«Comment enseigner la mort à un robot ?» : un roman humain

Ce récit campé en 2115, dans lequel le narrateur apprend à un nouveau modèle de robot à mourir, brille par son originalité et son humanité.

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Comment enseigner la mort à un robot ?, par Bertrand Laverdure, Mémoire d’encrier, 112 p.

Ce récit campé en 2115, dans lequel le narrateur, un cyborg-écrivain de première génération, apprend au nouveau modèle de robot T******-******-879 à mourir, brille par son originalité et son humanité.

On se laisse vite prendre par l’apparente candeur du récit, par cet humour de geek un peu poussé à l’extrême, puis on se rend compte que le propos n’a rien de léger.

De grands noms sont appelés en renfort dans cette leçon : Socrate, Descartes et Asimov fourniront à ce robot condamné un ensemble de phrases clés qui lui permettront d’envisager sa propre disparition. On retrouve parmi ces perles de sagesse : « La mort est la seule communauté terrestre évidente. » En d’autres termes, si les humains ne mouraient pas, la terre compterait aujourd’hui environ 107 milliards d’habitants. Un peu à l’étroit, dites-vous ? Mourir est donc un acte communautaire qui permet à la communauté des vivants de vivre. Mais attention, on ne meurt pas n’importe comment ! À la fin ultime, qui peut survenir à n’importe quel moment, il convient de se préparer adéquatement.

Le lecteur de chair et d’os aura compris le jeu : c’est à lui que le narrateur s’adresse. Bertrand Laverdure parvient presque à nous réconcilier avec l’idée odieuse de notre propre disparition. Quant à savoir si son robot aura retenu la leçon au moment fatidique, seule une suite pourrait nous l’apprendre.

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D’autres suggestions livres : 

ismael
Ismaël contre Israël, par Esther Benfredj, Québec Amérique, 256 p.

Depuis sa création, en 1948, l’État d’Israël est au centre d’un enchevêtrement de conflits et de revendications réunissant de nombreux acteurs, dont les motivations et les comportements ne sont pas toujours faciles à expliquer. Pour s’y retrouver, Esther Benfredj, diplômée en droit international et en science politique, propose un essai qui replace la situation actuelle dans un contexte historique élargi. Plus complexes qu’on ne le croit, les causes de la situation précaire de centaines de milliers de Palestiniens ne sont pas nécessairement les conséquences des politiques israéliennes, comme certains seraient portés à le croire. Au-delà du raisonnement facile, l’auteure offre un point de vue convaincant pour mieux comprendre les défis géopolitiques à venir.

energie esclaves
L’énergie des esclaves, par Andrew Nikiforuk, traduit par Hugo Hardy, Écosociété, 280 p.

Le journaliste canadien Andrew Nikiforuk propose un essai fascinant sur notre dépendance aux hydrocarbures. L’auteur présente les parallèles frappants entre l’esclavage et le pétrole : les deux entraîneraient une grave dépendance. Le premier comme le second ont retardé les avancées techniques qui permettraient de s’affranchir de cette servitude, en plus de miner la démocratie. Outre la menace qu’elle pose à l’environnement, l’exploitation des hydrocarbures entretient un mirage financier dont les conséquences à terme incluent l’appauvrissement économique et le déclenchement ou l’intensification de conflits armés. L’auteur sonne l’alarme : il est nécessaire de trouver des solutions rapides pour se libérer du pétrole.

 

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