Ce qui se cache derrière Trèfle

Le livre Trèfle, de Nadine Robert et Qin Leng, est en lice pour les Prix littéraires du Gouverneur général 2022 dans la catégorie Littérature jeunesse — livres illustrés.

montage : L’actualité

Nadine Robert est une auteure et une éditrice canadienne. Elle a commencé sa carrière comme conceptrice de jeux vidéo, puis comme scénariste de films d’animation. Elle détient des diplômes en éducation et en littérature et elle a traduit plusieurs livres jeunesse. Elle habite la Rive-Sud de Montréal avec sa famille.

Qin Leng est née à Shanghai, en Chine. À 5 ans, elle fait le grand voyage jusqu’à Bordeaux. Quatre ans plus tard, un autre long voyage l’amène au Canada où elle vit maintenant avec sa famille, dans la ville de Toronto. Au fil de sa carrière, elle a illustré de nombreux albums jeunesse et magazines. Elle fait ses débuts comme auteure-illustratrice avec Je suis petite chez Comme des Géants. Ses plus récents ouvrages incluent Le Jour des Châteaux de Sable et Au 2e Étage avec JonArno Lawson.

Comment s’est déroulée la création de ce livre ?

Nadine Robert : À l’origine de l’histoire, il y a une réflexion plus sérieuse sur la prise de décision. Souvent, dans mes projets d’albums, je traite de sujets qui m’intéressent comme adulte. Je me suis demandé et j’ai observé comment les gens autour de moi exerçaient leurs choix : parfois, c’est en identifiant leurs désirs, en faisant le vide en eux, en écoutant leur intuition ou en suivant les conseils des autres. J’ai aussi constaté que les gens étaient souvent angoissés par leurs décisions, qu’ils craignaient de se tromper, de regretter, ils craignaient l’échec. J’ai pensé qu’il en était de même pour les enfants et que ce sujet allait les interpeller, les toucher. Prendre une décision, ce n’est pas toujours facile même pour un enfant.

Dans l’histoire, Trèfle emprunte à peu près tous les chemins avant de prendre une décision : en demandant autour d’elle, en inspirant profondément, en réfléchissant longtemps, en suivant son intuition, en écoutant sa tête ou son cœur… Pour finir, je pense que j’ai voulu répondre à la question que je me suis posée en commençant l’écriture de l’album : sur quoi devrions-nous fonder nos décisions ?

Qin Leng : Ce projet m’est arrivé en pleine pandémie, alors que nous étions tous isolés et remplis d’incertitude et de questionnements. Trèfle est alors devenu ma petite bouée, un monde où je pouvais me transporter avec plaisir et sécurité. Une belle excuse aussi pour faire de multiples randonnées dans les bois, à la recherche de références.

Que souhaitez-vous que les lecteurs retiennent de votre livre ? Quel message vouliez-vous faire passer ?

Nadine Robert : À la toute fin de l’album, il est vrai que mon intention est clairement explicitée dans la conclusion du conte. Un peu à la manière d’un proverbe. La phrase finale se lit comme suit : « Écouter la voix de son cœur nous mène toujours là où il faut aller. » J’ai longtemps tergiversé sur cette phrase. Est-ce que je devais ou non l’écrire ? Est-ce que l’histoire elle seule ne permettait pas de la comprendre ou de l’interpréter ? Même si « écouter la voix de son cœur » peut paraître réducteur, mièvre et moraliste, c’est le fruit de ma réflexion personnelle sur le sujet. Et puisque ce constat me confortait, j’ai souhaité le partager avec les petits lecteurs, malgré son côté moralisateur. L’image de « la voix du cœur », c’est une métaphore ou un concept que les enfants peuvent comprendre.

Par ailleurs, les décisions à prendre au quotidien ne sont pas toutes morales ou très importantes, mais elles demeurent, d’une façon ou d’une autre, individuelles et subjectives. Je crois sincèrement que le mieux, c’est de s’écouter soi-même, de respecter ses valeurs et son éthique personnelle quand vient le temps de prendre une décision et c’est le message que j’ai voulu partager avec les enfants.

Qin Leng : J’aimerais qu’à travers ce livre, les lecteurs regagnent une connexion avec la nature. Vivant moi-même en ville, le calme et l’air frais qu’offrent un espace vert me manquent souvent. Tout va trop vite dans notre vie urbaine et il est important de se ressourcer, de ralentir surtout pour se retrouver.

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Un extrait du livre Trèfle

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