Ciné-club

César, Oscar, Genie, Jutra : les prochains jours, l’industrie du cinéma d’ailleurs et d’ici va s’autocélébrer. Pardon, je recommence : la grande famille du cinéma fêtera ses artistes et artisans. Si ne nous tenaillait pas l’envie de commenter leurs toilettes, leurs conquêtes, leur blépharoplastie, on les laisserait entre eux et leurs discours de remerciements bourrés de prénoms qui ne nous disent rien. Les laisser entre eux, vous n’y pensez pas ! Ils se la jouent copain-copain à l’heure de grande écoute, mais la moitié de la salle pense que l’autre moitié fait de la merde, et n’a sans doute pas tort.

Les Genie, on s’en tamponne un peu, c’est si loin Toronto ; les César, on adore, c’est brouillon et décolleté, mais on n’a pas encore vu, à Montréal, la moitié des films français nommés, les écrans étant monopolisés par vous savez qui. Que pèse, pour un exploitant de salle, Pater, d’Alain Cavalier, contre les commercialement agressives Aventures de Tintin 3D,  de Spielberg ?

Reste que lors des Jutra le 11 mars, mon cœur battra pour Le vendeur, de Sébastien Pilote, que je consacre film québécois de l’année même si les votants en élisent un autre, et battra plus fort encore pour son interprète principal, Gilbert Sicotte – alias Marcel Lévesque, le rôle de sa carrière –, à qui Fellag, Monsieur Lazhar en personne, fera la vie dure dans la catégorie du meilleur acteur. À moins que Mario Saint-Amand, en parfait imitateur de Gerry Boulet, ne les dévalise tous deux.

Le vendeur sort en DVD le 6 mars : regardez-le, vous me direz si je n’ai pas raison.



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