Ce qui se cache derrière AmericanDream.ca : L’intégrale

La pièce AmericanDream.ca : L’intégrale, de Claude Guilmain, est en lice pour les Prix littéraires du Gouverneur général 2020 dans la catégorie Théâtre.

Conseil des arts du Canada, Christian Lalonde / Montage L'actualité

Auteur, concepteur, scénographe, metteur en scène et réalisateur, Claude Guilmain est cofondateur du Théâtre la Tangente, compagnie de création de Toronto. Parties 1 et 2 de sa trilogie AmericanDream.ca ont ouvert les Zones théâtrales au Centre national des Arts en 2015. Son texte Comment on dit ça « t’es mort », en anglais ?, publié aux Éditions L’Interligne en 2012, est récipiendaire du Prix littéraire Émile-Ollivier décerné par le Conseil supérieur de la langue française du Québec. Il est récipiendaire du Prix d’excellence artistique arrière-scène de Théâtre Action pour L’Implorante, une co-mise en scène avec Louise Naubert. Il a également réalisé huit documentaires pour l’Office national du film du Canada.

Comment s’est déroulée la création de cette pièce ?

La création de cette pièce de théâtre est le fruit de sept ans de travail avec le Théâtre la Tangente de Toronto. Partie 1 de la Trilogie a été créée en 2013 et Partie 2 en 2015. Ces deux premières parties ont été présentées au festival Zones théâtrales au Centre national des Arts à Ottawa en 2015 et au Théâtre français de Toronto en 2017. La Trilogie a été présentée dans le cadre de la saison 2018-2019 du Théâtre français du Centre national des Arts à Ottawa.

En m’inspirant de la disparition de mon grand-père à New York en 1942, j’ai écrit l’histoire d’une famille dont tous les personnages ont rêvé d’un idéal d’avenir : des grands-parents aux petits-enfants, se transmet la désillusion. Triste héritage. Le rêve américain nous vend l’illusion qu’un bonheur, ça s’achète, comme tout le reste. Et comme la volonté ou la foi n’ont pas toujours raison du malheur…

Le texte aborde, en partie, les dérives du capitalisme et de l’empire américain tout en créant des liens entre l’histoire individuelle et l’histoire collective. Se reconnaitre dans l’autre, dans les liens qui nous unissent, dans la similitude des parcours, dans la quête de vérité. Au fil de quatre générations sont dévoilés des drames personnels, intimes, dont la convergence constituera un drame collectif, un drame sociétal.

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Un extrait d’AmericanDream.ca : L’intégrale

ALAIN

Il y a un X sur la rue Elm à Dallas, là où la balle a frappé Kennedy. Tu peux te tenir sur le X et faire prendre ta photo en plein milieu de la rue. 

Il y en avait qui se prenaient en photo avec leur portable, les pieds sur le X, et ils envoyaient leurs selfies jusqu’à – j’sais pas trop où, là…Partout au monde, des centaines de photos sont apparues sur Facebook, des personnes, souriantes en pleine rue, à Dallas au Texas le 22 novembre 2013.

Des photos de pieds sur le X, des photos de milliers de pieds sur un X.

Partout sur Facebook, des gens « likent » voir les pieds de leurs amis sur le X à l’endroit même où un homme a été abattu, il y a cinquante ans.

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AmericanDream.ca : L’intégrale, par Claude Guilmain, L’interligne