Chicago à Montréal

Féministe engagée, elle a déjà exposé l’un de ses tampons hygiéniques, mais Judy Chicago est à Montréal pour montrer 16 œuvres en verre dans le cadre de l’événement Montréal, ville de verre 2010.

Féministe engagée, elle a déjà exposé l’un de ses tampons hygiéniques, mais Judy

Au physique, on note une ressemblance fugace avec la comédienne Louison Danis, et au tempérament, sans doute la même exubérance, le même grain de folie. Pour défroquer d’une identité imposée à la naissance, Judy Cohen a troqué son patronyme en 1971 contre celui de Chicago, ville où la féministe engagée est née en 1939. [Heureusement que ce n’est pas New York ou Las Vegas qui l’a vue naître!] Ce changement de nom témoignait de sa quête de liberté et d’autonomie, qui s’affichera dans plusieurs manifestations artistiques radicales, dont plusieurs secoueront la bien-pensance (nous sommes dans les années 1960-1970), tel Red Flag, où elle expose un tampon hygiénique imbibé de sang menstruel qu’elle extirpe de son sexe. Mais l’œuvre qui a fait connaître Judy Chicago au Québec, c’est The Dinner Party, présentée au Musée d’art contemporain de Montréal en 1982: une immense table triangulaire sur laquelle 39 couverts sont disposés, chacun portant le nom d’une femme de l’histoire ou de la mythologie, représentée par une forme symbolisant une vulve.

Au Musée des maîtres et artisans du Québec, logé dans une église néogothique du 19e siècle, pas de scandale en vue, mais 16 œuvres en verre, dont l’immense vitrail Rainbow Shabbat.

Chicago in Glass – en verre, Musée des maîtres et artisans du Québec, à Saint-Laurent, du 22 sept. 2010 au 9 janv. 2011, 514 747-7367.