C’était le jour de Catherine Major et de Patof

Le hasard du calendrier a fait en sorte qu’hier, le mardi 18 octobre, paraissaient le nouvel album de Catherine Major, Le désert des solitudes, et Bonjour Patof, un DVD contenant « les grands moments de la carrière de l’immortel clown » (je cite le communiqué). Quoi de commun entre les deux ? Rien, j’ose espérer !

Photo : Laurence Labat (pochette intérieure)

Le troisième disque de Major est une réussite : les paroles volent haut (Moran, Christian Mistral, Jacinthe Dompierre), les musiques (Major) étreignent, il y a des cordes qui pleurent, il y a des cuivres qui rient, il y a des arrangements exquis. L’auteure-compositrice-interprète, pas empaillée au piano comme chacun sait, connaît les sortilèges de sa voix et nous y soumet sans peine. Mais au-delà de ce travail léché, quelque chose froisse mon plaisir. C’est comme si j’entendais ce que pensent la chanteuse et son équipe : « Avouez qu’on a fait fort, qu’on est les plus meilleurs ! » Un chouïa de prétention érafle l’album.

On ne ressent rien de pareil, bien sûr, avec Patof. Jacques Desrosiers (1938-1996), son interprète, doit bien rire à lire le communiqué de presse qu’on lui a préparé : « Peu de personnages ont révolutionné autant la télévision et la société québécoise que Patof, clown célèbre […]. » Patof a révolutionné la société québécoise, première nouvelle ! Que les pitreries du bouffon aient amélioré le quotidien de jeunes téléspectateurs et la trésorerie de TVA, on n’en doute pas. Mais pour le reste, le fantaisiste, chanteur et imitateur –  souvent partenaire de Denise Filiatrault et Dominique Michel – avait trop de lucidité pour en croire un seul mot.

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