Ce qui se cache derrière Chienne

Le roman Chienne, de Marie-Pier Lafontaine, est en lice pour les Prix littéraires du Gouverneur général 2020 dans la catégorie Romans et nouvelles.

Conseil des arts du Canada, Christian Lalonde / Montage L'actualité

Marie-Pier Lafontaine est étudiante au doctorat en études littéraires à l’Université du Québec à Montréal. Chienne est son premier roman. 

Comment s’est déroulée la création de ce livre ? 

J’ai écrit Chienne dans le cadre de mes études en création littéraire à l’UQAM. L’écriture s’est avérée éprouvante, mais nécessaire. J’ai ensuite retravaillé le texte sous le regard précis et intelligent d’Olga Duhamel-Noyer chez Héliotrope. 

Que souhaitez-vous que les lecteurs retiennent de votre livre ? Quel message vouliez-vous faire passer ? 

Que la violence familiale peut prendre diverses formes, et que chaque fois qu’une enfance est mutilée, nous échouons en tant que société. 

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Un extrait de Chienne

J’aurais voulu, pour ma sœur et moi, une mère debout. Qui traverse les couloirs. Arrache les portes, allume les lumières. Une qui hurle plus fort que les terreurs. J’aurais tellement voulu une mère stridente. Une mère à nous, pour nous, pour bercer nos cauchemars. Je l’aurais choisie avec iris, tympan et tambours. Elle aurait été toute en colère. Sans lignes de fuite ni fatigue. Une femme au ventre plein. À border les nuits sans étoiles. Elle nous aurait décroché des petits matins aux croissants, des couleurs et la lune. Serait accourue. Je lui aurais demandé de nous tenir la main. Pour traverser le monde. De brosser nos cheveux, d’empêcher le sang de couler. Mais nous savons très bien, ma sœur et moi. Depuis longtemps. Les mères n’existent pas. 

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Chienne, par Marie-Pier Lafontaine, Héliotrope