Ce qui se cache derrière La pluie des autres

Le livre La pluie des autres, de DaphnéB, est en lice pour les Prix littéraires du Gouverneur général 2022 dans la catégorie Littérature jeunesse – texte.

montage : L’actualité

Poète et traductrice littéraire, Daphné B. vit et travaille à Montréal. Son ouvrage Maquillée (Marchand de feuilles), un essai hybride qui allie sociologie, autofiction et poésie, a remporté le Prix des libraires 2021. Elle a également publié deux recueils de poésie salués par la critique, Bluetiful en 2015 (Les Éditions de l’Écrou) et Delete (L’Oie de Cravan) en 2017, en plus d’écrire dans de nombreuses revues. Elle a cofondé la plateforme féministe Filles Missiles et a collaboré à l’émission de radio Plus on est de fous, plus on lit, sur les ondes de Radio-Canada.

Comment s’est déroulée la création de ce livre ?

Il m’a fallu replonger dans mes cahiers d’adolescence. Comme j’écris depuis l’âge de dix ans, j’ai heureusement beaucoup de traces écrites de cette période charnière, de tout ce que j’ai traversé à l’époque.

Que souhaitez-vous que les lecteurs retiennent de votre livre ? Quel message vouliez-vous faire passer ?

Le message principal de La pluie des autres est une invitation à formuler sa propre définition de l’amour et à reconsidérer ce qu’on a appris de l’amour durant l’enfance. Cette invitation vise les enfants victimes de sévices, qui ont très souvent intériorisé une version de l’amour où l’affection et l’attachement cohabitent avec la violence.

Un extrait de La pluie des autres

je voudrais une amitié en crachat
en smiley
en crochet pour dire vu
mais jamais répondu
je la voudrais en graffiti pastel
dans le stationnement d’un walmart
je la voudrais encore
et je la voudrais tout court
mais je ne nous ai plus
alors je vais nous écrire un genre d’hélas

je vais sortir nos secondes de ma poche
et perdre des heures
à les regarder

*

une musique de coquillage
et de pluie
coule dans mes veines
tu connais ça
le jus triste de l’amour croche ?
au souper, ma mère me dit
qu’elle voudrait me mettre dans une boîte
et me lancer en bas d’un pont
elle me crie d’arrêter de pleurer
elle me dit qu’elle est ma mère
qu’elle va toujours m’aimer

alors j’apprends que les je t’aime et les injures
s’accordent
c’est un mensonge douillet
peut-être plus facile
que de penser
qu’on ne m’a jamais aimée
pour vrai

Laisser un commentaire

Les commentaires sont modérés par l’équipe de L’actualité et approuvés seulement s’ils respectent les règles de la nétiquette en vigueur. Veuillez nous allouer du temps pour vérifier la validité de votre commentaire.