement relancé l’idée que la Premier League, (auto)proclamée meilleure compétition de clubs du monde, ne doit son niveau qu’à l’apport de joueurs étrangers. Enfin, le Portugal, à l’image de sa vedette Cristiano Ronaldo, a traversé ce Mondial comme un fantôme. Certes, il a humilié la Corée du Nord 7-0 au premier tour, mais ce sont là les seuls buts qu’il est parvenu à inscrire durant la compétition.

Photo : Bernat Armangue/AP/PC

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DÉBÂCLES…

 

Avant même le début de la compétition, les deux finalistes de la Coupe du monde 2006, l’Italie et la France, ne faisaient pas partie des grands favoris, même si personne n’osait les prendre à la légère. La faute est attribuable à des résultats en dents de scie, à des performances loin d’être emballantes sur le terrain et à des controverses en dehors de celui-ci.

Du côté italien, la défaite est avant tout celle du sélectionneur Marcello Lippi et de ses idées. Envers et contre tous, il a choisi d’emmener neuf joueurs déjà présents lors de la campagne victorieuse de 2006. Vieillissante, sans idée et perdue sur le terrain, l’équipe est sortie du Mondial sans remporter une seule victoire.

Mais à côté de la France, les Italiens passeraient presque inaperçus. En renvoyant un joueur chez lui après qu’il eut violemment insulté son sélectionneur, en boycottant un entraînement à deux jours d’un match capital contre l’Afrique du Sud, en refusant de serrer la main du sélectionneur des Bafana Bafana et en terminant dernière de son groupe, l’équipe des Bleus a projeté une terrible image du football français et, pire, de la France. Désormais une affaire politique, la déroute française n’a pas fini de faire jaser.

 

…ET DÉBATS

 

Encore mieux (ou pire ?) que les débâcles françaises et italiennes, c’est l’arbitrage qui aura provoqué le plus grand scandale de ce Mondial. Depuis plusieurs années, le débat sur l’utilisation de la vidéo dans le football fait rage, et la compétition sud-africaine semble avoir eu raison des dernières réticences. Le dimanche 27 juin restera comme un jour noir dans l’histoire de la Coupe du monde et de l’arbitrage, mais peut-être aussi une journée à marquer d’une pierre blanche dans celle du jeu.

Privée d’un but tout à fait valable car les officiels n’avaient pas vu le ballon rentrer dans la cage avant d’en ressortir, l’Angleterre a été éliminée de la compétition par l’Allemagne au stade des huitièmes de finale. Certes, l’issue de la rencontre (4-1) ne laisse aucun doute sur le mérite du vainqueur, mais si le but avait été accordé comme il aurait dû l’être, les deux équipes auraient terminé la première demie sur le score de 2-2. Bien heureux celui qui peut prédire ce qu’il serait advenu ensuite…

Seulement quelques heures après cet incident, le match de huitièmes de finale Argentine-Mexique a aussi été entaché d’une grossière erreur d’arbitrage. Carlos Tevez avait donné l’avantage aux hommes de Diego Maradona, mais son but aurait dû être refusé pour un hors-jeu plus qu’évident. Là encore, l’Argentine s’est finalement imposée sans heurts (3-1), mais ce fait de jeu a complètement changé la donne.

Ces injustices, commises devant les yeux du monde entier, ont acculé la FIFA à revoir sa position sur l’arbitrage. « C’est la dernière Coupe du monde avec le système actuel », a annoncé à la BBC son secrétaire général, Jérôme Valcke. « Le jeu est si rapide et le ballon vole tellement vite. Les arbitres sont plus vieux que les joueurs. Il faut les aider. Nous devons faire quelque chose. » Reste que le recours à la vidéo est loin d’être acquis. On parle plutôt d’ajouter deux officiels (chacun derrière un but), ce qui porterait leur nombre à cinq pour chaque match.

L’autre injustice de ce Mondial, morale cette fois-ci, est l’élimination des Black Stars en quarts de finale. Rappel des faits : un attaquant uruguayen a volontairement empêché un but pour le Ghana, qui n’a pas transformé son penalty et a ensuite été éliminé à l’issue de l’épreuve des tirs au but. Techniquement, il n’y a rien à redire. Le règlement a été respecté de A à Z, et les Ghanéens ne peuvent s’en prendre qu’à eux-mêmes puisqu’ils ont eu l’occasion de l’emporter. Mais le déroulement de l’action fera dire à certains anciens joueurs et arbitres qu’il faudrait introduire dans les règles la notion de « but de pénalité », c’est-à-dire que pour une action de ce type, quand il est certain que le ballon va rentrer et qu’une faute volontaire l’en empêche, le but serait automatiquement validé. L’idée fait son chemin, mais sa mise en pratique reste très improbable.

Photo : Jacques Brinon/AP/PC

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LES VEDETTES DU MONDIAL

 

La finale de cette Coupe du monde devait venir consacrer l’Espagnol David Villa ou le Néerlandais Wesley Sneijder comme meilleur joueur de la compétition. Il n’en a rien été. C’est l’Uruguayen Diego Forlan qui a remporté le Ballon d’or du tournoi, après avoir marqué cinq buts, réussi une passe décisive et livré un fabuleux combat tout au long des sept matchs qu’il a disputés.

David Villa reste un acteur important de la victoire espagnole puisqu’il a inscrit cinq des huit buts de la Roja dans la compétition. Mais en aurait-il été de même sans l’activité incessante du métronome Xavi et de l’agitateur Andres Iniesta au milieu ? Et que dire de la défense… Le gardien Iker Casillas est resté quatre matchs consécutifs sans prendre de but, bien aidé par les intraitables Carles Puyol et Gerard Piqué.

Au sortir d’une saison étincelante avec respectivement l’Inter Milan et le Bayern Munich, Wesley Sneijder et Arjen Robben ont illuminé le jeu néerlandais de leur classe, tout comme les espoirs allemands. Thomas Müller, élu meilleur jeune de la compétition et meilleur buteur, a été impressionnant. De nombreux experts voient d’ailleurs dans son absence à la demi-finale (il était suspendu) une des raisons de l’échec de la Nationalmannschaft. Mesut Özil, le meneur de jeu d’origine turque, fait déjà tourner les têtes de nombreux dirigeants de clubs, impressionnés par son instinct et sa patte gauche magique. Et en l’absence du capitaine Michael Ballack, Bastian Schweinsteiger a disputé un tournoi exemplaire, animant le milieu de terrain allemand avec beaucoup de justesse.

Lionel Messi et Cristiano Ronaldo, que l’on attendait comme les deux vedettes du Mondial, ont déçu. Le prodige argentin a toutefois évolué une classe au-dessus du Portugais, participant de près ou de loin à 7 des 10 buts de l’Albiceleste, alors que Ronaldo a surtout paru fatigué et perdu dans l’organisation tactique de la Selecção. Quant à Wayne Rooney, les rumeurs laissent croire qu’il a joué blessé ou insuffisamment remis de son entorse à la cheville droite.

Photo : Roberto Candia/AP/PC