Cali, le vrai fou chantant !

Cali repousse encore ses limites et met la barre si haut qu’il lui sera difficile de se surpasser. 

par Ralph Boncy

Fou d’amour, explosant de vie, voici Cali le Catalan dans son disque le plus excentrique et le plus réussi. « Je ne peux pas me permettre des chansons tièdes. J’y ai mis du sang et des tripes ! » clame cet artiste survolté qui n’écrit ses délires que pour bondir sur scène et se jeter à corps perdu dans la foule.

Dopé à l’électrochoc, plus spontané que les précédents, cet album canon évoque le rock français d’Indochine, mais le chanteur impudique s’éclate comme Iggy Pop. Mû par une urgence de gueuler, par une pulsion exhibitionniste, Cali repousse encore ses limites et met la barre si haut qu’il lui sera difficile de se surpasser.

Qui d’autre peut égaler l’éloquence de Boris Vian (« Lettre au ministre… ») et le lyrisme de Léo Ferré (« Nous serons tous les deux »), pour se métamorphoser ensuite en Éric Cantona, joueur de soccer insolent de talent, écarlate et triomphant ?

CALI / LA VIE EST UNE TRUITE ARC-EN-CIEL QUI NAGE DANS MON CŒUR / Virgin/EMI