Musique en 2015 : ça promet !

Le début de l’année musicale n’aurait pas la même saveur sans le classique et non exhaustif aperçu de la pépinière de talents à suivre en 2015. Tour d’horizon du cru, pour un millésime qu’on espère encore meilleur que le précédent.

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Photo : Zahia Nolin

Safia Nolin

Safia Nolin, c’est d’abord une voix sibylline, suivie d’un frisson qui vous parcourt le corps. Guitare sous le bras, avec son coffre et sa désarmante timidité comme compagnons de route, cette native de Saint-Ferréol-les-Neiges, lauréate du prix SOCAN 2012 pour la chanson « Igloo », combat ses démons avec un folk-rock qui perfore l’âme de bout en bout. Ses chansons à fleur de peau, tantôt murmurées, tantôt criées à la face du monde, la mettent à nu sans artifice, mais avec pudeur. Les quelques titres qu’on trouve ici et là — comme « La valse à l’envers », « La laideur » ou une apparition sur le dernier album de Koriass — vous mettront peut-être déjà le cœur en pièces détachées. Point trop n’en faut, l’album attendu au printemps dessinera la suite.

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Photo : Yannick Fornacciari

The Posterz

La scène hip-hop québécoise semble avoir accouché d’un bel ovni. L’explosion est attendue en 2015 pour le bouillonnant trio de rappeurs montréalais The Posterz. Les décomplexés Husser, Chris G et Sir Share-It font déjà des émules hors de la province, alors même qu’ils n’ont officiellement qu’un format court en poche : Starships & Dark Tints. Sourire aux lèvres, ils écument les scènes pour y distiller leur rap (notamment en France, en décembre dernier, pour une microtournée) : productions léchées, diction et textes piquants, lignes mélodiques délicieusement dérangeantes. Entendons-nous, ce groupe ne réinvente pas le genre. Mais sa spontanéité, son sens très affirmé de l’image et un certain charisme laissent entrevoir de belles choses. Sortie du premier album prévue au printemps.

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Photo : Marie-Claude Robert

Nanochrome

Le postrock planant et cotonneux de ce groupe invite au vertige : atmosphérique, voire spatial, entre rythmiques douces et voix aiguës. Pour Nanochrome, tout est question d’ambiance, de nuances, de se laisser le temps sur chaque morceau. Lauréate de l’édition 2014 du FRIMAT (Festival de la relève indépendante musicale en Abitibi-Témiscamingue), où elle a raflé trois prix, la jeune formation de Val-d’Or débute en fanfare. Si l’ensemble demande encore à être peaufiné, il y a là un fertile terreau musical à cultiver, dans la veine d’un groupe comme Monogrenade, dont la formation s’inspire notamment. Nanochrome est encore en mode recherche, mais quoi de plus naturel pour ce groupe formé il y a à peine deux ans ? Un premier format court (single) devrait voir le jour au printemps.

(Cliquez sur l’image ci-dessous pour voir Nancochrome en performance à La Fabrique culturelle)

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Viet Cong

Viet Cong, premier album éponyme du groupe de Calgary, dure 37 minutes à peine. Ce brûlot dévastateur n’avait guère besoin de plus pour convaincre. Les sept morceaux résonnent comme autant d’ogives lâchées aux quatre vents — des ful­gurances rocks et punks de l’instant, acides et corrosives à souhait. Cet opus n’est absolument pas léché, au contraire, et pourtant il se passe à l’évidence quelque chose d’hypnotisant. Le plaisir des musiciens est évi­dent : solos hurlants et rageurs, rythmiques chirurgicales, lancinants et suaves refrains. Sur ce disque conçu comme s’il allait s’autodétruire à la fin de l’écoute, le chanteur Matt Flegel et le batteur Mike Wallace, entourés des excellents guitaristes Scott Munro et Daniel Christiansen, ont pensé chaque pièce à la manière d’une bombe à retardement. Leur sérum postpunk s’inocule du premier au dernier morceau, « Death », qui conclut l’album avec 12 minutes sous pression. Un vrai « mental de Viêt-cong ».

(Viet Cong / Viet Cong / Flemish Eye)
En concert le 30 janvier à Montréal, au bar Le Ritz PDB.

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SILENCE RADIO

Ils ne fouleront plus la scène cette année pour un dernier rappel. Beaucoup d’artistes d’horizons musicaux variés ont disparu en 2014 : l’icône de la musique gitane Manitas de Plata, Bobby Womack, Paco de Lucía, le jazzman torontois Kenny Wheeler, Johnny Winter, le batteur de Pink Martini et la moitié du duo The Everly Brothers, pour ne citer qu’eux. Afin d’entretenir un brin de nostalgie et de leur rendre hommage, nous avons mis une petite sélection musicale sur le blogue, avec leurs pièces phares ou méconnues. Un dernier regard dans le rétroviseur, avant de foncer tête baissée dans la nouvelle année.

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